300 millions d’Américains, et nous, et nous

par Henry Moreigne
vendredi 20 octobre 2006

Les Etats-Unis ont officiellement franchi le 17 octobre le seuil des 300 millions d’habitants. Le troisième pays le plus peuplé de la planète voit sa population augmenter d’une personne toutes les onze secondes alors qu’un nouvel immigrant foule son sol toutes les 31 secondes. La France par son taux de natalité se distingue dans la classe des pays industrialisés.

Le baby boom français intrigue le reste de la planète. Le Washington Post consacre même un article au french phénomène dans son édition du 18 octobre. Comme le soulignent nos amis d’outre-Atlantique, La France arrive au deuxième rang européen pour son taux de fertilité (1,94), juste derrière l’Irlande (1,99) quand celui des USA est à 2,1.

Nos parcs et jardins publics seraient ainsi, à lire le Post, remplis d’enfants bruyants quand ceux des autres pays industrialisés le seraient de personnes âgées. Une particularité qui aurait amené des fonctionnaires thaïlandais allemands ou japonais à venir in situ étudier le particularisme français.

Il est vrai que la fécondité des femmes de moins de 29 ans, qui baissait depuis longtemps, semble désormais stabilisée, alors que celle des femmes de plus de 30 ans continue d’augmenter. Le phénomène est d’autant plus remarquable qu’il est presque unique en Europe. En 2003, le solde nature de la population française augmentait de 211 000 personnes, quand celui cumulé de l’Union européenne s’accroissait de 216 000.

Selon les observateurs, la France bénéficie à la fois d’un environnement culturel favorable et, surtout, d’une véritable politique nataliste. Et c’est bien ce qui épate les Américains peu habitués à une intervention de l’Etat dans la sphère privée. Les gouvernements successifs auraient ainsi pris conscience de l’importance de la démographie dans l’équilibre futur des grands comptes. Les mesures, pour nous anodines, surprennent : congés de maternité, temps partiels, allègements fiscaux, aides au transport, allocations familiales, quotient familial, tout autant que le fait que ces mesures s’appliquent de la même façon aux hauts revenus. La recette du système français semble résider dans ces dispositifs qui évitent d’imposer aux femmes de choisir entre famille et vie professionnelle.

Vraiment étonnants, ces mangeurs de grenouilles.


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