Noces d’or de la complémentarité

par Réflexions du Miroir
vendredi 13 mai 2022

J'ai beaucoup hésité à pousser ce billet sur cette antenne Agoravox.

Mais, comme il s'agit d'un problème existentiel qui peut arriver chez d'autres couples, je me suis dis "pourquoi pas dans la rubrique "Parodie" ?".

De plus sur cette antenne, il y a quelques retraités qui la "parasitent".

Pour avoir 50 ans de mariage, il faut avoir 70 ans, si on pense que la sève "romanesque" monte et pousse à ce passage, cela se passe en général vers les 20 ans. 

Une recherche d'or construite dans l'antidote complémentaire, comment est-ce possible ?

J'aurais pu titrer ce billet "L'or de la la discordance" parce que quand on est complémentaire, on peut vivre quelques clashes si une opposition d'avis est trop ferme.

C'est le risque du métier de couple qui s'applique à être différent par principe.

La concept "tous ceux qui se ressemblent, se rassemblent" contredit l'adage de la complémentarité, mais cette vision du couple est, en principe, bien trop facile à vivre.

Alors comment y arriver ? 

Le Grand échiquier du 29 avril répond à cette question en célébrant l'amour « qui fait vibrer l’humanité depuis la nuit des temps, battre le cœur, exalte et fait souffrir, nourrit d’une foule d’histoires la littérature, le cinéma, la musique et la danse… ».

Il y a dix ans exactement j'écrivais avec humour "'Fidèle, vous dites, comme c'est étrange".

J'avais alors atteint mes noces d'émeraude.

On y trouvait les différents noms des noces, l'impact de l'intervention des médias, quelques conseils et surtout de l'humour.

"L'humour est un sujet trop sérieux pour le plier", écrivais-je.

La déconne est un état d'esprit particulier en amuseur amusé.

Il force à l'absence de regrets éternels.

"Que les couples sans enfants lèvent le doigt" écrit en 2021.

Il y a dix ans, donc, je disais que "La base de tout code éthique du couple est la fidélité.".

C'est peut-être vrai mais il faut y ajouter une louche de confiance mutuelle sans arrière-pensée, pas de cuillères de redondances d'applications pour ne pas occasionner de conflits d'autorité et en finale une pincée de compromis.

Cette fois, mon couple passe donc à l'étage supérieur avec cinquante ans de vie commune sous l'effigie des noces d'or.

D'après les statistiques, un couple reste en moyenne sept ans ensemble avant de changer de partenaire.

Changement de viande excite l'appétit, non ?

Parler de complémentarité peut se comparer à un problème électrique dans l'opposition du "+" et du "-" qui s'attirent alors que des pôles identiques se repoussent.

L'antonyme de la complémentarité que l'on pourrait apporter par la complaisance, c'est comme sur un jeu de puzzle quand une pièce est en double et que l'on ne trouve pas sa place pour l'insérer et complémenter l'ensemble.

C'est évident, ceux qui me connaissent en dur peuvent penser que nous sommes très différents et c'est loin d'être faux.

Ce n'est pas une raison pour ne pas être bien assortis.

Je suis désolé de vous l'apprendre, c'est dans les différences que réside peut-être tout l'intérêt de l'apprentissage de la vie en couple et même plus que dans le couple.

On apprend beaucoup plus par l'opposition de caractères, par ses échecs que par des succès trop faciles et, même, hypocrites.

"A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire", disait Corneille.

Ce genre d'association peut être bénéfique ou maléfique en fonction de l'ouverture d'esprit ou de la méconnaissance des droits et des devoirs en échos l'un de l'autre.

Un esprit fort peut prendre du recul et aider un esprit plus faible, et vice-versa.. 

Garder des jardins secrets en commun ou en séparé, c'est comprendre les prérogatives à préférer parfois l'expertise de l'autre en essayant de forcer le destin de sa propre prise de position.

Mes cours de management m'ont appris à motiver et à laisser l'autre faire des choses que j'aurais eu envie de faire moi-même.

Deux coqs sur un même fumier ou deux moutons cloîtrés dans un enclos restreint n'ont pas beaucoup de chance de répondre à toutes les exigences de la vie ensemble...

  Ce n'est pas par fainéantise que la règle de la motivation bien apprise dans les cours de management, impose de laisser faire l'autre quand son expertise est connue et respectée.

Le mariage dans toutes les unions demande des règles de conduite générales et particulières pour vivre heureux.

Bien sûr, on n'est pas dans une relation égalitaire.

La ménopause de la femme peut entraîner du mélo en pause.

