Oleg de Normandie, le Penseur d’Odin & le clan Hugin et Munin, ou la lutte des classes viking

par Jérémy Cigognier
mardi 24 octobre 2023

Voici trois créateurs de contenus sur Internet.

Le premier, Oleg de Normandie, est un auto-entrepreneur contre-historique, au travers de la marque l'Esprit viking ; son révisionnisme néopaïen est ubuesque. Le deuxième, le Penseur d'Odin, a l'honneur de se faire connaître sous son vrai nom, et c'est un entraîneur auto-édité ; il s'inscrit dans un régio(natio)nalisme pyrénéo-français, nourri de néopaganisme servant à construire sa légende personnelle. Le troisième enfin, fondateur du clan Hugin et Munin, se laisse essentiellement surnommer Crom Cruach, pratiquant de reconstitution historique ; à la différence des deux premiers, il ne s'affirme pas fervent de l'ancienne religion germano-scandinave, mais il tolère dans ses parages des néopaïennes – quand elles sont jolies et qu'elles l'adorent.

Ces trois créateurs de contenus sur Internet, ont en commun une lutte des classes viking.

Voyons comment.


Sources : Oleg de Normandie, le Penseur d'Odin
et le clan Hugin et Munin (mis en scène par lui-même)

 

Oleg de Normandie

Il ne vous serait certainement jamais venu à l'esprit de situer l'Atlantide en Finlande, et d'en faire découler une race blanche ayant inspiré les pyramides d'Egypte, les Hmongs d'Indonésie, l'or des Incas ou les temples Aztèques. C'est pourtant un résumé des thèses d'Oleg de Normandie avec, cela va sans dire, les vikings au centre de l'équation. Car ils viennent du dernier âge glaciaire voilà 12.000 ans, à preuve un refroidissement dramatique du Pôle Nord autrefois chatoyant, dont tel mammouth congelé dans la glace. Oui, pour Oleg de Normandie, les vikings étaient aussi des hommes de Cro-Magnon.

Cela dit, laissons-lui de ne pas remonter aussi loin que les tenants de l'hypothèse des Ancient Aliens si courante dans le New Age, et pourtant Oleg de Normandie est bel et bien un New Ager, ayant trop mariné dans les lectures de Jean Markale et Jean Mabire – ou leur syncrétisme, pour être précis.

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Plus récemment les vikings, qui étaient aussi les Gaulois selon notre champion, ont combattu l'Empire Romain, d'abord sous la forme des Mérovingiens qui naturellement ne se sont jamais convertis au christianisme, et les méchants de l'affaire sont naturellement les Romains bientôt chrétiens. Si vous voulez, c'est Assassin's Creed Valhalla version Oleg de Normandie, ou bien Star Wars, car au fond ses hyper-vikings furent de toutes les guerres anti-esclavagistes, eux si libertaires qu'ils n'eurent et ne commercèrent aucun humain. Les rebelles contre les impériaux...A ce niveau, Oleg de Normandie se paye le luxe de citer Joël Supéry, un vikingologue du Sud-Ouest affirmant que les vikings auraient exploité la Vasconie pour un tel trafic, en s'alliant aux Vascons. Sauf qu'Oleg de Normandie lui fait dire le contraire de ce qu'il dit, pour étendre le domaine de "la vikingité dans l'Histoire" : c'est tout ce qui intéressait notre champion. Oleg de Normandie aurait pu citer Dan Derieux pourtant son "ami FB" : un libertaire d'inspiration viking nourri aux meilleures sources – à commencer par le sempiternel Régis Boyer – car Derieux a l'honneur de dire qu'on trouve des salauds partout et que la société viking, issue des clans germano-scandinaves tardifs (féodaux), avait ses esclavagistes et ses rebelles, comme partout.

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Mais non : bien que Joël Supéry écrive une Histoire controversée et que Dan Derieux s'appuie politiquement sur une certaine idée finalement pop de la vikingité, ces singularités ne pouvaient pas suffire à Oleg de Normandie, qui doit avant tout garder la face dans sa démarche ubuesque, depuis qu'il l'a entamée masculiniste, à vanter sa bonne musculature sur les réseaux et donner des conseils pour que d'autres l'épaississent avec lui. La radicalité d'Oleg de Normandie est celle d'un néo-nazi, manifestement, entre aryanisme nordique et antisémitisme primaire : son antimonothéisme en découle, alors qu'il y eut des Sémites polythéistes et acculturés jusqu'en Europe.

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Ce serait resté anecdotique, si notre champion ne faisait pas près de cent mille abonnés, et tous les milieux néopaïens contemporains doivent se démerder avec ses patates chaudes, soutenues par des loubards ayant soif d'en découdre avec un peu tout et rien, tout le monde et personne, du moment qu'ils se sentent radicalisés, surtout sur les réseaux sociaux. Le problème, c'est que leur dualisme sociopolitique est du même tonneau (et du même niveau) que le djihadisme jouant l'Islam contre Sheïtan.

