Macron : la diplomatie de l’enfant mal élevé

par Laurent Herblay
samedi 2 décembre 2023

Au passif du président, la diplomatie est un dossier accablant. Pour qui s’intéresse un peu à l’actualité, le mois de novembre a offert trois nouvelles illustrations cruelles de toutes les failles de cette présidence détestable : la navigation à vue, incohérente et excessive sur la crise de Gaza, la détérioration de nos relations avec le Japon, et une crise majeure de notre corps diplomatique.

 

Manque de respect, foucades et incohérence

Les deux exemples de la crise actuelle à Gaza et de la relation au Japon sont malheureusement loin d’être isolés. Ils sont juste symptomatiques de la manière de fonctionner de Macron. Le résident de l’Élysée alterne entre indécision, saillies irréfléchies et comportement dépassant les bornes de l’acceptable politiquement. S’il a tardé à se rendre en Israël après les horribles actes terroristes du 7 octobre, le 24, après un entretien avec le premier ministre, il proposait d’utiliser la coalition anti-Daech pour venir à bout du Hamas. Ce faisant, il se faisait plus faucon que les faucons, comme s’il souhaitait compenser son retard. Sa proposition a fait un flop complet, ne suscitant guère de réaction à l’étranger et déclenchant une volée de bois vert en France, François Ruffin y voyant très justement « confusion et improvisation ».

C’est toute la position de la France qui est incompréhensible depuis un mois et demi. Philippe Gélie, du Figaro, souligne que « le président cumule les objectifs de tous les camps » sans définir de priorités. Il pose la question de la direction globale et, cruel mais juste, souligne que « même ses diplomates ont du mal à suivre le président feu follet. Plus il s’agite, moins il assoit notre influence  ». En effet, geste inédit dans l’histoire, une dizaine d’ambassadeurs ont adressé à l’Elysée une note commune regrettant le virage pro israélien du chef de l’Etat. Ils parlent de « grave » crise de confiance et de « confusion dans la position française », le président oscillant entre les positions. Son retour à une position plus équilibrée n’a pas calmé les défenseurs de la Palestine, tout en irritant les soutiens engagés d’Israël…
 
Sous le radar médiatique malheureusement, un autre accident diplomatique est à l’œuvre depuis quelques années : le grand refroidissement de nos relations avec le Japon. Pourtant, notre relation avec la troisième puissance économique mondiale est capitale et les présidents Chirac et Hollande l’avaient bien compris, ce dernier ayant signé un partenariat d’exception en 2013. Las, Macron multiplie les faux pas, pour ne pas dire plus, reportant brutalement la signature de la nouvelle feuille de route de notre partenarait, qui devait être signée au G7 d’Hiroshima en mai… Le président semble également se moquer de l’étiquette japonaise, lui qui n’hésitait pas à saisir de ses mains le premier ministre nippon en 2021, geste extrêmement incorrect, qui l’était d’autant plus dans le contexte de la pandémie du Covid.
 
Bien sûr, tout le monde sait que la diplomatie n’est pas le fort de ce président, peu avare en provocations et suivant ses idées du moment sans guère de filtre. Mais on pouvait espérer que la fonction présidentielle le pousserait à changer. Las, il continue à se comporter comme un enfant mal élevé, qui dit et fait ce que bon lui semble, sans même sembler prendre en compte les conseils les plus basiques, comme le rapport au contact physique différent de nous au Japon. Il semble ne vouloir faire que ce qui lui chante, au mépris de toutes les convenances diplomatiques, un comportement d’autant plus choquant que c’est son second mandat et que notre pays a un rôle diplomatique majeur dans le monde. Ce faisant, il abîme durement la position de la France et notre influence, renforçant certains préjugés contre notre pays.
 
Plus globalement, voilà encore un sujet très révélateur de la personnalité extrêmement détestable de Macron. Son rôle diplomatique devait le faire grandir. Depuis plus de 6 ans, son comportement sur la scène diplomatique reste désespérément enfantin. Et ce qu’il y a de pire dans les comportements enfantins : celui d’un enfant-roi mal éduqué, totalement autocentré, qui ne fait que ce que bon lui chante au moment où il le fait, indifférent aux conseils des autres et aux convenances, à l’histoire, aux traditions, et plus globalement à tous les peuples pour qui la France d’avant avait quelque chose à dire.

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