Sarkozy jette l’Úponge !

par olivier cabanel
jeudi 1er avril 2010

La nouvelle vient de tomber : Lassé de son impopularité, furieux de voir son parti s’effilocher en lambeaux, et constatant la montée en puissance de ses rivaux pour 2012, Sarkozy démissionne.

L’échec cuisant des régionales a été vraisemblablement l’élément déterminant de cette terrible décision, mais ce sont surtout l’accumulation des critiques venant de son propre camp qui ont été le facteur essentiel de ce geste définitif.

La chute vertigineuse et continue de sa popularité, et le refus généralisé de sa politique ont favorisé sa décision finale.

Déjà en 2006, un responsable de syndicat de policier avait demandé la démission de Sarkozy alors ministre de l’intérieur. lien

Plus tard, en 2008, un blog s’était créé pour réclamer à son tour la démission du président. lien

Puis début 2010, un nommé Rimbus avait fait sur ce thème une chanson tout à fait pertinente.

Il y a même des français qui se sont mobilisés pour un « no sarkozy day ». (27 mars 2010) lien

Ils sont encore loin d’avoir l’efficacité du « no berlusconi day », mais ils sont déjà dans la rue, et ceux qui défendent ce concept ne sont pas « n’importe qui » : (San Sévérino, Bedos…)

Depuis circulait sur le net de nombreuses demandes de démission, souvent très bien argumentées, comme celle-ci : lien

Sarkozy a compris un peu tard qu’il n’aurait jamais dû se mêler des régionales.

Lui qui se veut le président de tous les français, en défendant son camp, l’UMP, contre les autres, il s’est tiré une balle dans le pied.

Lassé des querelles et des luttes d’influence continuelles dans le petit monde de ses conseillers privés, il perdait petit à petit ses repères.

En effet, la guéguerre que se livrent depuis le longtemps Claude Guéant, Jean David Levitte, Raymond Soubie, et Henri Guaino ne lui était plus supportable.

Suivant plusieurs témoignages, ils étaient souvent sur le point d’en venir aux mains. Lien

Dame, comment concilier l’avis de Guaino qui ne croit pas en L’Europe, et qui pense « que tout ce machin va s’effondrer » lien avec celui très différent de Claude Guéant. lien

Les coups bas étaient devenus la règle, et Guaino qui ne décolère pas, depuis décembre 2009, de la publication de son salaire annuel (290 000 euros) dans les colonnes du « Canard Enchaîné  » voudrait bien savoir lequel des autres conseillers est responsable de ce mauvais geste. lien

Mais c’est dans le camp des responsables de l’UMP que la fronde était, depuis l’échec des régionales, la plus violente. lien

D’abord, en octobre 2009, on se souvient de cette violente charge de Juppé contre Sarkozy, à qui il reprochait l’abandon de la taxe professionnelle, plongeant dans une extrême difficulté les régions. lien

Privées de ce revenu, les régions ne voient pas aujourd’hui comment faire maintenant face à leurs nouvelles attributions (RSA, Culture, etc.) puisqu’elles n’en ont plus les moyens.

Depuis, la fronde à droite s’était élargie : Entre jacques Myard qui dénonçait l’ouverture à gauche, Christine Boutin qui réclamait le retour aux valeurs de la droite décomplexée, et le sénateur Philippe Dallier déclarant « il faut arrêter de raconter des histoires aux Français », les pressions étaient devenues insupportables au Président, d’autant qu’une pétition venait d’être lancée. lien

Mais c’est la rancœur exprimée en sourdine par le premier ministre face au président qui commençait à être pesante.

Difficile d’accepter que celui-ci soit plus haut dans les sondages, alors qu’il est dépossédé de missions, et que lui-même soit au plus bas.

D’après un sondage récent, 43%des français préfèrent Fillon contre 29% à Sarkozy. lien et çà lui était devenu insupportable.

 Et puis, il y avait en face de lui d’autres obstacles, dont un de taille, Dominique de Villepin.

Celui-ci tout ragaillardi de sa relaxe judiciaire, et de la montée de sa popularité au sein de son propre camp venait de lancer le 25 mars dernier son mouvement. lien

Un mouvement qu’il veut « libre et indépendant, ouvert à tous, au dessus des clivages partisans ».

S’ajoutait à cette rude concurrence celle d’un Le Pen relancé par la bourde du débat sur l’identité nationale, et bien décidé à ne plus lâcher le morceau, cette fois ci.

Pour faire bonne mesure, il avait pris la mesure du mouvement voulu par l’ex soixante-huitard, Cohn Bendit, lançant « les écolos ». lien

Sarkozy avait bien compris que jamais, au grand jamais, malgré les manœuvres de Nicolas Hulot, il ne récolterait les voix écologistes. lien

En conclusion on pourrait en déduire que ses habits présidentiels étaient bien trop grands pour lui.

Cette chanson résume la situation.

Pour ceux qui auraient encore des doutes sur la véracité de l’information contenue dans cet article, je les invite à ouvrir ce lien qui leur en donnera la preuve définitive. lien

Car comme disait un vieil ami africain :

 « Qui lâcherait les poissons qu’il tient sachant qu’il y en a d’autres à ses pieds ».


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