Mondial de Rugby : Frangleterre ou l’aloi des sÚries

par Michel HARTMANN
jeudi 11 octobre 2007

Après les transports d’usage, observer la demi-finale Angleterre-France qui aura lieu samedi par le petit bout de la lorgnette et à la lueur des séries TV n’est ni scientifique ni trop sérieux, mais permet de faire le point d’une manière décalée sur certains indices. Décryptage.

Chapeau (melon) Messieurs les Anglais, vos bottes de cuir ont fait des prouesses. Et vous, Français admirables, avez-vous avalé la fameuse potion magique ? Vous êtes en tout cas, les uns et les autres, les Heroes des quarts de finale. N’en déplaise aux experts, bouter les envahisseurs sudistes hors de la compétition n’était pas mission impossible, même s’il y avait urgences.

Retour sur terre

L’avez-vous vu cette colombe, haut dans le ciel qui est venue se poser sur la barre des poteaux, ce Derrick, qui l’espace d’un moment a transformé le Millénium en Dallas ou en Las Vegas ? Elle portait le message de la victoire à ceux qui voulaient claquer Laporte au plus vite. Mais on n’apprend plus au vieux renard à faire la limace. L’entraîneur français qui ne se cache pas derrière le masque de Zorro pour galvaniser ses troupes a plus d’un tour dans son sac.

Retour sur terre pour tout le monde avant la confrontation qui nous opposera à nos Friends les Anglais : Austerlitz ou Waterloo ? Azincourt ou Fontenoy ? C’est en pensant à cette dernière bataille, qui s’est déroulée le 11 mai 1745, que nous lancerons "Messieurs les Anglais, tirez (-vous) les premiers !". Indice numéro 1 : Oublier le fair-play.

La vieille France

Mais bien malin qui peut prédire le résultat même si la France part avec quelques avantages. L’avantage évident du terrain et du public d’abord. L’avantage psychologique ensuite : défaire les ultra-favoris qu’étaient les All Blacks apporte un léger plus au XV français. Autre petit avantage, celui qui, au nom de la loi des séries fait que les deux dernières confrontations, lors des matchs de préparation, ont vu des victoires françaises. Indice numéro 2 : l’ovalaptitude.

Les joueurs anglais craignent le pack français, formé, selon leurs dires de joueurs « vieux et rusés ». C’est donc cette vieille France qui devra faire face à la perfide Albion. Un petit détour par l’encyclopédie en ligne Wikipédia nous en apprend d’ailleurs de belles à ce sujet.

Et la perfide Albion

Parmi les faits sur lesquels cette réputation de perfidie - qu’elle soit justifiée ou non - peut prétendre éventuellement s’étayer, explique l’encyclopédie, se trouvent des faits de guerre perçus comme ne respectant pas les usages de leur époque.

En 1415, à la bataille d’Azincourt, les Anglais achèvent - sur ordre de Henri V et contre tout code d’honneur médiéval - les chevaliers français à terre qui refusent de se rendre ou de payer une rançon. En 1755, sans déclaration de guerre, les Britanniques capturent 300 navires de commerce français et emprisonnent 6 000 marins. Indice numéro 3 : Payer sa dette.

Le poids des mots

Mais si le passé, c’est le passé, il est parfois nécessaire de souligner les imperfections des adversaires et d’occulter les nôtres pour se charger de hargne et de rage de vaincre. Car c’est d’abord à ce niveau que se trouve la clé du succès. Inutile de finasser, contentons-nous d’un leitmotiv simple : « Aller jusqu’au bout »

Les mots, eux aussi savent aussi s’en servir, la preuve en a été faite contre les Australiens qui ont été, paraît-il harangués par les British tout au long du match. Les Anglais affichent « Hope and Glory » sur leur avion ? Laissons-leur la « Hope » et gardons la « Glory ». A eux la petite maison dans la prairie, à nous le trophée. A nous le festin, à eux les "Bones". Indice numéro 4 : Parler plus fort, voir plus loin.

Jonny s’en va-t-en guerre

En plus de sa ferveur, la Blanche équipe anglaise compte sur sa pièce maîtresse en la personne de son ouvreur-buteur Jonathan Peter (Jonny) Wilkinson. Même si pour certains, il apparaissait comme fini à cause des nombreuses blessures qu’il a malheureusement eu à subir, il possède le sang-froid d’un MacGyver, pour faire mouche au moment ultime. Il a offert la coupe du monde à son équipe sur un drop à la dernière minute de la prolongation contre les Australiens en 2003.

Le jeu anglais se résumera donc à un jeu au pied sans imagination, à des drops et des pénalités si le français tombe dans le piège qui lui sera (certainement) tendu. Pour que ce piège se referme sur les gars de la Rose il suffit d’y glisser ce vieux démon qui hante le rugby français : l’incapacité d’aligner deux victoires importantes de suite lors d’un mondial. Indice numéro 5 : Rêver les yeux ouverts.

Un pronostic

Nous n’en sommes pas encore aux affaires classées et il faudra attendre les cinq dernières minutes du match pour en connaître le dénouement. Un pronostic pour Frangleterre ? Un choc, des étincelles, une victoire. Gagner, dernier indice.

Vous pouvez retrouver cet article dans le dossier Mondial de rugby du site evenemonde.info


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