Pas facile de développer son entreprise au temps du troc

par Robert Branche
mardi 7 juillet 2009

Histoire de caverne (Premier épisode)


Hector fit le tour de sa caverne et revint vers moi :

« Vraiment, je suis très content de ton travail : cette nouvelle pièce dans ma caverne est exactement ce que je voulais. Et les peintures rupestres sont vraiment bien. C’est le petit qui va être heureux, depuis le temps qu’il me réclamait une bande dessinée. Combien je te dois encore ?

- On avait convenu, lui répondis-je, que tu me paierais 2 peaux d’ours, 1 gazelle dépecée et chassée dans la semaine, et 3 poulets vivants. Comme tu m’as donné les peaux d’ours en acompte, restent la gazelle et les poulets »

Hector était un homme de parole. Quelques minutes plus tard, j’étais de retour chez moi avec la gazelle et les poulets.

« Bon, maintenant, pensai-je, il va falloir que je trouve une peau de zèbre pour payer Marcel qui m’a fait les peintures rupestres. Cela ne va pas être facile. Je n’aurais jamais dû accepter, mais Marcel a vraiment un coup de pinceau exceptionnel. »

J’embrassais donc rapidement ma femme en lui confiant le paiement de mon travail, pris une peau d’ours et partis à la recherche de la peau de zèbre.

Une semaine plus tard, j’étais de retour avec une peau de zèbre et un sac d’un produit bizarre qui pouvait cuire dans un feu. Cela n’avait été facile, car celui qui avait une peau de zèbre ne voulait pas de ma peau d’ours qui, de toute façon, valait plus qu’une peau de zèbre. Il m’avait fallu procéder à 4 trocs successifs pour enfin avoir la peau voulue. Au passage, j’avais récupéré ce sac avec ces graines à cuire ; j’avais goûté le résultat une fois cuit, c’était plutôt bon.

Cela ne pouvait vraiment plus durer. Au fur et à mesure que mon affaire se développait, je passais de plus en plus de temps à faire du troc. C’était bien joli de prendre des chantiers de construction de cavernes clé en main – c’est-à-dire décorées et meublées –, mais, comme je devais faire appel à des sous-traitants, le paiement était devenu un des aspects les plus complexes.

D’autant plus que les gazelles dépecées, je ne savais plus quoi en faire. On avait beau en manger un maximum et saler le reste, il y avait toujours un stock important. Comme les voisins le savaient, la valeur de troc de la gazelle venait de s’effondrer : le mois dernier, impossible d’avoir en échange la paire de mocassin que voulait ma femme…

Il fallait trouver une solution…

(à suivre)

 

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