Artur Jorge, le prince du parc s’en est allé

par Coeur de la Beauce
vendredi 23 février 2024

S'il y a une équipe de foot au paradis, elle vient de s'offrir le meilleur entraineur qui soit. Artur Jorge nous a quitté, vaincu en prolongation par une longue maladie, démontrant qu'on ne peut toujours gagner.

Pour notre génération, il fut l'homme du PSG version Canal + et ses joueurs brésiliens exceptionnels, les Raí, Valdo, Ricardo, qui complétaient les Roche, Kombouaré et surtout le puissant "King-kong" Weah comme lui-même se surnommait, à une époque où le "woke" n'existait pas. Une époque où le PSG perçait enfin, pour remporter une coupe d'Europe en 1996.

Artur Jorge a illuminé du soleil portugais tous les clubs où il est passé. D'abord honorable attaquant durant sa carrière de joueur (à Benfica), il devint l'entraineur du FC Porto où sévissait Rabah Madjer et ses talonnades magiques. Il remporta un titre européen, ce qui était loin d'être évident avec un club lusitanien dont le football est souvent sous-estimé. Auparavant, il fut sélectionneur de l'équipe nationale, puis entraineur du fantasque Matra Racing ("Racing Matra, Paris vaincra..." vous vous souvenez ?) sans âme populaire qui ne perça pas, contrairement à l'équipe de rugby qui survint à toutes les époques.

On se souvient de l'homme à la moustache, typique portugais digne d'une BD d'Astérix, toujours calme, fin tacticien, respecté de tous à commencer de ses joueurs. A l'époque, l'entraineur avait l'autorité sur l'équipe, ce qui est moins le cas de nos jours avec les égos mégalos des MBappé et autres Neymar.

Fait peu connu, Artur Jorge se forma au métier d'entraineur en... République démocratique allemande, à Leipzig où existait un centre de formation international. Cet enseignement germano-socialiste peut expliquer son goût de l'organisation bien faite, de la discipline alliée à l'écoute de tous et de la stratégie. Si la RDA n'était pas une grande nation de football, il y existait un savoir-faire en matière sportive qui forgea des champions, dopage à part en bémol.

Artur Jorge aura incarné une génération d'entraineurs virils et combatifs, appréciés des supporters et incontestables par leur talent. S'il a perdu son ultime match face à la maladie, personne n'oubliera son palmarès et tout ce qu'il a apporté au football européen. Un maitre du football s'en est allé...

 

Le match d'anthologie face au Real en 1993...


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