Rappel ; l’exercice de Belleville-sur-Cher avait été passionnant :
[...]ce qui s’est passé le jeudi 29 janvier, autour de la centrale de
Belleville, dans le Cher, montre à quel point la France n’est pas prête à
faire face à un accident nucléaire en dépit des efforts de
communication du gouvernement et d’Electricité de France.
[...]
Le
résultat, alors que contrairement aux allégations des responsables, le
patron de la centrale était parfaitement au courant de la simulation
d’un accident de « type Tchernobyl », a été catastrophique. Tandis que
les ingénieurs et techniciens de la centrale s’activaient mollement dans
une salle de commande qui n’est qu’un instrument de simulation, les
élus et habitants de la région ont constaté une incroyable pagaille. Pourtant les habitants qui avaient accepté d’être prêt à jouer le jeu de l’accident n’étaient que... seize.
Et la plupart, n’ont même pas entendu la sirène annonçant le début de l’alerte
pourtant déclenchée en plein jour, à 9h18 exactement ; et les autres
n’ont pas compris qu’ils se trouvaient au coeur d’une catastrophe dont
ils n’ont évidemment pas su qu’elle était fictive. Pas plus qu’ils n’ont
entendu le véhicule d’alerte des pompiers diffusant par haut-parleur un
message d’alerte. Quant au nouveau système d’avertissement
automatique par téléphone, il n’a même pas fonctionné chez chacun des
seize volontaires qui l’ont attendu en vain.
Même chose pour
le message d’alerte diffusé par France Bleu Berry... que personne
n’écoutait puisque cette filiale de Radio France était ce jour là en
grève. Et alors que, raconte le Journal de Gien, l’hebdomadaire local,
la fin de l’alerte fictive a été « officiellement » annoncé à 11h45, à
l’heure du déjeuner, les pompiers continuaient à patrouiller dans la
zone en recommandant aux habitants de calfeutrer chez eux, ce que
personne n’avait fait en dehors de quelques uns des volontaires.
Quant
au PC opérationnel de crise prévu par le plan Orsec rad, les autorités
ont tout simplement oublié d’y installer les lignes téléphoniques et
informatiques qui permettent aux sauveteurs d’organiser les secours et
la coordination de la gestion de la population. Les techniciens
dépêchés sur place par le Préfet ont cherché jusqu’à la fin de l’alerte
les bonnes prises et les bons fils pour brancher leurs équipements,
encombrant les couloirs pendant deux heures ainsi que le parking de la
salle de sport choisi pour servir de PC opérationnel de crise.
De
nombreux véhicules des pompiers, des gendarmes, des autorités
préfectorales, des ingénieurs venus de Paris et du Samu, incapables de
trouver la moindre place pour se garer ont du stationner loin du PC ou
bien, furieux de la pagaille constaté, sont tout simplement repartis
avant la fin officielle de l’alerte.
[...]
Une farce que les
élus locaux ont suivi avec d’autant plus d’inquiétude qu’ils n’ont reçu
que quelques coups de téléphone parfaitement contradictoires.
Alors que l’alerte avait été déclenchée peu après 9 heures, ils n’ont
reçu le message les informant du bouclage routier de la région et la
mise en place du Plan particulier d’intervention que peu avant 10
heures.
Commentaire du maire : « nous étions dans un exercice
prévu, avec des gens préparés. Qu’est ce qui se passerait en cas
d’accident réel, dans une situation pour laquelle personne n’aurait été
prévenu et que chacun vaquerait à ses occupations ?
[...]
Vu
de la mairie, où nous avions heureusement apporté du travail pour nous
occuper, l’exercice de mise à l’abri des personnes était calamiteux ».
Cette désastreuse expérience montre au moins deux choses : d’abord que
les autorités ne croient pas vraiment à leurs exercices qui ne servent
qu’à conforter des plans technocratiques et ensuite, de l’aveu même des
responsables de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire,
qu’un accident sera ingérable et ne pourra qu’entraîner de nombreuses
victimes.
[...]
Leur cauchemar récurrent : l’embouteillage monstre
qui paralysera la fuite des habitants dans leurs voitures et les
exposera encore plus à la radioactivité. Sauf à mettre en place des
forces de l’ordre recevant la consigne de tirer en cas de désobéissance.
Cela figure en toutes lettres dans d’autres plans qui, eux, restent
secrets. Bilan de cette opération : des centaines de victimes
irradiées. Heureusement que l’accident était aussi fictif que le plan
mis en oeuvre.
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
A propos / Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération

