Mon rÍve de premiŤre dame ? Ne plus l’Ítre ! (Yvonne de Gaulle)

par Pierre R. Chantelois
mardi 16 octobre 2007

Pendant que la France s’interroge, veut interroger, enquêter, scruter et approfondir le rôle de Mme Cecilia Sarkozy sur sa mission en Lybie, le grand voisin d’outre-Atlantique bouge. Georges W. Bush prépare sa conférence de paix. Elle aura lieu aux États-Unis en novembre prochain. Son but : parvenir à la création d’un État palestinien. Il s’est tant fait reprocher de ne pas avoir accordé une priorité à cette question que le président entend maintenant y consacrer temps et énergie. Condoleezza Rice est dans la région pour préparer le terrain. Le président considère qu’il y a un os à la réussite de son opération : l’image de l’Amérique. En septembre, il annonce donc que d’ici à octobre, son épouse, Laura Bush se rendra au Proche-Orient, dans le cadre d’une « mission de diplomatie publique », afin de redorer l’image des Américains dans la région. Nous y reviendrons.

Lorsqu’il est question de la First Lady, il est toujours surprenant de constater tout ce qui s’écrit et tout ce qui se dit sur internet. D’abord, passage obligé, Wikipedia, suivi de la lecture de son signe astral. Ensuite le site officiel qui lui est consacré à la Maison-Blanche. Puis, quelques bonnes citations qui lui sont attribuées. Il faut bien passer en revue les bouquins en vente, sur Amazon, pour mieux saisir la biographie de la Première Dame. Il ne faut pas oublier qu’elle est une ancienne libraire et qu’elle tient pour importante la lecture d’un bouquin  : « The power of a book lies in its power to turn a solitary act into a shared vision. As long as we have books, we are not alone ». En terminant, si l’idée vous venait de lui écrire, il faut suivre ici les instructions. À ce propos, force est de convenir que la Première Dame ne reçoit pas que des lettres élogieuses. Rien ne serait complet sans une « chronique du style people ». Je vous recommande celle de Sheri et Bob Stritof ou cette autre de TV.COM. On ne me pardonnerait pas d’avoir oublié les jumelles, The First Twins. Il reste, en terminant, que les déclarations de la Première Dame ne sont pas toujours très heureuses, comme en témoigne celle-ci sur la campagne que mène l’acteur canadien, Michael J. Fox, sur les cellules souches. Mission accomplie.

Janvier 2007. Les États-Unis et l’Unesco organisent une table ronde - Formation des maîtres et alphabétisation - axée sur l’alphabétisation et la formation des éducateurs travaillant à l’alphabétisation en dehors de l’enseignement formel. La table ronde est organisée à l’initiative du directeur général de l’Unesco, Koïchiro Matsuura, et de Laura Bush, Première Dame des États-Unis et ambassadrice honoraire de l’Unesco pour la décennie des Nations unies pour l’alphabétisation. Laura Bush y déclare  : « En finir avec l’analphabétisme représente un défi pour tous les pays. Investir dans l’alphabétisation et l’éducation aide les gouvernements à remplir leurs obligations fondamentales : améliorer les chances des enfants et des familles, renforcer leurs économies et maintenir leurs citoyens en bonne santé ». C’est dans ce cadre que l’ambassadrice honoraire de l’Unesco pour la décennie des Nations unies pour l’alphabétisation, Mme Bush, avait effectué une visite officielle de trois jours à Paris. À l’invitation de Mme Chirac, Laura Bush avait, le 17 janvier dernier, retrouvé plusieurs reines et Premières Dames au Palais de l’Élysée pour une première réunion du Comité d’honneur du Centre international pour les enfants disparus ou exploités (ICMEC).

