monsieur Cabanel comme à votre habitude vous cherchez à surfer sur la peur en recourant à des raccourcis usés réductio ad hitlerum plus ou moins clairs ou suggérés
vous tenez le discours de Mr hervé Novellei chantre de l’ultra libéralisme
( article dans le monde du 26 décembre 2011)
Le protectionnisme et la récession des années 1930
M. Novelli tente de nous faire croire que les politiques protectionnistes ont conduit
à la crise économique des années 1930. Il se borne ainsi à répéter le
discours habituel de l’oligarchie qui espère justifier le
libre-échangisme mondial dément qu’elle met en œuvre en mettant en scène
un protectionnisme érigé en Grand Satan.
Cette affirmation passe totalement sous
silence, en effet, que les politiques protectionnistes ont été mises en
place dans les années 1930 justement pour tenter de limiter les effets
de la crise économique, de la fuite devant la monnaie et de la chute du
commerce international qui l’ont accompagnée.
Or, cette crise est née aux Etats-Unis à
la suite de la très forte expansion du crédit à la consommation dans
les années 1920, en particulier liée à l’industrie automobile. Elle a
aussi été alimentée par l’explosion de l’endettement public consécutif à
la Grande Guerre et à la question des réparations allemandes. La
dépression fut ainsi largement « l’effet de dettes excessives en
particulier de la liquidation brutale de dettes internationales de
grande ampleur », notamment en Allemagne (cf. Pierre-Cyrille Hautecoeur,
professeur à l’Ecole d’économie de Paris, in « Enjeux », Les Echos de mars 2011).
Le protectionnisme n’est donc pas à
l’origine de la crise économique mondiale des années 1930 qui, comme
aujourd’hui, était de nature financière et bancaire. Seulement l’une de
ses conséquences.
Le protectionnisme serait fasciste ?
Quant à assimiler le protectionnisme au fascisme ou à la guerre, ce n’est pas sérieux.
M. Novelli semble ignorer que les fascismes ne se déclaraient pas protectionnistes mais autarciques,
ce qui n’est pas la même chose : ils cherchaient à limiter leurs
importations pour économiser leurs devises – devenues rares du fait de
la crise financière – et pour cela assuraient la promotion de produits
locaux de substitution (les fameux « ersatz » en Allemagne ou, plus
tard, les « produit national » en France durant l’Occupation). Mais ils
essayaient en même temps de promouvoir leurs exportations pour la raison
symétrique et pour se procurer les matières premières qui leur
manquaient, dans une logique de troc puisque le commerce mondial avait
chuté durant la crise.
M. Novelli oublie aussi que l’Europe
occupée fut soumise à un blocus économique et commercial de la part des
puissances alliées. Or le blocus c’est le protectionnisme imposé à ceux
qui n’en veulent pas.
Il faut une belle dose de mauvaise foi pour faire croire que les Européens sont devenus volontairement autarciques, durant la guerre, alors qu’ils n’avaient pas d’autre choix !
En vérité, la diabolisation du
protectionnisme vise à renverser l’accusation habituellement portée à
l’encontre du libre-échangisme et du capitalisme en général. En effet,
sous l’influence des théoriciens socialistes on affirmait au contraire
que c’était la concurrence entre les acteurs économiques soutenus par
les Etats pour l’ouverture de nouveaux marchés qui conduisait le plus
sûrement à la guerre, « comme la nuée porte l’orage », selon une formule
célèbre. D’ailleurs, dans l’histoire ce sont les nations commerçantes –
dont les pays anglo-saxons sont l’incarnation contemporaine – qui ont
été les plus guerrières.
Par un stratagème que connaissent les
habitués des prétoires, la diabolisation du protectionnisme sert à
transformer les victimes, c’est-à-dire ceux qui cherchent à se protéger des ravages produits par la dérégulation libre-échangiste, en coupables et vice-versa.
http://www.polemia.com/article.php?id=4435