Ah ! Chabal ira, Chabal ira, Chabal ira !

par Loc Decrauze
lundi 8 octobre 2007

Les All Blacks refroidis, engrisaillés pour leurs vingt ans d’une unique et si lointaine victoire en coupe du monde de l’ovale... Plus très ronde pour eux la terre : dès leur haka, les gaillards de France s’étaient rapprochés de la ligne défiante.

Je l’avoue, l’épopée rugbystique française ne me laisse pas de marbre. Sans doute devrais-je me plonger dans la littérature d’Antoine Blondin pour mieux cerner ce ressenti instinctif, mais je préfère me dispenser de toute influence.

A côté des basiques règles du football, ce sport collectif mêle d’innombrables principes et procédures à respecter qui en font une discipline de la tête tout autant que des muscles.

Le XV à XXX français poursuit sa montée talentueuse, se débarrassant des plus expéditifs de la compétition, pour tenter une nouvelle euphorie collective, presque dix ans après celle pour le ballon rond.

Il fallait une figure charismatique et communicante, comme pouvait l’être le maestro Zidane, pour cette nouvelle aventure médiatico-sportive. C’est le guerrier chevelu, le Samson-Chabal qui détermine l’attraction. Le colosse au physique mythologique pourrait incarner la « nouvelle Renaissance » que l’Elysée appelle de ses vœux : indomptable, engagé sur tous les fronts, la mine hirsute et le regard sans concession sur le terrain, mais d’une virile affection le temps du combat passé, il entraîne les dépassements de soi.

Comme une leçon de résistance sportive, jusqu’à l’ultime engagement pour le collectif, la troupe de Laporte a résisté aux vifs assauts, au rouleau compresseur des Néo-Zélandais, jusqu’à maintenir le suspense sur le fil implacable d’une dramaturgie partagée.

L’entrée de Chabal a donné le souffle puissant, Michalak a délivré la vitesse lucide, et le groupe a surpassé ses appréhensions, a transcendé ses doutes pour que le si mince écart s’érige en roche Tarpéienne pour les Blacks, ouvrant la voie du Capitole aux Bleus inspirés.

Du lyrisme ronflant, sans doute, de l’enthousiasme disproportionné pour ce jeu populaire, je l’admets, mais lorsqu’un groupe parvient à surpasser tout ce qui plaidait contre lui, en mordant la verte galloise jusqu’au bout, cela incline à l’hommage, sans arrière-pensées ni dédain intellectualisant mal placé.

Chabal ira, Chabal ira, Chabal ira !


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