Morosité sportive

par Frédo45
vendredi 14 septembre 2007

Quelle déception ! Après les athlètes hors-piste, les rugbymen à côté de leurs chaussures à crampons, voilà que ce sont les footballeurs marqués du coq qui s’effondrent face aux très modestes Ecossais. Et c’est tout le sport français qui fait grise mine.

L’équipe de France de football a donc chuté et remis en cause sa participation à l’Euro 2008, face à l’un de ses concurrents directs : l’Ecosse. Tenaces ces Ecossais ! Ils ont remporté ce mercredi leur deuxième match d’affilée contre les Français. Ceci sur le même score et en usant de la même stratégie ! Certes, ce n’est guère génial, mais terriblement efficace. Une frappe ! Un but ! Et voilà donc le XI tricolore qui fait écho au XV battu quelques jours auparavant par les Argentins.

Et quand on y regarde de plus près : que de similitudes entre ces deux équipes. Quelles sont leurs caractéristiques ?

Un jeu ultra-défensif


Les footballeurs avaient muselé les attaquants italiens quelques jours avant cette défaite au Parc des Princes, ne laissant que des bribes aux stars du Calcio. Contre l’Ecosse, les visiteurs ont encore une fois très peu d’occasions, mais une absence au duel, une frappe soudaine de l’Ecossais Mac Fadden et une faute de main de Landreau ont suffi au bonheur des Celtes. Pour les rugbymen, même constat la défense est solide. Elle l’a prouvé contre l’Angleterre et le Pays de Galles en match de préparation et c’est sur un contre que les Argentins par l’intermédiaire de leur arrière Corletto ont réussi à faire le break décisif.

Une absence de spontanéité
Là aussi, de drôles de similitudes ! Mercredi, on a souvent vu les Français ne pas savoir quoi faire de ce maudit ballon rond. Souvent bloqués, en panne d’inspiration, ils ont aussi manqué d’initiative. Un contrôle de trop dans la surface, une frappe que l’on n’ose pas décocher, des frappes que l’on décoche par désespoir de cause. Et le même embarras du côté des joueurs de Bernard Laporte. Des choix peu judicieux et peu de tentatives folles pour désarçonner les étalons de Buenos Aires.

Un adversaire attentiste

Que ce soit du côté argentin ou du côté écossais, le schéma tactique était clair : prendre son temps et provoquer la faute. Tactique payante dans les deux cas face à des joueurs plus habitués à contre-attaquer qu’à créer et à innover ! Dans les deux cas de figures, les techniciens français ont vu leur stratégie détruite par la qualité du coaching adverse.

Des erreurs techniques
Si la supériorité des Français sur le plan technique n’a pas fait de doute, notamment en football, on a vu des joueurs commettre des erreurs techniques inhabituelles. Un jeu au pied défaillant, des passes mal ajustées ou parfois même de trop pour les rugbymen, des centres ou des contrôles loupés pour les footballeurs. Et sur ces ballons perdus, des situations rapidement dangereuses, notamment l’interception argentine sur cette passe de Rémi Martin qui mène à l’essai.

Avant, on vantait le carré magique ou le french flair. Aujourd’hui, les équipes de France sont marquées du sceau de la rigueur. Certes, les Français ont été champions de monde en 98 sur ces bases. Certes, le XV de France a remporté le tournoi des 6 nations avec cette imperméabilité. Mais cette volonté de ne pas prendre de points ou de buts mène à une incapacité des joueurs à créer dans ces systèmes fermés. Et l’on s’ennuie, on s’ennuie ! Certes, l’équipe de France n’a pas gagné la Coupe du monde de football en 82 et en 86. Certes, Blanco, Sella et autres acolytes n’ont pas soulevé la Coupe Webb Ellis, mais ils étaient des perdants magnifiques, héroïques. Et je crois que le Français que je suis préférera toujours les déçus volontaires et magnifiques que les vainqueurs froids et rigides. Et je ne suis pas le seul, c’est sûr ! Combien préfèrent Poulidor à Anquetil ? Et des exemples de ce genre, il y en a des tas ! Alors, Messieurs qui travaillez à la DTN de ces deux sports, lâchez les talents, ouvrez les écoutilles de la folie douce, que l’on s’attache enfin à ces gladiateurs des temps modernes !


Lire l'article complet, et les commentaires