Ces malades qui nous gouvernent

par Altiplano
lundi 13 février 2006

L’hospitalisation du Président Jacques Chirac au mois de septembre 2005 et le coma dans lequel se trouve plongé le Premier ministre israélien Ariel Sharon ravivent la question toujours délicate de la santé des dirigeants politiques. En France, ainsi que dans de nombreux autres pays, le secret médical et le mensonge ont souvent fait office de communication. La mésaventure de l’ancien médecin de François Mitterrand, Claude Gubler, rappelle que la santé du président de la République n’est pas celle du tout venant.
L’une des raisons avancées par les tenants du secret médical vise les gouvernements étrangers et leurs différents services de renseignement en quête perpétuelle d’informations concernant la vie publique et privée des gouvernants.
La CIA a récemment déclassifié un document datant de 1979, paru dans la revue Studies in intelligence, et consacré à "la santé des very important patients"... Cette étude s’intéresse à la façon dont la CIA s’est informée avec plus ou moins de succès sur la santé des présidents Georges Pompidou (France), Houari Boumédiene (Algérie), Léonid Brejnev (Union soviétique) et Menahem Begin (Israël).
Georges Pompidou fut élu à la présidence de la République le 15 juin 1969, et décéda le 2 avril 1974, après de terribles souffrances provoquées par la maladie de Waldenstrom (cancer), alors que l’Elysée évoquait "de simples grippes" pour étouffer les rumeurs qui circulaient à propos de la santé du président.


Comme le souligne le document de la CIA, Georges Pompidou "avait commencé à prendre du poids et à développer un visage bouffi caractéristique des traitements à base de cortisone". A la demande de Henry Kissinger, alors secrétaire d’État, la CIA prépara une "étude médicale de référence" destinée à s’assurer que le président français souffrait bien d’une maladie maligne affectant les organes, "probablement un lymphome malin".
"En l’absence d’informations détaillées provenant de sources de renseignement", la CIA parvint cependant à établir les points suivants :

Georges Pompidou eut plusieurs vies. Ce politique tardif fut élève de l’École normale supérieure, où il noua une solide amitié avec le futur président du Sénégal, Léopold Sedar Senghor. Probablement admirait-il plus le poète que le chef d’État... Il fut reçu premier à l’agrégation de lettres en 1934. Auteur d’une réputée Anthologie de la poésie française, cet intellectuel féru d’art moderne se sera peut-être souvenu, sur son lit de mort, de la première strophe du poème "Tristesse" d’Alfred de Musset :

J’ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaîté ;
J’ai perdu jusqu’à la fierté
Qui faisait croire à mon génie

(...)


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