Hommage Warhol : le Pop’Art rural

par Fergus
mercredi 18 mars 2009

Mercredi s’ouvre au Grand Palais une exposition consacrée à Andy Warhol où les amateurs de Pop’Art pourront admirer jusqu’au 13 juillet une galerie de 250 portraits réalisés par le créateur et maître incontesté du genre. On pourra voir aux cimaises de très nombreuses célébrités dont Brigitte Bardot, Mick Jagger, Caroline de Monaco, Yves Saint-Laurent, Jane Fonda ou Edward Kennedy, pour ne citer que celles-là. Rien de tel à Nizon où les modèles sont d’anonymes villageois, quand il ne s’agit pas de chevaux, de vaches ou de cochons, représentés dans la plus pure tradition du… Pop’Art rural.

L’idée date de février 1992. Elle est née d’une suggestion du journaliste et écrivain Yves Quentel, alias Pop’s, qui en retrace l’histoire dans son livre intitulé Hangar’t (éditions Coop Breizh) : pourquoi ne pas réaliser des tableaux peints à la manière d’Andy Warhol à partir de photos anciennes ?


Pourquoi pas en effet ? Surtout que les habitants de Nizon – je vous le dis en confidence – sont un peu vexés de la notoriété de leur prestigieuse voisine Pont-Aven, mondialement réputée pour son école de peinture – celle de Gauguin et Sérusier –, et d’une prétendue suffisance des Pontavenistes à leur égard. Une rivalité que la fusion des deux communes en 1954 au profit des marchands d’en-bas n’a fait qu’exacerber. Sous l’impulsion d’Yves Quentel, les Nizonnais se mettent au travail dans une conserverie de poissons désaffectée qu’ils baptisent Hangar’t, en un clin d’œil amusé à la Factory de Warhol.


17 ans plus tard, ce sont plus de 220 toiles qui ont été réalisées, non seulement à partir de photographies anciennes, mais surtout de nombreux clichés récents mettant en scène habitants et animaux du bourg. Tout cela dans le plus pur style de Warhol, à grands coups de brosses et de pinceaux trempés dans les couleurs les plus vives de la palette. Le résultat en est spectaculaire. Et point n’est besoin d’attendre une exposition pour admirer les œuvres sorties du hangar où officient nos artistes ruraux : il suffit de franchir le seuil des commerces locaux. D’entrer par exemple dans le bistrot de Fufu qui a tapissé ses murs de toiles, ou de pénétrer dans la boucherie-charcuterie tenue par Babette et René et décorée de tableaux pétants de couleurs qui se marient dans une harmonie surréaliste aux rouleaux de boudin ou aux côtes de bœuf.


Mais la vedette incontestée des modèles de Nizon reste Mamm-Kozh (grand-mère en breton) autrement dit Marie Cariou surnommée la Marylin de Nizon par référence à la Marylin de Warhol.


Si vos pas vous mènent un jour dans ce coin magnifique du sud-Finistère, ne vous contentez pas d’aller visiter les galeries de Pont-Aven ou de déjeuner, si vos moyens vous le permettent, au prestigieux Moulin de Rosmadec, montez donc à Nizon, vous ne serez pas déçu de la visite, et les habitants se feront une joie de commenter leur aventure picturale. De vous raconter par exemple comment est née, en 1994, la série de portraits intitulée « les Chiffonniers du Bon-Dieu » en hommage à l’abbé-Pierre. Et pour peu que vous vous fendiez d’une petite pique sur le mercantilisme des gens de Pont-Aven, vous pourrez même être convié à admirer chez les Nizonnais l’aïeul aux cheveux rouges ou la vache mauve du cousin.


Je laisserai le mot de la fin à cet artiste-agriculteur de Nizon qui a dit un jour : « Si j’ai bien compris, il ne faut pas être artiste pour faire de l’art, mais il faut être paysan pour faire du cochon ! »

 

Pour tout savoir sur les origines de l’aventure, cliquez sur le lien suivant : Hang’art

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