Barbara Carrera – Porsche et tigresse

par Pale Rider
jeudi 25 avril 2019

Régulièrement, je proposerai un portrait d’une femme plus ou moins connue, souvent élogieux, parfois critique, éventuellement caustique. La recette est simple : une photo emblématique. Et un texte court.

 

Il y a une quinzaine d’années, on passait à la télé une série-peplum avec Peter O’Toole, Masada (avec un seul s en anglais), qui racontait l’histoire de ces Juifs retranchés dans une forteresse sur un plateau, et qui préférèrent tous se suicider plutôt que de se rendre aux Romains. Je fus complètement sidéré par une actrice qui y tenait le rôle d’une jeune juive. Une sorte d’éblouissement un peu insensé qui dura quelques mois. Il s’agissait d’une quasi inconnue par chez nous, Barbara Carrera.

Plus tard, j’allais la découvrir (presque au sens propre) dans Jamais, plus jamais, un James Bond qui fut le seul tourné sans licence (ce qui explique qu’on doive s’y farcir l’insupportable musique d’ascenseur de Michel Legrand et être privés du fameux James Bond theme). Là, elle joue le rôle de Fatima Blush, une super méchante d’une beauté incendiaire et même, à la fin, tout à fait explosive. Carrera tient à la fois de la Porsche pour le côté athlétique et racé, et de la tigresse pour la même raison, à laquelle il faut ajouter une cruauté redoutable. Il faut la voir, en uniforme d’infirmière, coller des tartes à un officier soumis, puis faire du ski nautique dans un maillot de bain très seyant, tous muscles bandés, et atterrir directement dans les bras de Sean Connery à qui elle fera passer peu de temps après des tests de résistance cardiaque à sa façon. Ensuite, elle aura des tenues très suggestives rouge pétant ou noir absolu, symboles de son tempérament volcanique (elle obtiendra d’ailleurs un prix pour ce rôle sur mesure). Elle est féline aussi bien par son visage aux traits fins que par son regard de défi, à la fois mystérieux et inquiétant, mais qui peut se faire tout à fait doux et voluptueux. Elle griffe et elle ronronne.

On a écrit que c’était une beauté exotique, ce qui ne veut pas dire grand-chose. Disons qu’une origine nicaraguayenne-européenne-américaine peut donner de superbes résultats. Cette femme est d’une beauté terrifiante parce qu’elle est irrésistible et parce qu’elle est, vraiment… terrifiante. Sa bio dit qu’elle a usé trois maris (officiellement).

Contrairement à Caterina Murino, elle n’a pas l’air du tout gentille. Caterina est séduisante, Barbara est séductrice, ce qui n’est pas la même chose. L’une parle, avec un vocabulaire délicieusement désuet, de son « chéri » ; il me semble que l’autre pourrait parler de ses victimes.

Je ne la connais pas plus que ce qu’on peut lire sur elle, qui ne semble guère passionnant. Sa beauté souvent vénéneuse suffit pour ce qu’on lui demande. Elle aura eu le mérite de sauver à elle toute seule un James Bond assez raté. ¡Gracias, Barbara !


Lire l'article complet, et les commentaires