Comme dans une science-fiction de Dune réalisée, on pratique allègrement "la conscience raciale" en vue d'un indigénisme blanc. Il s'agit bien d'une décompensation sociatrique face au djihadisme, en effet, qui a besoin de s'en donner l'impression de vigueur, Blancs versus Gris.

 

 

Le Penseur d'Odin

Le Penseur d'Odin (qui a l'honneur de se laisser connaître sous son vrai nom de Grégory Chanfreau) a vu et diffusé les thèses d'Oleg de Normandie, avec lequel il a quelque contact. C'est en voyant sa vidéo sur Joël Supéry et en se maquant avec une amatrice New Age de la série Vikings, que notre nouveau champion se sent pousser un marteau de Thor à l'entre-jambe. Lui aussi sportif, mais en dehors du culturisme d'Oleg de Normandie car issu du football, ce champion décide de mettre ses talents et son énergie d'entraîneur au service de l'entertainment régio(natio)naliste viking.

Avec un peu plus de dix fois moins d'abonnés qu'Oleg de Normandie, onze mille, le Penseur d'Odin est devenu en quelques années un défenseur "légitime" du néopaganisme, au point d'être adoubé par le magazine Keltia n°62... Le magazine Keltia ? Oui comme on le voit, notre Penseur d'Odin (dans sa fameuse pose du vrai Penseur de Rodin... pose caricaturée par Philippe Geluck avec le Chat : "Putain quelle belle bite") a jugé bon de penser tout ensemble les Celtes et les vikings, en cela bien inspiré par Oleg de Normandie.

Enfin ça n'aurait pas aussi bien marché, si tout le milieu néopaïen n'était pas peuplé – comme tout le monde, au reste – de néophytes historiques (ça n'allait déjà pas en s'arrangeant cette dernière décennie, ce n'est pas terminé) : on n'aboutit pas jusque dans le magazine Keltia sans cela. Mais auparavant déjà, c'était tout le milieu néodruidique qui était pauvrement celtomane, car les cultures de l'Europe non-méditerranéenne, du fait qu'elles ne pratiquèrent pas ou peu l'écriture, laissent libre cours à tous les fantasmes néophytes. Conquises par les Romains ou plus tard par les chrétiens sur les ruines romaines à cause de clans germaniques convertis et féodalisants, les cultures issues des Celtes et des Germano-Scandinaves sont devenues le lieu imaginaire de toutes les contre-cultures New Age dès les années 1960 (on a déjà cité Jean Markale et Jean Mabire).

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Le Penseur d'Odin eut donc les belles occasions d'avoir un article dans Keltia, de donner une conférence à la médiathèque de Saint-Gaudens son bastion régio(natio)naliste, et d'être préfacé par Joël Supéry pour son roman intitulé risiblement Gasckings ou Gascons vikings. Mais, il faut le dire, Joël Supéry s'était déjà contenté de la vidéo contre-factuelle d'Oleg de Normandie à son sujet, en la diffusant lui-même avec un commentaire condescendant : c'est qu'il avait une nouvelle fois besoin de promotion locale... Et dire que Michel Onfray avait préfacé Joël Supéry... toute une constellation de "penseurs" qui permettent à celui "d'Odin" de capitaliser.

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Pour vous dire : le Penseur d'Odin mélange pêle-mêle les Celtes et les Germano-Scandinaves (et je ne parlerai pas des Hellènes fourrés et foutus au milieu pour ratisser large, "tout sauf romain" même si les Romains ont le mythe le plus proche des Hellènes) mais son pseudo-régio(natio)nalisme va jusqu'à prétendre que le gascon est une langue d'héritage druidique, du fait qu'on trouve de nombreux lieux gascons nommés sur la base du gascon casso, chêne... Alors pour les néophytes (en dehors de notre champion lui-même) et puisque ce champion est tout de même moins ubuesque que le premier, ses contrefaçons se voient moins.

Le gascon est une langue vasco-romaine. Rien de druidique donc, et d'ailleurs les Romains vénéraient aussi les chênes à leur façon : si ce n'est à l'abondance de chênes en Gascogne, c'est aux Romains que l'on doit la toponymie en langue gasconne, dans les premiers siècles de la christianisation.

