A tous les bien-pensants de service qui se sentent obligés de faire la morale à Talion,
Ca ne vous dirait pas de vous intéresser à la maladie au lieu de piétiner le thermomètre ? La démocratie n’existe plus en France. On a le choix entre ultra-capitalisme rose et ultra-capitalisme bleu. On a refusé cet ultra-capitalisme avec le TCE, le vainqueur de l’élection nous l’imposera par « voie parlementaire démocratique ». On a le choix entre Royal qui fera matraquer les immigrés, Sarkozy qui fera matraquer les immigrés, et Le Pen qui fera matraquer les immigrés. Au moins avec ce dernier, les bien-pensants se scandaliseraient, si ça se trouve il ferait au final meilleur être basané sous Le Pen parce qu’au moins on saurait à quoi on a affaire.
On n’a plus le choix. La démocratie comme système où le peuple donnerait un mandat à des représentants pour appliquer la politique qu’il a décidée n’existe plus. La petite bande d’énarques dégénérés qui squattent la tête des partis sait mieux que nous, elle a décidé, ce sera l’euro-blairisme atlantiste. La sécu sera privatisée. EDF sera privatisée, Jospin et Chirac étaient d’accord là-dessus déjà il y a 6 ans. Les retraites seront privées, c’est le choix « raisonnable » qui fait l’unanimité dans les tours d’ivoire de gauche et de droite. Quoi qu’on vote, on nous collera des réformes « douloureuses mais nécessaires » contre notre volonté. Par consensus idéologique dogmatique dans le corps politique.
Que fait un rat enfermé dans une cage et soumis à des décharges d’électricité à répétition au bout d’un moment ? Il devient fou. Que fait un peuple privé de son droit à l’auto-détermination et soumis à des « réformes douloureuses mais nécessaires » au bout d’un moment ? Il devient fou. Il fait des choix politiques de psychopathe.
Ce mépris de soi-même que nous inculquent nos déclinologues à longueur de journée (« vous ne voulez pas des réformes douloureuses mais nécessaires, vous êtes bêtes, mais vous les aurez quand-même, bande de losers, la France c’est plus ce que c’était etc. etc. »), les allemands ont vécu ça dans les années 20. Voyez ce que ça a donné. Le 21 Avril était un signe. Les crânes d’oeuf de Bruxelles, des cabinets ministériels, du PS de l’UDF et de l’UMP sont en train de dépasser les bornes du mépris. Le peuple est prêt à péter un cable et à procéder à un bon vieux massacre pour se défouler des frustrations accumulées (« tu es un merde, tu en chies, tu en chieras encore plus dans le futur et si t’es pas content c’est le même tarif »).
Que Le Pen soit au second tour cette fois-ci ou pas, n’a au fond que peu d’importance. Le 21 avril montrait une tentation des Français pour le fascisme. Aucun des problèmes à la source de cette tentation n’a été traité. Aucune des frustrations même reconnue comme légitime. Le PS n’a rien compris, ou rien voulu comprendre. Ils nous représentent les mêmes énarques avec le même programme, sauf que cette fois-ci ils ne se laisseront plus faire le coup de l’insécurité par les tenants de la boutique d’en face. Tôt ou tard ça pêtera. Le Pen au 2e tour n’y changera rien. Il ne sera pas élu, son concurrent gagnant continuera les réformes neo-libérales, les accords internationaux scélérats, et si on n’a pas de facho cette fois-ci, eh bien ce sera la suivante, