« Les Producteurs » de Mel Brooks en version frenchy super cadencée par Alexis Michalik

par Theothea.com
vendredi 18 février 2022

Pour cet artiste quadragénaire aux déjà cinq Molières à ce jour, la Comédie Musicale relève davantage du Théâtre que du Récital ou du Concert.

C’est ainsi que la musique et la danse servant de liant et de fil conducteur, la dramaturgie doit focaliser l’attention du public en le séduisant avec ces attributs expressifs mais sans aucunement nécessiter la présence de têtes d’affiche ou d’artistes vedettes.

  

LES PRODUCTEURS
© Alessandro Pinna

  

Seuls la compétence, le talent et le savoir-faire conjugués au pluriel collectif constitueront la garantie de succès et de longévité du spectacle.

Avec ces principes de base, le metteur en scène peut aborder avec confiance et détermination un projet aussi original que celui de s’approprier « The Producers » qui ont fait un carton vingt ans plus tôt à New-York, de les adapter à la langue française et d’en faire la création dans un théâtre emblématique de Paris, en l’occurrence donc quel meilleur choix que celui se révélant « éponyme » ?

Point de tube à matraquer, point de spectateur à soumettre à une addiction préalable, point de mise en condition promotionnelle mais seulement la volonté d’appliquer, en exigence artistique, les règles de l’enchaînement systématique, de la fluidité permanente et du mouvement incessant sans jamais laisser aux spectateurs la moindre chance d’échapper au magnétisme et à la fascination du show.

 

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© Alessandro Pinna

  

Le hasard fait bien les choses ; Laurent Bentata, directeur de Stage Entertainment France, souhaitait créer « Les Producteurs » & de son côté, Alexis Michalik avait le désir secret, depuis belle lurette, de rencontrer l’opportunité d’en faire la mise en scène.

Cette alliance au sommet fut, dès lors, pari gagné, dont le Covid ne parvint seulement qu’à différer ou éventuellement interrompre momentanément son avancement.

Ainsi depuis début décembre dernier, Le Musical de Mel Brooks a pignon sur la rue Blanche avec pour accroche sur l’affiche officielle, l’association du fameux Titre équivalent à un record inégalé de 12 Tony Awards en compagnie donc de « Alexis Michalik » bankable à souhait au prorata de la présence conjointe actuelle de cinq de ses pièces à l’affiche parisienne.

 

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© Alessandro Pinna

  

Qu’importe si de fait l’histoire est surannée, si son arnaque aux financiers et aux vieilles dames semble oiseuse, si l’humour peut en être graveleux voire border line selon les codes du politiquement correct ambiant, pourvu qu’en retour on ait l’ivresse « Broadway », celle de son âge d’or servie on the rocks sur un plateau !…

Et fichtre quel plateau ! Au casting, pas de demi-mesures, rien que des pointures ayant fait leurs preuves dans de grandes réalisations précédentes, sans pour autant être nécessairement connues du grand public francophone.

Ainsi le producteur Max Bialystock (Serge Postigo) & le comptable Leo Bloom (Benoît Cauden ) vont-ils unir leur ingéniosité stratégique pour projeter une escroquerie aux assurances en envisageant de monter un spectacle qui aboutisse d’emblée à un échec commercial. 

  

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© Alessandro Pinna

  

La création de l’œuvre choisie avait effectivement de quoi susciter l’inquiétude des actionnaires et la réticence du public, puisqu’il s’agit d’un Vaudeville intitulé « Des fleurs pour Hitler » à la gloire d’Adolf et Eva.

La guigne ! Car, dès sa première représentation, la rumeur va prendre les couleurs du succès critique et public.

Pour assurer ainsi sur la scène du Théâtre de Paris ce processus inverse au résultat escompté, toute une nombreuse équipe de rôles suscitant un état de parodie mené aux limites des convenances est si bien fantasmé par Mel Brooks que Michalik n’a point d’autre alternative que de s’y glisser avec délectation tout en refusant radicalement de prendre partie entre bon ou mauvais goût, désuétude ou néo-modernité, subtilités ou lourdeurs équivoques, machisme ou pragmatisme, du moment qu’un cliché chasse l’autre à la vitesse de l’éclair, la célérité de sa mise en scène gomme d’elle-même toute réaction de résistance du spectateur au profit de la comédie, de la caricature en action et, en définitive, d’une stigmatisation pragmatique par le rire, fût-il même nerveux par instants.

 

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© Alessandro Pinna

  

Seize comédien(ne)s dont six dédié(e)s à un rôle unique assurent cette fantasmagorie dans une énergie foldingue dont on distinguera celui d’un intitulé à rallonge concernant « Ulla Inga Hansen Bensen Yonsen Tallen-Hallen Svaden-Sanson » magnifié par Roxane Le Texier.

Sept musiciens répartis dans les loges d’avant-scène sous la direction de Thierry Boulanger au piano officient à parfaire l’emballage festif de cette comédie musicale pouvant donc s’apparenter à une pièce de théâtre bien qu’elle serait de « Boulevard ».

Au demeurant, il est indéniable qu’Alexis Michalik a encore réussi son coup… un soir lambda de février, deux mois après la générale, jauge archi complète, nous assistons à un spectacle dynamique sous puissance d’impacts inexorables défilant jusqu’aux saluts finals en pleine gaieté fort communicative.

 

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Se pourrait-il que les scores de fréquentation d’« Edmond » au Palais Royal puissent ultérieurement être battus ? Qui vivra, verra ! Longue vie à « Les Producteurs » !

  

  
photos 1 à 5 © Alessandro Pinna
photos 6 & 7 © Theothea.com
  

LES PRODUCTEURS - **** Theothea.com - de Mel Brooks - mise en scène Alexis Michalik - avec Serge POSTIGO, Benoit CAUDEN, Régis VALLEE, David EGUREN, Andy COCQ, Roxane LE TEXIER, Alexandre BERNOT, Véronique HATAT, Léo MAINDRON, Marianne ORLOWSKI, Loaï RAHMAN, Carla DONA, Hervé LEWANDOWSKI, Mélissa LINTON, Sébastien PAULET, Eva TESIOROWSKI et les musiciens Thierry BOULANGER, Benoit URBAIN, Benoit DUNOYER, Franck STECKAR, François CHAMBERT, Jean-Pierre SOLVES & Jean-François QUELLEC - Théâtre de Paris

  

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