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Mais il est vrai que l'erreur collective sur laquelle surnage le Penseur d'Odin est générale en France, France à laquelle il s'identifie d'ailleurs dans son régio(natio)nalisme : l'enseignement romantique de la IIIème République unifia nos contrées, sur la base du mythique "nos ancêtres les Gaulois", alors que "les Gaules" sont une construction romaine, sur la base du mot celte galatos – fort, vaillant. Or, ayant conquis l'Hispanie avant la future Gaule, et bien que la contrée sub-garonnaise fut ibère, on ne s'embarrassa pas cartographiquement ni administrativement : le sens pratique romain nomma "Gaule aquitanique" une contrée peuplée par des clans ibères, mais non pas celtes – quoi que matériellement influencés et menacés par les Celtogaulois au Nord et les Celtibères au Sud. D'ailleurs, Saint-Bertrand-de-Comminges, antique Lugdunum Convenarum (capitale locale, le Mont Lug des Convènes) doit bien plus probablement son nom au mimétisme romain avec Lyon (Lugdunum, capitale des Gaules) et à l'expansion idoine du celtisme.

En fait, dans son entertainment/entraînement (c'est la même racine) le Penseur d'Odin perpétue le romantisme en romançant au sens propre comme au figuré puisqu'il s'invente, régio(natio)natliste, le Comminges et la France de ses rêves "néo-gallicans".

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A la manière d'Oleg de Normandie, ce Penseur se veut "anti-système", contre les "sachants", tout en espérant devenir le connaisseur systémique de référence. Grégaire comme tous les renégats, il attire à lui de nombreux renégats grégaires, qui se tiennent froidement chaud sur les réseaux sociaux... enfin c'est dans la veine d'Astérix, y compris voire surtout quand ça se mélange avec les vikings. Et ça cultive le passéisme IIIème République devenu zemmourien, alors que le Sud-Ouest est une aire ibère.

 

 

Le clan Hugin et Munin

Bon. Jusqu'ici, nous avons parlé de néopaïens mais, comme on l'a introductivement lu, Crom Cruach du clan Hugin et Munin n'est pas néopaïen. C'est un reconstituteur historique qui tolère les néopaïennes dans ses parages, surtout quand elles sont jolies et qu'elles l'adorent. Car Crom Cruach fonctionne comme le Dieu Barbare dont il tire le nom, dans l'univers fictif de Conan : en raillant et frappant les plus faibles que soi. Le cliché du viking, en somme. Bien entendu, c'est une contrefaçon de cet univers fictif, mais c'est néanmoins un point qu'il a en commun avec Oleg de Normandie et le Penseur d'Odin : vouloir se gonfler le muscle et le bulbe.

Toutefois, de base, Crom Cruach est un Dieu celtirlandais réputé (peut-être à cause des calomnies chrétiennes) pour être un grand sacrificateur. Cela n'arrange rien au cas du dernier des champions, puisqu'il rejoint la clique des amalgameurs "celto-vikings" (avec ce droit sur les deux premiers champions, qu'il ne se veut pas néopaïen, que c'est avant tout un contemporain, et qu'après tout il est libre de puiser insouciamment dans la world culture en tant que citoyen enfin tout de même : il a une responsabilité dans les milieux !). Or même Conan le Barbare, même les Celtirlandais, avaient un sens de la justice...

Ce Crom Cruach non : le dernier des champions travaille à plusieurs, comme une bande de racailles, à bourriner/sacrifier à tire-larigot sans distinction dès que ça lui semble fumeux : ses sbires le laissent troller allègrement (c'est-à-dire saboter/saccager un débat sur Internet) avant de le seconder en abondant dans son sens, par les systèmes de validation que permettent les réseaux sociaux. Et quand ça ne va plus évidemment, l'usage de "la lâche force" des réseaux pour les (pseudo)modérateurs, est de mise : suppression et bannissement pour se donner raison. Ceci étant les deux autres champions font de même, laissons-leurs-en la liberté (tout le monde en fait usage, parfois contraint et forcé) surtout dans leurs domaines. Mais c'est dommage que le dernier des champions puisse se vanter d'avoir travaillé avec Alexandre Astier, RIP.

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C'est d'ailleurs exactement ainsi que procèdent Oleg de Normandie et le Penseur d'Odin, avec cette intelligence supplémentaire sur le clan Hugin et Munin, que nos deux premiers champions ne s'acharnent pas en bande organisée – quoi qu'ils n'hésitent jamais à s'acharner dans leurs genres. Malheureusement pour eux, il est vrai, leurs rancoeurs ont rencontré le dégoût du polythéiste contemporain, simple journaliste citoyen AgoraVox à ses heures perdues, qu'est votre serviteur (comme, au reste, de larges pans du polythéisme contemporain, toutes traditions confondues : les justes sont débordés par les faux-malgré-eux, à cause de ces opportunistes-faux c'est le lot commun à l'heure des réseaux sociaux).

Oleg de Normandie est un excellent metteur en scène, usant de techniques de dramatisation journalistiques éculées pour vendre : tout en attaquant les "journalopes" dans son complotisme contre-historique, il suscite de nouvelles peurs, tandis que le Penseur d'Odin est un entraînant prosateur, jouant un peu moins grossièrement de victimisation et qui se sert de ses états d'âmes craintifs certes en cela bel & bien poète, laissons-le-lui. Crom Cruach aussi a une qualité : ce n'est de loin pas Boileau mais il aime la satire, alors il satirise en bande organisée dans son domaine.