Octobre 2007. Lors des récents événements dramatiques en Birmanie, le président Georges W. Bush décide de sanctionner certains des responsables de la junte. Il est pleinement conscient que la crise politique a atteint des « proportions alarmantes ». Comment faire pression sur la Chine pour qu’elle accepte d’intervenir auprès de la junte birmane tout en sauvegardant les relations diplomatiques ouvertes et courtoises ? Laura Bush lance un appel à peine voilé à la Chine, priée de s’investir dans la résolution de la crise. « Le président Bush appelle tous les pays, en particulier ceux qui sont les plus proches de la Birmanie et qui ont le plus d’influence sur le régime, à soutenir les aspirations des Birmans et à se joindre à la condamnation du recours à la violence par la junte contre son propre peuple », déclare la First Lady dans un communiqué. Mme Bush profite de la même occasion pour demander au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, de condamner la répression en Birmanie et de pousser le Conseil de sécurité de l’ONU à agir. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est, par la suite, entretenu par téléphone avec la Première Dame relativement aux derniers développements sur la Birmanie. Le détour vaut le coup de lire, à ce propos, la chronique de Jean-Paul Marthoz.

Avec une nouvelle autorité morale, la First Lady a mené une série d’interviews avec les principaux journaux américains. Elle n’a pas hésité à affirmer haut et fort, notamment, que la junte militaire birmane n’en avait « plus que pour quelques jours au pouvoir » avant que l’administration de son mari n’ordonne de nouvelles sanctions. « Aujourd’hui, les gens sont au courant partout des atrocités du régime. Ils sont dégoûtés par leurs abus contre les droits de l’homme », a-t-elle déclaré, en entrevue, au Wall Street Journal. Laura Bush a, elle-même, admis, dans une interview au quotidien USA Today, qu’elle avait pris conscience du rôle qu’elle pouvait jouer. « Mon influence réside dans le fait que je peux mettre en lumière des problèmes liés aux droits de l’homme que je veux que les Américains voient, et je veux que les populations de ces pays sachent que le peuple américain est avec eux », a-t-elle dit (Cyberpresse).

Juin 2007. Toujours dans le domaine des relations internationales, l’ambassadeur désigné des États-Unis auprès de ce pays d’Afrique australe, le Mozambique, déclarait que « les relations entre les deux pays sont excellentes ». Fait à noter, cette déclaration était formulée lors d’une séance de la commission sénatoriale des relations extérieures. Et selon l’ambassadeur, « la visite récente au Mozambique de Mme Laura Bush a confirmé cette relation d’amitié réciproque entre les deux pays ». Mme Laura Bush avait, en effet, visité, le 27 juin dernier, le centre de pédiatrie de l’hôpital de Maputo qui doit « faire face très vigoureusement à la réalité dévastatrice du sida et d’autres maladies infectieuses  ».

En septembre dernier, Mme Bush annonçait, pour fin 2008, une nouvelle « initiative internationale élargie » en matière d’éducation de base. Six pays ont été retenus pour bénéficier de cette bonne nouvelle de Mme Bush : le Mali, l’Éthiopie, le Ghana, le Honduras, le Liberia et le Yémen. En vertu de cette initiative, la Maison-Blanche débloquera donc une enveloppe financière de 525 millions de dollars, au cours des cinq prochaines années, pour appuyer les ministères en charge de l’Education dans les six pays retenus dans le cadre de cette initiative. Celle-ci vise à assurer l’accès de quatre millions d’élèves supplémentaires à une éducation de base de qualité.

Du 20 au 26 octobre, Laura Bush se rendra au Moyen-Orient pour promouvoir la prévention et la recherche sur le cancer du sein aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, au Koweït et en Jordanie. Selon la Maison-Blanche, Mme Bush visitera plusieurs centres de traitement et de recherche sur le cancer et lancera de nouvelles mesures de prévention. Elle examinera le nouveau partenariat entre les États-Unis et le Moyen-Orient pour la prévention et la recherche sur le cancer et discutera des moyens d’étendre son rôle. Elle profitera de sa présence dans la région pour rencontrer la veuve du cheikh Zayed, ancien président des Émirats arabes unis, le souverain saoudien Abdallah ainsi que le roi Abdallah II de Jordanie. Le président Georges W. Bush souhaite ainsi confier à son épouse le soin de promouvoir la diplomatie publique américaine, rencontrer des dirigeants internationaux et se rendre compte du fonctionnement du partenariat entre les États-Unis et le Moyen-Orient pour la prévention et la recherche sur le cancer du sein.

Pour finir sur une tonalité toute française, on attribue à la grande dame, Yvonne de Gaulle, cette boutade fort truculente : « Mon rêve de première dame ? Ne plus l’être ! ».


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