La culture : un secteur qui rapporte gros

par Hubert Arvilles
vendredi 31 janvier 2014

Alors que la France peine à profiter de la reprise économique, le gouvernement et l’administration sont à la recherche de solutions. C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre la mission qui a été confiée à l’Inspection Générale des Finances et à l’Inspection Générale des Affaires Culturelles pour évaluer le périmètre des Industries Créatives et Culturelles (ICC). Ce rapport publié le 3 janvier 2014 fait écho à l’étude du cabinet E&Y de novembre dernier… 

Etudier la relation culture-économie :

Outre l’étude du cabinet E&Y, l’UNESCO avait également proposé une classification des ICC. Mais pour élaborer leur étude l’IGF et l’IGAC ont préféré s’appuyer sur les travaux de la direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS).

Pour développer leur analyse, ils se sont appuyés sur plusieurs notion comme le bassin de vie, les impacts directs, indirects et induits, ou encore les effets endogènes et exogènes. En parallèle de ces notions, les inspecteurs ont comparé plusieurs variables économiques comme le chômage, le nombre de création d’entreprise ou encore le prix du m2.

Au-delà des chiffres, « les auteurs se refusent à envisager un lien de « causalité » entre implantation culturelle et développement économique ». Emmanuel Négrier, directeur de recherche au Centre d’études politiques de l’Europe latine (CEPEL, CNRS), rappelle qu’il faut être prudent quant à la corrélation « Sur cette corrélation, je suis très prudent ».

Des évaluations différentes qui parviennent aux mêmes conclusions :

Dans les recherches menées par Marc Lhermitte pour le compte du cabinet E&Y, les ICC représentent 1,2 millions d’emplois et 61 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Pour l’administration, les résultats sont légèrement inférieurs mais restent dans le même ordre d’idées : 870 000 emplois et 58 milliards de CA soit 3,2% du PIB.

En conclusion de l’étude publiée en novembre dernier, le président du SPPF, Stephan Bourdoiseau, déclarait : « pour traverser cette mutation technologique sans précédent et construire notre avenir avec les bons cadres, nous avons besoin d’un soutien fort de la part des pouvoirs publics ».

Le site locatis détaille justement les engagements des différentes collectivités : « les régions et les EPCI ont le plus augmenté leur effort financier. En 2010, les premières ont contribué à la culture pour 0,7 milliards d’euros (environ 2,5% de leurs budgets, en moyenne). Les seconds pour 1, milliard (5,7% de leurs budgets), et départements 1,4 (2,2% de leurs budgets). Quant aux communes de plus de 10.000 habitants, elles ont investi 4,5 milliards (8,1% de leurs budgets). De son côté, l’Etat a investi 13, 9 milliards d’euros dans laculture et la communication ». Des efforts sont donc déployés par les autorités mais ces derniers sont-ils vraiment suffisants ?

En prenant les chiffres de l’IGF on obtient un secteur culturel à 3,2% du PIB, peut-on vraiment dire que 13,9 milliards représentent l’équivalent de 3% des dépenses publiques ?


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