On lui doit des portraits nécessaires, tels que celui du Jean Ragnar (le fan de la série Vikings qui croit y avoir tout compris) dont ressortent d'ailleurs Oleg de Normandie et le Penseur d'Odin. Ou bien la satire du Captain Histo, qui lors d'événements entre reconstituteurs prêche toujours des convaincus, "mais bon que veux-tu il faut aussi reconstituer avec les moyens du bord"... satire dont Crom Cruach ressort lui-même in fine, puisqu'il s'y adonne devant Oleg de Normandie, le Penseur d'Odin, Joël Supéry et Dan Derieux, sans comprendre que Joël Supéry et Dan Derieux, sont autrement plus sérieux que nos trois champions réunis, lui compris. Joël Supéry et Dan Derieux, tout comme Crom Cruach, s'adonnent à des recherches historiques : alors le dernier des champions se tire des balles dans le pied avec ça.

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C'est là que le clan Hugin et Munin, qui pratique l'autodérision lui-même en se nommant "le clan H&M", démontre le beau bazar auquel Crom Cruach le résume. Secret de polichinelle dans les milieux sérieux de la reconstitution historique : l'ostracisme guette H&M, à cause de ses clowneries. Face à cela, gageons qu'H&M réagira avec plus d'histrionisme encore : les paris sont ouverts. Mais sûr que les vieux effrois antipaïens feront encore longtemps, bêtement et méchamment surface, avec de tels Crom Cruach qui invalident les religions tout en plébiscitant les néopaïennes (les femmes, pas les religions).

 

 

Bilan : la lutte des classes viking

Ces trois créateurs de contenus sur Internet, ont en commun une lutte des classes viking. Nos deux premiers champions, quoi que le sens commun les situe volontiers à l'ultradroite à cause de leur invocation néo- et pseudo-viking, jouent leur "vikingité" contre le monde, fatalement "néo-romain", en usant finalement des mêmes armes que lui : j'ai nommé l'opportunisme.

Ce faisant, ils s'aliènent non seulement les néopaïens romanisants sincères, mais ils aliènent tous les amalgameurs des Celtes et des Germano-Scandinaves (or ils sont nombreux, si on élargit aux cercles encore plus répandus des amateurs de fantasy, qui motivent l'imaginaire collectif de nos sociétés) et nos deux champions s'aliènent aussi eux-mêmes, puisqu'ils s'expriment en langues romanes massivement française : un antique latin vulgaire, parlé par des Germains romanisés puis christianisés. J'ai nommé les Francs qui, selon le roman national IIIème République récemment rabâché par Eric Zemmour et Philippe de Villiers, ont fondé la France lors du baptême de Clovis, sur la base de "nos ancêtres les Gaulois", les Gaulois romanisés, les Gallo-Romains.

Or, reniant leurs lignées romanisées puis christianisées dans la féodalité, Oleg de Normandie et le Penseur d'Odin renient paradoxalement une part de leurs ancêtres – dont le culte est essentiel, quand on est polythéiste. Un polythéiste contemporain est obligé d'admettre qu'on fait avec son temps, et que l'héritage chrétien est réel.

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Cela, le clan Hugin et Munin et son dernier des champions, Crom Cruach, l'admet volontiers, mais dans son bazar il est antispirituel de son propre aveu, et contradictoire avec sa tolérance pour les joliesses néopaïennes qui adorent ses entourloupes. Bien que Crom Cruach cherche à ne pas entourlouper sur la marchandise "viking", à la manière des chercheurs Joël Supéry et Dan Derieux, il n'en reste pas moins qu'il tape, et tire à tort et à travers accompagné de ses sbires, en menant une lutte des classes viking contre ce que le sens commun nomme d'ultradroite. Aussi rejoint-il le clan des entourloupeurs avec Oleg de Normandie et le Penseur d'Odin, sans problème. Tous autant qu'ils sont, ils essentialisent leurs ennemis idéologiques, et mènent des guerres ou des guérillas internautiques radicalisées, Crom Cruach ayant pour lui le nihilisme des redskins, qui ne vaut pas mieux que le djihadisme-miroir des deux autres.

Tous les trois veulent avoir le plus gros marteau de Thor entre les jambes, clamant qu'ils n'ont pas "Thor", se prenant pour la foudre divine s'abattant sur leurs ennemis, finalement à peine bons pour jouer dans un énième Marvel (acteur de festivals médiévaux, Crom Cruach a certainement un avantage sur les deux autres pour ça...).

Bref, c'étaient leur lutte des classes vikings. Mais sans viking, ni classe.

 


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