Draguer, mais quel prix ?

par amelie-allard
vendredi 11 mai 2012

De nos jours, clavarder et converser virtuellement avec des gens de partout dans le monde est plus facile que jamais. Mais qu’en est-il de nos relations interpersonnelles et sociales ? Aborder quelqu’un est ardu, en 2012, et cela surtout dans les lieux publics. Ce problème affecte régulièrement les hommes tentant de rencontrer dans les bars. Une compagnie de Montréal appelé « Wing Me » a pour but de contrer ce problème d’ordre social. L’objectif de celle-ci est de louer les services d’une « Wingwoman »qui passera un moment avec le client, afin d’aider ce dernier à draguer. Ce nouveau moyen « d’aide à la drague » est, selon moi, immoral, car il est mensonger et pourrait s’avérer dangereux.

Tout d’abord, il est très facile d’avoir accès aux services de cette compagnie (www.wingme.ca/fr), un clic et le tour est joué. Le client n’a qu’à remplir un formulaire en ligne, en y inscrivant ses coordonnées, l’heure, la date du rendez-vous et d’y joindre un paiement d’environ 119.97$, soit 50$/h. Aucune vérification prouvant les renseignements du client ne sont demandés. Lors de la dite soirée, le client fait la connaissance de la Wingwoman à l’endroit prévu, souvent dans un bar chic et branché. Elle aidera donc le client à aborder les femmes que celui-ci convoite. Selon le propriétaire de cette compagnie, M. François Soto, « deux hommes sur trois partent du bar, en fin de soirée, avec le numéro de téléphone d’une femme. » Car oui, la Wingwoman va vers les femmes en présentant son client comme étant un de ces bons amis (lorsqu’elle ne le connaît que depuis quelques minutes !) et le vante d’être célibataire et gentil. Elle facilite donc directement l’approche avec les femmes qui, incognito, se font mentir tout au long de la soirée. Bref, je trouve inconcevable le fait de pouvoir payer pour approcher les femmes. Notre capacité à communiquer est-elle si mauvaise ? Qu’arrivera-t-il dans le futur si nous devons déjà engager des « professionnelles » pour nous aider à rencontrer ? La suite reste à voir, mais pour l’instant, cette mode à Montréal reste truffée de mensonge.

 

Ensuite, l’utilisation de ces services pourrait s’avérer dangereux autant pour la Wingwoman que pour les femmes qui seront amadouées par l’homme. Premièrement, si vous visitez le site Internet de cette compagnie, vous verrez, dans les termes et conditions de la location d’une Wingwoman, qu’il est interdit de « lui demander de revenir à votre maison », « d’entrer dans votre voiture » et de « retourner à votre hôtel », puis, qu’en « utilisant notre service, vous nous assurer que vous avez au moins 18 ans. » Ceci démontre clairement que la compagnie n’a aucune confiance envers le client et qu’elle n’a aucune preuve des informations d’identification que celui-ci avance. Ce contretemps pourrait causer des dangers pour la Wingwoman qui, seule, se rend au rendez-vous avec un inconnu. Deuxièmement, la présence de cette femme, selon le site de la compagnie, facilite l’approche de l’homme envers les autres femmes. Ceci permet donc, inconsciemment, aux femmes approchées par l’homme, d’atténuer leur réaction craintive envers celui-ci. Ces dernières auront moins tendance à douter de l’homme, parce qu’il est accompagné d’une autre femme. Par exemple, si un agresseur approche un enfant en automobile et qu’il lui demande de monter dans son auto, l’enfant sera porté à craindre l’homme et à refuser, tandis que si un autre enfant est assis dans l’auto avec l’homme, l’enfant aura tendance à vouloir monter, puisqu’un autre enfant y est, lui aussi. Bref, les femmes approchées par le duo (la Wingwoman et son client) seront plus réceptives aux avances de l’homme puisqu’il est avec une autre femme. Ceci pourrait éventuellement créer des situations dangereuses, puisque la Wingwoman met un homme, dont elle ignore l’identité et qui peut être dangereux, en contact avec des femmes inoffensives, en le faisant passer pour un homme respectable. Le danger qui pourrait suivre pour la femme ayant donné ses coordonnées à l’homme, caché par une fausse identité, est incommensurable. Imaginez la facilité pour un agresseur de trouver une victime naïve, avec l’aide des services d’une Wingwoman ! Pour finir, ce moyen « d’aide à la drague » pourrait donc être très néfaste et plus que dangereux.

Pour conclure, bien qu’en apparence tout à fait inoffensive, les services offert par la compagnie « Wing Me » pourrait s’avérer mensonger et dangereux, par la faute de la facilité d’accès à ces services et par la mise en relation d’un homme, dont l’identité réelle est inconnu et qui peut être dangereux, avec une femme sans défense. Il est donc très important de surveiller et de ne pas donner ses coordonnées personnelles à un inconnu. Sur ce, soyez vigilantes mesdames !  


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