C’Útait ša, Dick

par Pale Rider
mercredi 24 avril 2019

Encore un morceau de notre jeunesse qui part : Dick Rivers est mort le 24 avril 2019, le jour de ses 74 ans. Petit hommage au « troisième homme ».

Dick Rivers est mort aujourd’hui, le jour de ses 74 ans. C’est bizarre, ça me fait davantage de peine que l’incendie de Notre-Dame de Paris. Avec lui, et après Johnny, c’est encore un peu de mon enfance, de ma jeunesse, qui s’en va. Il ne reste plus que le doyen, Eddy Michell.

Dick Rivers, dont je m’étais fait offrir une compil’ à Noël 2017, avait beaucoup de talent, et un sens de l’autodérision génial. Il faut (ré-)écouter « Debout devant ma glace » ou « Maman n’aime pas ma musique » : dans son numéro de rocker vexé, il est génial : « D’autres ont suivi les modes, il faut pas leur en vouloir. » Je lui dois un des plus beaux fous-rires de ma vie. C’était dans les années 70 ou 80, il passait à l’infâme émission du midi présentée par Danièle Gilbert. Il a chanté, avec son accent chuintant, une chanson où Machin « avait caché la gueule à Jimmy pour une hichtoire de chkate-board qui roulait mieux que le chien ». Mon père et moi avons explosé de rire, nous étions pliés en quatre sous la table et le regard affligé de ma mère. Paradoxalement, malgré son regard triste, ténébreux, il aura été aussi amusant qu’Eddy, dans un autre style. Il avait su valoriser et iconiser sa gueule en lame de couteau avec une coiffure toujours très soignée.

Je ne crois pas être le seul amateur de rock à avoir mal connu sa carrière. On est surpris de découvrir qu’il avait aussi fait de la simple variété, toujours talentueuse mais pas très saillante. Là où il excellait, en dehors de quelques rocks bien musclés aux paroles ciselées, c’était comme crooner. Un des plus beaux slows que j’aie jamais entendus, c’est « Rien que toi », dans l’album Autorivers  : bouleversant.

Sa dicksographie me prive de presque tous les jeux de mots que je voulais faire pour mon titre : Authendick, Very Dick, Mississippi River’s, etc. Il s’est toujours entouré des meilleurs musiciens, il avait une culture musicale remarquable qui lui a permis de nous servir de très belles adaptations parfois supérieures aux originaux. Et des originaux, il nous en a laissé de magnifiques.

Il fait lui aussi partie de notre patrimoine. Avec Eddy et Johnny, il est au rock’n’roll français ce que les Gaulois sont à la France.


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