Quant à l'andropause, la remarque des raideurs qui se déplacent. 

En 2007, j'écrivais "Mariage distancé par le temps" avec des couples qui ont plusieurs dizaines d'années de différences. 

Ce n'est pas le cas. Dans mon cas, ma "moitié" me devance de quatre mois et pendant ceux-ci, je peux la charrier à loisir à cette avancée...

Le magazine Marie-Claire donne des idées "comment les fêter ses 50 ans de mariage" en parlant de son origine.

"Fêter les anniversaires de mariage est d'origine païenne. Initialement n'étaient célébrés que certains anniversaires importants comme les 25 ans (noce d'argent), les 75 ans (noces de diamant aujourd'hui attribuées aux 60 ans de mariage) et les 50 ans. Il a fallu attendre beaucoup de temps pour que les anniversaires intermédiaires soient fêtés. Pour les 50 ans de mariage, c'est le métal précieux et recherché, l'or, qui a été choisi. D'après un proverbe chinois, "l'or véritable ne craint pas le feu ". Il symbolise les noces d'or. Afficher 50 ans de vie commune prouve que le couple est capable de tout affronter. A l'image de l'or, il est solide et précieux. Les noces d'or sont de plus en plus rares au fur et à mesure de l'évolution de la société. Les gens se marient beaucoup moins jeunes qu'auparavant et il y a de plus en plus de divorces. Après autant d'années de vie commune, vous pouvez affirmer avoir trouvé la pépite rare et vous en féliciter".

Là aussi, tout dépend des idées nouvelles qui peuvent germer pour que le couple continue à parler avec un langage commun pour que cela marche.

Avec l'âge, on se radoucit les instincts grégaires à l'extérieur du couple.

Mon épouse aime la mode. Elle aime se promener seule pour du lèche-vitrines des magasins. Plutôt casanière, elle aime habiller son intérieur avec un goût que je n'ai pas.

Pendant qu'elle lèche, je vais consulter les magazines et les livres dans la librairie.

Mais on se retrouve après devant une boisson pour parler de nos découvertes dans chacune des deux activités.

Le jogging, le vélo, la marche en solitaire s'accordent parfaitement pendant une heure ou deux tous les jours avec mes prérogatives, mais pas aux siennes. 

L'utilisation des concepts des nouvelles technologies de mon côté et une aversion de tout ce qui tourne autour des technos pour elle.

Dans mon domaine, mon épouse est restée la "geek fastoche" sans pour cela être devenue une dinosaure du conservatisme.

Mon erreur, car il y en a une, c'est de ne pas avoir consacré du temps de son apprentissage quand la souplesse de l'âge existait encore et que le mémoire des opérations à effectuer pour ce putain de paradigme numérique, se réduisait. 

Je suis dans mon bureau toujours ouvert et elle dans la cuisine qui ne l'est pas moins. C'est comme un pacte de bienveillance.

Un seul grand lit pour dormir à part pendant les vacances. 

Le sexisme, dont j'ai souvent parlé, finit toujours par s'intercaler pour casser une entente cordiale. Pour moi, ce sexisme n'existe pas puisque je parlerai sans distinction de langage envers un homme ou une femme.

Le trop plein de force de caractère trouve sa résonance dans une faiblesse de caractère dans des situations particulières toujours tapissées d'un humour trash avec respect.

Mercredi, le film "C'est Arrivé Près de Chez Vous" est repassé sur l'antenne belge pour son 30ème anniversaire.

Je ne sais pourquoi, ce film m'a toujours fait rire par son esprit décalé. Tout comme son acteur Benoît Poelvoorde d'ailleurs.

Un de ses auteurs en parlait.

La philosophie de Ben y dit "Le drame avec une femme, je leur ai donné des choses et reçu des choses. A un moment, je remets en question tout cela à cause de cette porte qui, dans un couple, doit rester ouverte soit pour faire entrer de nouveaux éléments soit pour en sortir. Soit tu ajoutes une petite graine, l'enfant, les désirs, les vacances. Soit tu t'en vas et tu reprends tes graines. Avec le cœur d'une femme, tu n'est même pas conscient que la porte est ouverte. Parfois, il faut ajouter une autre graine. L'amour a une odeur de souffre qu'il laisse derrière lui et ça sent toujours".  

Le cactus a trouvé une version plus récente "C'est taxé près de chez nous (clic)".

Dans le magazine Télé de la semaine précédente, cet article dans lequel des Stars préfèrent partager des moments ensembles mais en vivant séparés.

Trop facile et peut-être aussi trop lâche, cette version de partage.

