De la culture de masse

par Blaise
jeudi 3 janvier 2013

Quelques modestes lignes pour souligner un aspect des choses qui m'intéresse, et aussi pour militer un peu en faveur d'une culture digne de ce nom.

La culture de masse est une culture produite de manière industrielle, sa finalité est le profit, et c'est pourquoi elle est, justement, culture de masse, dans la mesure où, plus la quantité produite et consommée est grande, plus le profit est grand.

Il en résulte certaines propriétés :

- Elle doit s'imposer au plus grand nombre possible de consommateurs (le consommateur vient ici se substituer à l'amateur), elle doit donc être enjôleuse et par conséquent plaire immédiatement, sans efforts ni préparation. Il en résulte qu'elle doit jouer sur les pulsions, les stéréotypes... toutes les attentes spontanées du consommateur potentiel. Ce dernier est donc conforté en lui-même, enfermé dans sa propre spontanéité, et privé de la possibilité d'étendre son être à d'autres idées, perspectives, sentiments et nuances.

- Devant la diversité des individus, la culture de masse doit travailler à ce que les attentes des consommateurs soient homogènes. Elle doit donc conditionner le consommateur dans ses attentes, elle doit être impérialiste, à la manière de Coca Cola ou Mc Donald (importance du branding). Il y a là une sorte de dialectique entre les attentes premières des individus, sur lesquelles la culture de masse doit d'abord s'appuyer, et ce que proposent les fabricants de culture. La culture ainsi produite commence par renvoyer aux consommateurs leurs attentes, mais dans le même temps doit formater ces attentes en vue de la production de masse et donc de la standardisation du marché. Il en résulte la production de nouvelles attentes chez le consommateur, et ainsi de suite. C'est là un processus historique par lequel on finit par apprécier la publicité comme art (hélas). La segmentation du marché n'est pas un argument qui pourrait contredire cette analyse, bien au contraire. La culture de masse est donc une culture artificielle, porteuse d'une domination spirituelle. La domination capitaliste (économique) se double d'une domination politique (l'état bourgeois) pour enfin produire une domination spirituelle, la culture de masse. Le mythe, cynique, du consommateur libre de ses choix, doit ici être combattu avec vigueur.

- En vue de la consommation de masse, la culture industrielle doit tabler sur l'obsolescence programmée. Le produit culturel doit donc avoir une courte durée de vie, la culture doit être culture kleenex. Aussitôt consommé, aussitôt oublié. L'exemple des blockbusters au cinéma est assez parlant. Cela n'est pas contredit par un phénomène qu'on pourrait nommer recyclage culturel, qu'il ne faudrait pas confondre avec la pérennité réelle. Il n'est pas sans intérêt de remarquer ici la progressive extinction des beatles , grands pionniers de la culture de masse, et qui subissent donc eux-mêmes le destin promis à ce genre de produits.

De tout cela, il résulte une pauvreté spirituelle envahissante (mais le royaume des cieux leur est ouvert ?). C'est pourquoi j'ai, modeste entreprise, créé la page Littératures (https://www.facebook.com/syrtes). Elle sera souvent mise à jours, dans les premiers temps du moins. Sans logique ni système, et le plus souvent sans commentaires (j'aime les livres, mais je n'aime pas en parler). Le tout comme une bouteille à la mer !


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