Tests PISA : les français plus bêtes que les belges et les polonais ?

par Coeur de la Beauce
samedi 9 décembre 2023

C'est désormais une tradition annuelle. Dans le cadre de l'auto-flagellation et l'auto-dénigrement à la française, on nous sert une nouvelle "étude" sur le niveau des jeunes en lecture et en mathématiques. Comme toujours, on nous rappelle que les français sont nuls dans les deux disciplines, à se demander si les nouveaux-nés ne seront pas équipés de cornes et d'oreilles d'ânes à l'avenir.

Qu'est-ce que les tests PISA ? Un programme de suivi des élèves élaboré par l'OCDE concernant 79 pays. Suivi comment ? Par qui au juste ? Quels "professionnels" sont mobilisés ? A-t-on des noms ? Quels sont excatement ces fameux tests ? Dieu seul le sait. Comme pour les évangiles et le saint-Coran, tout est question dé révélation acquise, vous êtes tenus de considérer comme véridique des écrits tombés du ciel. Comme pour les instructions officielles de notre éducation nationale, anonymes, jamais signées sauf par le ministre.

La France est donc 23ème sur 79, ce qui n'est pas si mal, compte-tenu de l'extrême diversité de notre jeunesse et de l'appauvrissement des élèves de l'enseignement public. Le petit français lit et compte mieux que le luxembourgeois, comme quoi on peut vivre dans un paradis fiscal sans se soucier de calculer ses avoirs bancaires, puisque les ordinateurs s'en chargent désormais. Il est plus cancre que le belge et l'allemand, mais de peu. L'anglais et l'américain seraient désormais cultivés et matheux, ce qui est une heureuse nouvelle. A présent nos amis d'outre-atlantique seront capables de placer la France sur une carte ailleurs qu'au nord du Groenland. Sans surprise, les asiatiques sont des pointures : chinois et japonais sont beaux, sages, studieux et vertueux quand les européens sont débauchés et paresseux. Bref, ce classement n'est qu'un portrait de poncifs et d'idées reçues.

Comment expliquer ce tableau ? En absence de supports d'évaluation, il faut mettre en avant habitudes culturelles, mentalités locales et logiques politiques.

- Pour l'Asie, félicitons les chinois pour leur excellence. Il est vrai qu'ils possèdent des méthodes de calcul très élaborées, que leur système d'écriture est différent du notre. Toutefois, quel crédit accorder à des tests réalisés par un état non démocratique, autoritaire, qui refuse critique et remise en cause ? Qui sont les auteurs du rapport chinois ? Les rapporteurs de l'enquête sur le laboratoire covid de Wuhan ? Comment 100% des élèves d'un pays d'un milliard et demi d'habitants pourraient être irréprochables ? 

- Pour l'Estonie, la Finlande, la Corée du sud il faut tenir compte là-aussi de l'absence de culture du dénigrement. Qui a voyagé dans les pays baltes a remarqué la rigidité des habitants où on refuse d'admettre la fatalité. Rappelons que ces trois pays sont des démocraties récentes, avec une culture assez conservatrice.

- Pour le reste, rien de bien surprenant, hormis les scores israéliens. On voit mal en quoi belges, allemands et polonais seraient "au-dessus". Certes, la Pologne s'est développée et elle n'est pas marquée par l'immigration massive de populations pauvres. La délinquance juvénile y est moindre, l'unité culturelle autour du catholicisme complète l'éducation parentale. Toutefois la grande pauvreté est encore présente, surtout dans les campagnes.

- Et la France ? Déjà il y a trente ans on nous expliquait que 30% des adultes étaient illettrés. Durant la guerre d'Algérie, la moitié des appelés du contingent savaient à peine lire. Alors où est le problème ? L'école française, choix politiques obligent, intègre, garde et "forme au civisme" avant de transmettre des savoirs. Le niveau des élèves, je peux en témoigner, est le même que dans les années 1990. Plus d'enfants dyslexiques, plus de problèmes comportementaux, plus de problèmes précoces de vue. Car les écrans et la révolution numérique sont passés par là, on lit peu de romans de nos jours. Il est difficile de se concentrer quand on ne sait pas patienter, quand ses parents ne lisent pas, quand TV et ordinateurs sont allumés du matin au soir à la maison, quand on ne dort pas assez. Tout cela est ultra-connu. De plus comment progresser en mathématiques sans professeurs ? Les postes mis au concours de recrutement ne sont pas pourvus. Quel matheux, qui peut travailler pour un bon salaire dans le privé, se risquerait à intégrer une administration rigide qui va l'envoyer à 500 kms de chez lui, en banlieue parisienne, face à des élèves pré-délinquants, en logeant dans un studio pour 700 euros par mois ?

Alors que faire ? D'abord arrêter de considérer que nous sommes plus bêtes que les autres. La plupart de nos lycéens lisent et comptent correctement, les programmes sont même plus denses qu'il y a trente ans. Il y a cependant un réel problème avec l'orthographe, lié au manque de pratique puisque tout se fait avec le smartphone désormais. 

Si nous sommes censés nous inspirer des meilleurs pays de PISA, alors il faut faire comme eux. Au choix :

- Instaurer une démocratie populaire avec collectivisation des terres et des moyens de production et mettre en place des commissaires politiques pour l'éducation populaire. (La Chine)

- Privatiser notre système éducatif et jeter les pauvres à la poubelle. (Les Etats-unis, la Corée du sud)

- Conclure un concordat avec l'église catholique. (La Pologne)

Plus concrètement, il faudrait cesser de nous auto-humilier et en finir avec la sinistrose qui a affaibli notre pays. Le français n'est plus stupide que ses voisins, il est seulement davantage complexé et névrosé, et sa société est plus diversifiée qu'en Asie du sud-est. Nos écoles fonctionnent encore, des diplômés sortent des facs, et l'éducation reste accessible à tous.


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