Jean-Marc Jancovici - Pour lui non plus l’avion ne peut plus Ítre un rÍve d’enfant

par gruni
samedi 3 juin 2023

Jean-Marc Jancovici, sauf si vous vivez dans une bulle, vous en avez certainement entendu parler. Forte tête qui sait faire parler de lui, pas forcément en bien. L'ingénieur est le cofondateur en 2007 de Carbone 4, un cabinet-conseil qui vend des bilans carbone aux entreprises. Pour lui non plus, l'avion ne peut plus être un rêve d'enfant. D'ailleurs, il monterait rarement dans un avion. Avec The Shift Project, Jancovici ne conseille pas seulement de planter des arbres aux entreprises comme EDF, Bouygues, la SNCF ou encore Vinci. Sa parole vaut de l'or, il serait l'un des salariés les mieux payés de France.

Le site web "Les Jours", qualifie The Shift Project de « pantoufle de vert des entreprises ». Selon le site d'info, The Shift Project constituerait une plateforme au service de l'écoblanchiment d'entreprises. 

Maintenant, si vous vous exercez la profession de pilote d'un monstre volant gros consomateur de kérosène et producteur de CO2, vous avez certainement de bonnes raisons pour trouver insupportable cet ingénieur diplômé de l'école polytechnique. Si vous prenez l'avion pour des besoins professionnels, si vous êtes un expatrié, ou si vous l'utilisez simplement pour prendre vos vacances à l'autre bout du monde dans un lieu paradisiaque, voire plus modestement au Maroc. Enfin bref, si vous aimez voyager et découvrir le monde en avion...

Attention, Jancovici préconise des quotas pour limiter à 4 le nombre de trajets en avion durant toute sa vie. 

Au moins, vous rendez-vous compte que prendre l'avion fait de vous un privilégié, une élite de la nation, ou un riche actionnaire en voyage d'affaire. Imaginez du peu, 90% de la population mondiale n'a jamais mis les pieds dans un avion. En France 20% des Français s'envoient en l'air. Encore une idée reçue, ne jamais généraliser, ceux qui montent dans un zinc ne sont pas tous des riches, ce moyen de transport étant devenu plus abordable. 

Mais, Jancovici, considéré comme un gourou vert voire même pour certain comme un génie, mais pas un scientifique, a des arguments pour convaincre les réticents de la fin de l'aviation :

"Pour ceux pour qui cela paraît inconcevable et restrictif, il faut bien qu’ils se rendent compte que c’est quelque chose d’extrêmement récent et que ça partira avec le pétrole. Une fois qu'il n'y aura plus de pétrole, il n'y aura pas de quoi assurer quatre vols dans une vie par terrien".

Certes, l'idée d'un passeport carbone n'est pas nouvelle, celle de la décroissance fait tout doucement son chemin. Si encore il n'était question que de taxer l'avion, car c'est bien cela le sujet. La taxe, l'arme fatale des écolos. Un bon vert vous jurera toujours que la décroissance ne doit jamais être punitive. Mais, un jour peut-être, votre carte bleue servira aussi pour mesurer votre "quota carbone".

"Lors de votre passage en caisse, en plus du prix affiché, le coût écologique de votre achat serait décompté de votre compte, avec une limite à ne pas dépasser dans l'année. Objectif : réduire notre empreinte environnementale, pour parvenir à nos objectifs de réduction des gaz à effet de serre et limiter l'ampleur du réchauffement climatique dans les décennies à venir".

Quelles seront les conséquences sur l'économie de cette usine à gaz à effet pervert ? 

Lorsqu'on sait qu'un Français moyen ne devrait pas dépasser les deux tonnes de CO2 par an et qu'il en produit en moyenne neuf tonnes, on voit que l'effort à fournir par les citoyens demeure colossal. Certes, les plus pauvres pourront revendre une partie de leur quota carbone aux plus dépensiers. Quelle riche idée ! Ce n'est pas drôle, mais les SDF pourraient faire des affaires.

Seulement, il existe une autre façon de faire pour diminuer de force notre consommation, et tout le monde sait comment le système fonctionne, surtout l'État. L'inflation actuelle en est la démonstration par l'augmentation des prix. Dommage pour le SDF qui fait la manche devant l'entrée du supermarché.

La pensée jancovicienne selon Reporterre

"Les politiques sont nuls et les économistes racontent n’importe quoi, parce que les uns et les autres méconnaissent les lois de la physique. Celles-ci dictent que les ressources énergétiques fossiles sont géologiquement limitées. Or l’économie repose fondamentalement sur l’énergie, et la croissance économique depuis la Révolution industrielle ne dépend que de l’abondance des énergies fossiles. Problème : le pic pétrolier est inévitable, donc il y aura moins d’énergie, et l’économie va fortement se contracter. Par ailleurs, le changement climatique est engagé de manière irréversible, et pour éviter ses pires conséquences, il faut réduire les émissions de gaz carbonique — probablement par la contrainte, la démocratie se révélant désespérément inefficace face aux enjeux de long terme. Réduire les émissions suppose de réduire la consommation — si le pic pétrolier ne l’imposait pas assez rapidement — et de relancer l’énergie nucléaire, qui émet peu de CO2 et coûte bien moins cher que les énergies nouvelles."

Qui se souvient du temps de l'insouciance climatique, lorsqu'on autorisait encore les enfants à rêver d'aviation. De l'époque où les sachants prédisaient la fin du pétrole pour l'an 2000. On ne parlait pas encore du réchauffement climatique, ni des océans de plastique. Personne n'imaginait un possible passage du franc à l'euro. La guerre nucléaire faisait déjà peur et là rien n'a changé, c'est même pire. Le passage du moteur thermique à la voiture électrique était aussi crédible que l'arrivée d'extraterrestres. Alors, les prédictions à 25 ans qui sont du niveau de confiance du marc de café, il faut s'en méfier. Mais, les écolos et Jancovici n'ont peut-être pas tout faux. Ils peuvent très bien se montrer trop optimistes sur ce qui nous attend réellement au niveau du climat.


Lire l'article complet, et les commentaires