les « Gaston Lagaffe » 2011

par olivier cabanel
vendredi 30 décembre 2011

Chaque fin d’année nous apporte son lot de bêtisiers, alors pour chasser la morosité ambiante, pourquoi ne pas décerner le « Gaston Lagaffe 2011 » puisque les candidats se bousculent au portillon ?

Que dire de ce pilote de ligne qui, ayant renversé sur le tableau de commande sa tasse de café, à fait croire au sol à une attaque terroriste, provoquant le retour obligé de l’avion et de ses passagers ? (lien) ou de cet autre pilote coincé dans la cabine de toilette incapable de pouvoir poser son avion ? lien

L’une des meilleures gaffes de 2011 est peut-être celle survenue en Angleterre, provoquant l’évacuation d’un golf et le déploiement d’un large périmètre de sécurité, avec forces spéciales à l’appui, hélicoptère d’appui, un grand tigre ayant été signalé, semant l’émoi dans les populations.

Ce n’est qu’après avoir immobilisé le fauve grâce à une flèche hypodermique anesthésiante que les vaillants pandores constatèrent que le fameux fauve n’était qu’une vulgaire peluche. lien

Les gaffes touchent tous les domaines, même celui de l’économie, comme le jour où un trader de Mizuho Securities à vendu pour un petit yen les 610 000 actions d’un cabinet de recrutement, obligeant le courtier à racheter les titres sur le marché.

En fait il voulait vendre une action pour 610 000 yens, et a fait juste le contraire. lien

Un autre, dans le même domaine, s’est trompé de touche, pratiquant ce que l’on appelle dans le métier un « fat finger » (gros doigt), passant un ordre sur « Procter & Gamble », le célèbre lessivier, de 16 milliards au lieu de 16 millions faisant chuter de moitié l’action du groupe. lien

Les blagues entre copains sont une banalité, mais que dire de la connerie de l’un deux, lorsque, voulant faire le malin, traversant volontairement la rue devant un bus qui arrivait sur lui, lui faisant perdre le contrôle, percuter un mur, et finalement l’a fait se retourner les 4 roues en l’air, avec tous les passagers à l’intérieur ? lien

Les amateurs de chutes seront comblés sur cette vidéo.

Internet et tous ses développements actuels, comme twitter ne sont pas en reste, comme la bévue qu’a fait Charlie Sheen tweetant un message privé à Justin Bieber, lequel a été envoyé malencontreusement à des millions de fans. lien

En cette année 2011 qui a donné le jour à la plus grande catastrophe nucléaire jamais arrivée dans le monde, comment ne pas évoquer les gaffes dans ce domaine ?

On s’en souvient, le « fleuron » de l’industrie nucléaire qualifié un peu trop vite de « Superphénix  », avait fait crouler de rire la France entière par ses pannes et accidents à répétition.

Un jour, le toit d’un bâtiment s’écroule sous le poids de 80 cm de neige, (photo) l’autre jour une passerelle de 1300 kg d’acier tombe sur le dôme du réacteur, alors que les probabilités avaient estimé à 1 kilo le poids maximum qui pouvait atteindre le dôme, et pour finir en beauté, une fuite de 500 sodium liquide perdura pendant un mois, les techniciens convaincus de son impossibilité cherchant en vain des défauts de connexion électrique sur les alarmes, pendant que 20 tonnes de sodium s’accumulaient dans l’espace inter-cuve, sodium capable de s’enflammer au seul contact de l’air, et d’exploser au contact de l’eau…lien

Pour le coup, le gag aurait pu couter bien plus cher que Fukushima.

C’est ce que constate Bridget Kyoto, une artiste pas avare d’humour. vidéo

Mais revenons à 2011.

S’il faut croire un député et un sénateur, tous 2 membres de l’UMP, décidant une visite surprise dans 2 centrales nucléaires, ils ont découvert le monde de la gaffe nucléaire, sauf que celles-ci sont plutôt inquiétantes.

Dans l’une, à Paluel, il fut impossible d’ouvrir un panneau d’alimentation électrique pour contrer une perte totale de courant électrique, et la panne du groupe électrogène de secours, la clef étant en cours de fabrication, et dans l’autre, au Blayais, les techniciens cherchaient dans la mauvaise rubrique une information afin de répondre à la question : « quel est le critère conduisant à l’arrêt du pompage d’eau en cas d’inondation ?  ». lien

Nos amis japonais, depuis la catastrophe de Fukushima traitent avec un humour corrosif le thème du nucléaire expliqué aux enfants, comparant les lâchers radioactifs de la centrale à des flatulences. vidéo

Quand au gag d’Otsuka Norikazu, célèbre animateur de la télévision japonaise, dégustant en direct à l’antenne des produits japonais pollués par la radioactivité dégagée par la centrale de Fukushima, il risque de lui couter cher, puisqu’il est maintenant à l’hôpital, atteint d’une leucémie aigüe. lien