Le besoin constant de l'autre 24 heures sur 24 à part de courtes séquences de rapprochement, ne me sied pas.

J'aime partager ma mauvaise humeur quand je me lève du pied gauche et ma bonne, par humour qui peut avoir un relent d'humour sarcastique.

Elle, introvertie et moi, extraverti, cela me botte.

L'espace vital personnel dans une bulle ne correspond pas à mon pragmatisme.

Aimer l'ennui de la solitude, c'est parfois souffrir de rage...

...

Le Grand échiquier du 29 avril

Étaient invités Jane Birkin, Michel Jonasz et des étoiles montantes de la chanson comme Crystal Murray et Fishbach ou danseurs de l’Opéra de Paris Ludmila Pagliero et Germain Louvet pour un pas de deux de Roméo et Juliette.

Les romanciers Nina Bouraqui et Frédéric Beigbeder, l’acteur réalisateur Nicolas Maury, le prodige du piano Sofiane Pamart et le guitariste Thibault Cauvin complétaient la partie.

En lever de rideau, Roberto Alagna et son épouse, la soprano polonaise Aleksandra Kurzak, ont interprété l’un des plus beaux duos d’amour avec un extrait de La Bohème de Puccini, opéra créé.

L'amour n'est pas uniquement hétérosexuel.

Le chemin de l'amour est parfois plus court, plus exclusif par l'homosexualité. 

La lettre à Eugène a été lue par Nina Bouraqui.

Le livre "L'amour dure 3 ans" de Beigbeder venait bien à propos...

La "La Javanaise" interprétée par Jane Birkin... 

Ce vendredi, la 5 ressort le cultissime film de Lelouch "Un homme et une femme" de 1966 dans lequel Anne, inconsolable depuis la mort de son mari cascadeur, faisait la rencontre d'une homme à Deauville, coureur automobile, ayant connu un drame après le suicide de son désespérée.

Remastérisée 50 ans après, cela donne 

L'amour ne s'explique pas. Il se pratique.

C'est marrant, les mots "amour" et "délice" sont masculins au singulier et deviennent féminins au pluriel. 

Renseignement pris auprès de Bernard de orthogaffe

AMOUR  : Les troubadours qui l’adorent, l’emploient au féminin. Normal ! Ils aiment vanter la beauté féminine. Hélas ! Trois fois hélas ! En latin 'amor' est masculin. Conséquence, les juristes préfèrent le masculin. Prudente, l’académie en 1694 accepte les deux. Molière parle d’une amour sans seconde. De 1718 à 1762, elle le voit masculin, mais féminin en poésie. Principe dont se moquent nos philosophes. Voltaire ignore la poésie en écrivant mes premiers amours et Rousseau parle d’une amour paternelle qui figure rarement dans les poèmes. Ces deux-là réussissent toujours à se disputer même en pleine révolte. Féraud en 1788 déclare qu’amour est masculin au singulier et féminin au pluriel. De 1788 à 1935, l’Académie le déclare féminin quelque fois au singulier et presque toujours au pluriel.

Actuellement, l’académie dit : Amour : nom masculin. 

Néanmoins, dans sa rubrique, question de langue, elle déclare : on le rencontre au féminin soit dans un usage populaire, soit dans une langue littéraire assez recherchée, citée par Raymond Queneau : cette amour curieuse.

En fait, l’hésitation vient du fait que amour est d’origine provençale. Sinon, on aurait eu le français amour (comme Flor qui a donné fleur. Le latin amor aurait dû donner le français ameur. Mais comme il est passé par le provençal, ça a donné amour). On le mettait au féminin. Mais comme les latinistes savaient que les mots latins en ER, OR, OS étaient masculine, ils ont voulu le faire masculin. D’où nos hésitations !

A ce genre d'anniversaire, on ressort les albums pour chercher ceux qui sur les photos restent vivants. Cela prend moins de temps que de les compter.

Des souvenirs partent alors dans tous les sens, se recoupent sans chronologie dans un voyage dans le temps.

- Tu te souviens de celle-là, dit l'un.

- Bien sûr. Mais de cette photo-ci, je ne sais même plus qui c'est. 

Je suis retourné sur la photo quand on était jeunes et beaux...

Merci, pour ces cinquante années pour avoir accepté un enfoiré à bord.... 

Au resto, pour fêter l'événement, nous avons eu droit à un verre de champagne.

En sortant, j'ai dit à la paronne :

- A dans dix ans.

- J'espère que vous reviendrez souvent avant.

Allusion


Lire l'article complet, et les commentaires