Peintures de Brian Despain : l’homo mecanicus

par Laurent Monserrat
mercredi 25 février 2009



L’homme aurait-il quelque chose
de profondément robotique dans son comportement, dans ses manières ? Il existe une angoisse, depuis l’invention des premiers mécanismes, que l’être humain ne soit finalement qu’un parfait automate bien huilé par une force supérieure. Le travail du peintre Brian Despain repose sur cette persistance de l’imagerie mécanique, cette prédétermination de l’humain qui ferait de ce mammifère dominé par ses pulsions un être terriblement prévisible.

C’est avec des couleurs pastels que le peintre américain dépeint le monde à partir de cette robotique des comportements, ces automates humains qui se débattent en vain dans les limites de leur champ de perception. L’homme voulait des robots pour ne plus être esclave des travaux les plus pénibles, n’est-il pas devenu à son tour une machine à production visant un expansionnisme meurtrier ? semble s’interroger l’artiste.



Proche de la bande dessinée et des récits
de science-fiction des années 70, ces tableaux annoncent le cloisonnement d’un monde, le rejet définitif de toute humanité. Les figures de Brian Despain portent la désincarnation, la mort de tous sentiments sublimés, comme si la terre avait été bouleversée, retournée par un cataclysme. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si son travail graphique est dénué de toute beauté, si la féerie est à mettre au rang de ces mécaniques, car aucune de ces distractions n’amène l’homme vers une quelconque pensée.

Évidemment, on pourra considérer que l’empreinte surréaliste de certaines représentations confère une impression de déjà-vu. Mais l’objectif de Brian Despain, même s’il n’est pas toujours atteint, n’en demeure pas moins une sérieuse réflexivité anthropomorphique, la démonstration que les mécanismes de l’être humain ne sont liés à aucune aspiration au bonheur mais plus à des principes de puissance, à des forces de destruction.

Laurent Monserrat

  • Illustration : Brian Despain “Icarus fish”
  • Illustration : Brian Despain “A vexing quiet”

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