CÚsars 2017 : Florence, faut rester !

par Gwendal Plougastel
lundi 29 février 2016

Très attendue, Florence Foresti a répondu à toutes les espérances en tant que maîtresse de cérémonie des Césars 2016. Aussi drôle que dynamique, elle a mis un coup de fouet salutaire à la soirée. Pour un simple one-shot ou le début d’une longue histoire ?

« On a tout essayé »  : s’il s’agit là du titre d’une émission chère à Florence Foresti pour être l’une de celles qui l’ont fait débuter à la télévision, on peut également associer cette phrase à de nombreuses réflexions des organisateurs des Césars depuis des lustres. Il faut dire que les présentateurs se sont succédés depuis plusieurs années avec des résultats pour le moins mitigés. Soit parce que les tentatives de blagues tombaient à plat, soit parce que la salle n’arrivait pas à se dérider. En même, pire, parfois les deux.

 

Le cours Florence

A ce titre, le choix de l’édition 2016, porté sur Florence Foresti, indiquait une volonté de dynamiser l’événement, et de sortir de l’embourgeoisement calqué sur l’auditoire des De Caunes, Elmaleh, Baer et autres Lemercier. Autant dire que la quarantenaire n’a pas déçu dans l’exercice. Elle a atteint le but essentiel et a cerné le nerf de la guerre : être drôle.

Coluche disait qu’il fallait pratiquer le violon avec des gants de boxe, car une fois que vous enleviez ceux-ci, cela allait tout seul. On pourrait appliquer ce précepte aux Césars : si vous arrivez à faire rire la salle, si coincée, alors vous pouvez être certain que ça rigole aux éclats de l’autre côté du poste. Foresti a réussi là où tant d’autres se sont cassés les dents : avoir un humour sans limites, à la fois référencé pour la profession et accessible pour le téléspectateur lambda, à l’image de la séquence d’ouverture sur fond de Nikita, Itinéraire d’un enfant gâté et Black Swan. La parodie de Bloqués aura, quant à elle, su toucher les plus jeunes, tout en s’offrant sur un plateau Vanessa Paradis herself.

 

Châtelet, la fin du voyage ?

Au final, cela a permis d’assister à la cérémonie la plus plaisante depuis probablement l’an 2000, qui fut la seule édition présentée par Alain Chabat (n’en déplaise à Gad Elmaleh). Il faut dire que cette animation impeccable s’est associée à des speechs plus courts à la demande du producteur Alain Terzian. En terminant avant minuit, les Césars 2016 ont eu la bonne idée de ne pas remettre à demain ce qu’ils pouvaient faire le soir même.

Au sortir de ce réel tour de force, tant la présentation des Césars induit à la fois une préparation intensive sur plusieurs mois et la nécessité d’être au sommet le jour J, la question qui est sur toutes les lèvres est de savoir si Florence Foresti souhaitera rempiler dans ce rôle-là. Prise dans l’étau entre one-roman-show et cinéma, on peut légitimement douter de son appétence à repartir au combat, en dépit des éloges qui vont monter jusque dans ses loges. Au pire, il faudra passer à autre chose tout en souvenant de belles choses. Et au mieux pourra toujours subvenir une belle surprise. Aussi belle que celle qui s’est produite le vendredi 26 février 2016 au Théâtre du Châtelet. 

 

Gwendal Plougastel


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