J. . & Caca Colo

par C’est Nabum
mardi 31 juillet 2012

Le paradoxe suprême !

Je vous prie d'excuser ce titre qui ne restera pas dans les annales mais le sujet vaut bien une petite facilité afin de signifier à quel point la firme omniprésente dans le grand cirque médiatique universel propose un produit de piètre qualité. Ce propos liminaire évacué, nous pouvons allons au fond de cet insondable mystère.

Comment ce qui est censé être la fête mondiale de la jeunesse et du sport peut-elle être associée intimement à une boisson responsable de l'explosion de l'obésité juvénile sur la planète ? Car tel est bien ce paradoxe suprême, la boisson qui éclate est un poison de sucre et de calories, un produit impropre à une pratique sportive sérieuse.

C'est encore le symbole que tout s'achète dans cette société y compris l'obtention de cette fête sportive. L'exemple d'Atlanta attesta alors que le choix des membres adipeux du CIO était fondé sur des critères obscurs qui échappent à la fiscalisation et la morale.

C'est toujours le paradigme d'une uniformisation globale pour imposer par tous les moyens un modèle économique fondé sur l'exploitation, le conditionnement, l'asservissement et le mensonge. La boisson insipide est présente sur toute la planète, elle est le porte flambeau d'une nation hégémonique, d'un modèle dictatorial qui nie la liberté des individus par des procédures bien plus ingénieuses que les tyrannies militaires.

La petite bouteille, et surtout l'affreuse cannette métallique, sont au cœur d'un rassemblement sportif qui n'a d'autre but légitime que de renforcer la folie consumériste des multitudes vautrées sur des canapés à admirer béatement les exploits des robots sur-vitaminés représentant les meilleurs spécimens des laboratoires de sélection génétique.

Sur les écrans, des athlètes musclés et parfaits sont admirés par des millions de corps adipeux, flasques et immobiles. C'est le paradoxe de ce sport d'élite que de se satisfaire de l'inaction des foules, de les éloigner des stades et des terrains de jeu pour qu'elles se contentent d'une activité physique par procuration.

Bourrés de soda, de produits issus des prouesses de l'industrie agro-alimentaires de qualité douteuse et artificielle, nos téléspectateurs stakhanovistes de l'épreuve olympique vont être des proies faciles au nationalisme d'opérette, aux marchands du temple et au vidage systématique du cerveau. Quelle belle ambition pour la jeunesse du Monde !

Et quand, indignité suprême, ce spectacle atteint des nations privées de tout, ce théâtre de l'abondance dégoulinante devient, pour ceux qui n'ont vraiment rien, le modèle absolu, le Graal à toucher un jour du bout du doigt. La Planète peut bien ne plus pouvoir supporter ce système absurde et mortifère, il continue d'être représenté comme la référence absolue, l'expression du bonheur et de la réussite.

Je devine qu'il n'y a rien à faire face à ce matraquage gigantesque, que mes mots de honte et d'indignation ne sont qu'une minuscule goutte d'eau dans un océan de boissons sucrées, gazeuses et mystérieuses, de produits salés ou glucosés d'un Mac qui fait le gros dos sous emballages brillants, plastiques et multiples. Pourtant, j'ose croire que la bataille n'est pas perdue, qu'il est encore possible d'ouvrir les yeux et de fermer ces bouches béantes qui avalent n'importe quoi.

Les jeux ne sont pas faits. Nous pouvons encore sauver notre Planète en boutant hors de nos cerveaux ces images trompeuses, ce modèle devenu obsolète et suicidaire, cette idéologie de l'égoïsme, de la cupidité et du mépris de l'avenir. Les Jeux ølympiques et leur cortège publicitaire sont une antique survivance du système libéral, celui-ci va disparaître à son tour. Il est grand temps que l'humanité triomphe et invente un modèle universel et respectueux de tous !

Olympiquement vôtre.


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