La gaffe est partie intégrante du monde politique, et personne n’y échappe : Berlusconi en est l’un des meilleurs exemples lorsqu’il affirme que «  Mussolini n’a jamais tué personne, mais qu’il les a juste envoyés en vacances en exil  », ou lorsqu’il qualifie Barack Obama de « bronzé  ». vidéo

La campagne des primaires présidentielles bat son plein et les gaffes pleuvent avec Herman Cain, qui devant une question posée dont il n’a pas le moindre bout de réponse nous propose un numéro étonnant. lien

Rachida Dati n’est pas en reste comme par exemple, alors qu’elle est filmée par une équipe de M6, oubliant qu’elle porte un micro, elle lâche à son portable qu’elle semble avoir greffé à l’oreille : « je n’en peux plus, je pense qu’il va y avoir un drame avant la fin de mon mandat ». lien

Celle-ci nous a particulièrement gâtés avec son « gode » à répétition. (vidéo), Morano l’a suivi de près, en confondant le chanteur Renaud et le fabricant des voitures du même nom, (lien), suivi par Aubry qui définit le projet socialiste employant le mot « vague » au lieu du mot « vaste », (lien) le « très cultivé » Lefèvre qui connait son Zadig & Voltaire sur le bout des ongles (lien), Julien Lepers qui offre un livre en insistant, « un livre pour mieux voir », à une aveugle (lien), Claude Guéant qui remet la « croisade » à l’honneur, (lien), et François Fillon qui confond shit et schiste, ce qui pourrait être dommageable à sa santé. lien

On pourrait aussi évoquer le cas d’Yves Jego, qui tentant de modifier des informations le concernant sur wikipédia, oubliait que dans ce domaine, les internautes sont très vigilants.

Le détail cocasse de ses vaines interventions est sur ce lien.

Michelle Alliot-Marie ferme la marche lorsqu’au moment du printemps arabe, des émeutes en Tunisie, alors que les morts se comptaient par centaines, elle a proposé le « savoir faire français » pour aider la police tunisienne, et « régler les situations sécuritaires  » afin d’empêcher la chute du dictateur Ben Ali, lequel, il est vrai, n’avait pas été avare de largesses avec elle. lien

 

Et que dire de Christine Lagarde affirmant en 2008 que la crise était dernière nous, et qui est nommée maintenant à la tête du FMI  ?

Le reste du monde n’est pas à l’abri, lorsque Arnold Schwartzenegger nous apprend que Montréal est la capitale du Canada, félicitant les Canadiens d’avoir participé à la guerre en Irak (lien), ou lorsque Nicolas Sarközy, manifestement fâché lui aussi avec la géographie est persuadé que l’Alsace est encore en Allemagne. lien

N’oublions pas sa gaffe concernant « le génocide arménien  », car si l’on ne peut que regretter qu’il ne soit pas reconnu au niveau international, la France n’a pas de leçons à donner si l’on veut bien se souvenir de son passé avec la collaboration de Vichy, (lien) dont les nazis disaient que le gouvernement français allait au-delà de leurs espérances, ainsi que des tortures pratiquées en Algérie. lien

Mais sa plus magistrale gaffe n’est-elle pas celle qui consiste à augmenter la taxe sur les sodas pour combattre l’obésité ? lien

Alors que la crise perdure, la dette passant en 5 ans de 1100 milliards à 1700 milliards d’euros, (lien) alors que le pays est rentré en déflation, (lien) qu’il va perdre son triple A, (lien) que le chômage (pourtant largement sous-estimé) est au plus haut, n’y-a-t-il rien de mieux à faire que de tenter de combattre l’obésité ?

D’autant que face aux 120 millions d’euros d’économie espérée, il est probable que 3000 salariés chez Coca Cola vont voir leur emploi menacé, puisque le géant américain vient de suspendre un investissement de 17 millions d’euros en France. lien

En effet 120 millions d’euros, c’est en gros le budget annuel de fonctionnement de la présidence de la république (lien) ou la moitié de ce qu’a couté l’air bus présidentiel, (lien

Cette année le père Noel à l’Elysée a couté au pays 335 000 euros, soit 350 euros par enfant invité : 920 étaient invités, et seulement 324 de ces enfants étaient ceux du personnel de la présidence de la république. lien

Mais l’arbre de Noël n’était pas le seul à avoir les boules, car comme dit mon vieil ami africain : « un jour viendra où nous n’aurons plus que l’impôt sur les os ».

L’image illustrant l’article provient de « christophe.mayen.free.fr »

Merci à Corinne Py pour son aide efficace.

Olivier Cabanel


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