Et ces êtres sans pénis !

par CHALOT
vendredi 23 juillet 2021

« Et ces êtres sans pénis ! »

Roman de Chahdortt Djavann

Chez Grasset

225 pages

Mars 2021

 

L’auteure qui maîtrise parfaitement le français va encore nous étonner voire nous fasciner :

C’est un roman fort, comme les autres, sans langue de bois, qu’elle ne veut pas connaître, avec une idée originale.

Féministe à fleur de peau, elle nous parle de ces femmes qui dans de nombreux pays et surtout en Iran, son pays natal qu’elle n’oubliera jamais, ne sont pas des citoyennes de deuxième zone.

Si la citoyenneté n’existe même pas pour les hommes là-bas, les femmes, elles, sont surveillées, maltraitées, enfermées sous leur voile obligatoire. Elles n’ont pas de droits.

Il n’y a pas de deuxième zone !?

L’originalité réside dans la construction même de ce livre avec une première partie autobiographique

Où elle évoque son père et son enfance, avant et au moment de la « révolution » islamique redoutée et si redoutable.

C’était et c’est minuit dans le siècle.

Dans une deuxième partie elle nous raconte plusieurs drames, des fictions tirées de réalités comme cette jeune femme qui refusant un mariage forcé par son frère est défigurée par de l’acide … Non contente d’être partie de sa famille, elle avait osé vivre son homosexualité.

Les autres histoires sont aussi « affreuses », très bien écrites et décrivant un univers carcéral pour ces femmes qui se dévoilent même quelques instants.

Mais que font et que sont ces « pseudos féministes » occidentales qui défendent le « droit » de porter un voile, prison pour femme alors que ce droit n’est qu’une obligation imposée aux femmes en Iran et même dans certains quartiers en France !

Avec une ironie implacable l’auteure n’hésite pas à écrire :

« C’est une carence naturelle, intrinsèque, irrémédiable que de ne pas avoir un pénis. Il est temps qu’au nom de la Nature, au nom de la Justice, une loi reconnaisse l’infériorité des êtres sans pénis et la symbolise par un signe extérieur : un bout de tissu sur la tête. »

La dernière partie du livre constitue un feu d’artifice, une fiction -malheureusement- qui ravira tous ceux et toutes celles qui combattent l’intégrisme et les intégrismes.

Ah si ce « rêve » pouvait devenir réalité.

Parfois le titre plein d’un roman n’a rien à voir avec le contenu.

Ici, ce titre étonnant reflète la nature et le contenu de cet ouvrage inoubliable qui se lit d’une traite.

Jean-François Chalot

 


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