Lyon : Glasgow 3

par LM
mercredi 3 octobre 2007

On savait depuis le mois de mars dernier que l’Olympique Lyonnais n’avait pas les épaules pour la Coupe aux grandes oreilles, on sait depuis hier que le club d’Aulas et Perrin n’a plus les moyens d’aucune ambition. Si ce n’est française.

Avant le match au Camp Nou, Lyon avait triomphé de modestes messins, 5 buts à 1, faisant écrire à une certaine presse sous influence ou très fébrile, que la « machine OL » était « de retour ». Ladite machine qui prit une leçon de jeu, quelques jours plus tard, face à un FC Barcelone sur deux jambes, celles de Lionel Messi, et qui se joua des Rhôdaniens comme ces derniers s’étaient joués des Messins en championnat. Le FC Metz, on en conviendra, n’a certainement pas le niveau de la Ligue 1. Lyon, on en conviendra tout autant, démontrait au Camp Nou qu’il n’avait pas le niveau de la Champion’s League. Il n’y avait guère, dans les travées du vaisseau barcelonais, qu’un Alain Perrin comme d’habitude pétri de mauvaise foi et d’emphase méprisante pour prétendre que le match s’était joué sur « trois fois rien ». Trois fois rien, non, trois fois à rien, plutôt.

Hier soir, bis repetita. Quelques jours après une victoire que certains jugèrent probante, des Lyonnais contre le RC Lens de Jean-Pierre Papin, 3 à 0, le week-end dernier, les Lyonnais se présentaient à Gerland, face aux Glasgow Rangers, avec pour unique mission de gagner le match. Le RC Lens, soyons honnête, parviendra sans doute à se maintenir, mais aura bien du mal à figurer en haut du tableau, dans une Ligue 1 pourtant faiblarde. A Lens, comme à Lyon, on ne trouve pas d’entraîneur à la hauteur de la situation. Alain Perrin, tancé par Aulas après la déculottée du Barça, avait bien aligné le champion du monde italien, Fabio Grosso, d’entrée de jeu, contre les Ecossais. Pas d’audace tactique, cette fois-ci, pas de plan de jeu hasardeux. Du solide et, si possible, de l’efficace. Résultat : comme à Barcelone, trois buts encaissés, aucun but marqué. Et même si certains trouveront dans quelques transversales et un poteau des raisons d’y croire, rien n’y fait : l’OL a fait étalage hier soir de toute l’étendue de son manque de talents, offensifs comme défensifs, pour ne plus espérer, comme l’a avoué par la suite Juninho, qu’une place en UEFA.

Jean-Michel Aulas, intervenant avant son entraîneur, a souligné que son équipe n’avait pas si mal joué que cela. Qu’est-ce que ça aurait été dans le cas contraire... Le discours « aulassien » tenait en quelques mots : « il y a des soirs, comme ça... » et d’égrener ces moments perdus, le coup franc en fin de première mi-temps qui « aurait pu » permettre aux Lyonnais d’égaliser. Une litanie connue, un « si ma tante en avait » à la sauce rhôdanienne. Alain Perrin, dans la foulée, ne s’avouait pas non plus déçu par le « contenu » du match. A se demander s’il y a une défaite, un jour, qui arrivera à décevoir ce singulier entraîneur, à l’aise dans les petits clubs, mais brouillon chez les « grands », ou supposés tels. Mais toutes ces formules de politesse n’embrouilleront que les fans aveugles de l’OL, le constat demeurant accablant : deux matchs, deux défaites, aucun but marqué et six encaissés, difficile de faire pire.

Cette triste chute de l’ex-« ogre » lyonnai, a débuté au mois de mars dernier, par la démonstration de force, de finesse et de puissance de l’AS Roma, auteur d’un 2 à 0 de grande volée à Gerland, qui éliminait à l’époque les Gones, dès les huitièmes de cette épreuve fantasmée. Les passements de jambes ahurissants de Mancini, que Aulas et Lacombe auraient tenté en vain de recruter cette saison, ces passements de jambes raisonnent manifestement encore dans les oreilles lyonnaises, qui ne s’en sont jamais remis. Ce soir de mars-là, Juninho avait compris et confessé qu’il ne gagnerait sans doute jamais de titre majeur sous le maillot lyonnais, et certains comprenaient qu’il était temps pour eux de plier bagage, poursuivant ainsi l’étrange exode, saison après saison, des plus grosses forces du club. Essien, Diara, Malouda, Abidal, Tiago, un par un, ou deux, ou trois à la fois comme cette saison, les hommes forts d’Aulas reçurent l’autorisation de quitter les lieux, de migrer vers d’autres possibilités. Aulas, jamais, n’essaya de les retenir, prétextant un manque de moyen, pour lutter contre les très riches clubs d’Angleterre, d’Espagne ou d’Italie. Le patron de l’OL ne rate pas souvent l’occasion de jouer les pleureuses : contre le foot business, contre la réforme Platini, contre les journalistes, contre ceux, enfin, qui se « réjouiraient » des contre-performances de l’OL. N’importe quoi. Il y a quelques jours, il se félicitait pourtant de la progression du titre OL en bourse, titre dopé par l’annonce de la construction d’un futur grand stade à la hauteur des soi-disant ambitions du club rhôdanien.

A la bourse du football, aujourd’hui, l’OL ne vaut plus grand-chose. Une sorte d’Eurotunnel du ballon rond. Ce qui n’empêchera pas, sans doute, les Gones de se succéder à eux-mêmes, encore une fois, dans une Ligue 1 polonaise, ou bulgare, dont il dispute le leadership avec l’AS Nancy lorraine, actuellement. C’est de cela aussi, dont souffrent les Lyonnais : outre la perte de grands joueurs (partis ou blessés), c’est bien sûr la très grande médiocrité de notre championnat qui les tire vers le bas. Ce n’est pas un constat nouveau, mais certains en doutent encore, pétris de méthode Coué ou aveugles. Les faits, têtus, sont pourtant là : le champion d’Ecosse n’a pas eu à forcer son talent, hier, pour anéantir le sextuple champion de France. Et Daniel Cousin, ancien du Mans, pied carré au PSG, s’est joué de la défense lyonnaise comme Mancini avant lui, comme Messi, laissant Aulas eu désespoir et Perrin dans le pétrin. Trois sur l’échelle de Glasgow : coma profond.


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