Lettre ouverte aux païens dont je suis, et aux monothéistes en général

par Divitiac I. Desgoths
vendredi 3 février 2023

Relativisons. Mettons en perspective.

 

Je suis païen, je ne suis pas sataniste... même si des satanistes se disent "païens".

Je suis païen, je suis polythéiste : il n'y a que des satanistes pour se sentir des miens, ou des monothéistes pour me reléguer au satanisme. Mais comment croirais-je au diable, si je ne crois pas au bon dieu ? En tout cas, pas que au bon dieu, ou pas ce bon dieu-là en particulier (par exemple, le Dagda celte, signifie nominalement "bon dieu"...).

Je suis païen, et les satanistes me font rire par leur incohérence, surtout quand ils prétendent rejeter le dieu hébreu, puisqu'ils ne tirent leur satanisme que de son mythe à lui, au dieu hébreu ! Avec eux les lucifériens, même quand ils prétendent que Jésus serait Lucifer, en latin : "le porteur de lumière"... quel intérêt aurais-je pour le luciférisme ? puisque ça vient de son mythe à lui, au dieu hébreu !

Je suis païen : je n'ai aucun intérêt à m'intéresser à l'hermétisme juif, pour en soutirer une Lilith, qui est en fait une ancienne stryge sumérienne nommée Lamashtu... une stryge : prototype d'ange ailé !... Pourquoi trouverais-je génial que Lilith soit la première femme d'Adam ? puisqu'elle vient du mythe hébreu. Pourquoi trouverais-je génial, qu'une ancienne stryge monstrueuse nommée Lamashtu, soit vénérée ? Elle ne le fut jamais, pas même à Sumer.

Je suis païen : je peux certes m'intéresser au monothéisme, à titre culturel, et je peux certes m'intéresser à l'hermétisme, pourquoi pas à titre magique... mais cela ne me définit pas comme païen.

Je suis païen : ce qui me définit comme tel, c'est le culte des Ancêtres et des Dieux, en lutte contre les monstruosités, et contre les beautés illusoires !

Ainsi, en tant que païen, il n'y a pas à être sommairement et paniquement antimonothéiste. On aurait beaucoup de mal à me faire dire ça. Je veux dire, en dehors des fallaces.

Moi, tant que ce dieu reste l'hénothéiste hébreu qu'il aurait dû rester, même incarné en Jésus et parachevé par Mahomet, il a des traits qui me siéent : c'est un dieu en notre ressemblance... c'est lui qui dit nous avoir créé en sa ressemblance, du moins l'est-il dit, dans ses écritures. Cette ressemblance, en tout cas, est tout à fait exacte quand on y pense. Il est profondément humain, quand il veut, pour le meilleur et pour le pire : l'ego-même en personne !

Mais quand les faibles ont cru bon de ne valoriser que leur faiblesse, ils ont prétendu que, parce que celui-là serait fort (facile quand même, d'être fort avec les faibles !), il serait tout-puissant, le seul et unique... faut resituer. Dans la Bible il n'est pas écrit : "Je suis le seul vrai dieu unique, les autres sont faux". Pas même dans les commandements.

Les commandements sont le fruit paranoïaque (comme le Coran) d'un peuple aux abois, qui doit faire culturellement corps autour de l'arche d'alliance. Ainsi de commander pour commencer :

1. Tu ne te feras‭‭ point d’image taillée‭, ni de représentation‭ quelconque des choses‭ qui sont en haut‭ dans les cieux‭, qui sont en bas sur la terre‭, et qui sont dans les eaux‭ plus bas que la terre‭.‭ Tu ne te prosterneras‭‭ point devant elles, et tu ne les serviras‭‭ point.
2. Tu n'auras pas d'autre Dieu que moi.
3. Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain.
4. Souviens-toi du jour du sabbat.

S'il était si fort, il n'aurait pas commandé cela... Sa force vient du surnombre vindicatif, c'est tout. Du débordement.

Or il faut considérer que Jésus, incarnation ou pas du dieu hébreu, reste un prophète voire un messie, dans ce seul peuple. C'est dans l'évangile : "je suis venu pour la maison d'Israël..." Idem de Mahomet.

Leur seul problème, c'est un universalisme en fait... hérité de la philosophie grecque !

D'ailleurs, Jésus dans l'évangile dit aussi que "ceux qui vous fermerons la porte, passez votre chemin". Le prosélytisme n'a rien de comparable à ce qui s'est imposé dans l'Empire romain. Le Coran aussi, dit qu'il ne faut pas discuter avec "les discuteurs", et laisser les pacifiques en paix.

C'est saint Paul, selon l'analyse de Nietzsche, qui a tout fait foirer. Ils ont généralisé le ressentiment : universalisé la vindicte des faibles, en faisant passer le dieu hébreu pour fort... ils n'avaient que leurs débordements pour eux. L'islam le communiqua aux moudjahidin...

Moi je trouve que c'est "logique" aussi, que le dieu des faibles se serait mythiquement incarné en Jésus. C'est un Dieu humain, comme on dit aujourd'hui, qui fait du bien dans la faiblesse... Jusqu'ici tout va bien. Les déboires de Mahomet sont dans la veine.

Mais seuls les juifs messianiques aujourd'hui, valent la peine, ou bien la secte nazaréenne de Yacob (Jacques), frère de Yeshoua (Jésus). Les protestants qui cherchent à épurer et raccorder avec l'esprit vétérotestamentaire, sont à ce titre édifiants, et l'on peut considérer les USA comme une Nouvelle Israël : les antisionistes, n'ont pas tort de s'imaginer un axe sioniste, même s'ils le font pour de mauvaises raisons. Et évidemment, les musulmans discrets.

En fait, c'est un dieu qui voulait imposer une forme de monachisme, à tout le peuple. Et ça a frappé les esprits, à l'époque. Que ceux qui veulent le suivre, jusqu'à son dernier prophète - ou pas - Mahomet, s'adonnent à ce monachisme.

Mais qu'ils n'en veulent pas à l'agitation des autres !

Qu'ils s'y adonnent comme ils devraient s'y adonner. Le prosélytisme lourd, l'expansionnisme violent, ça suffit.

Place à un monde adogmatique, polydoxe, hétérodoxe, multipolaire, à tous les niveaux... où les fervents restent dans les coins qu'ils veulent.

 


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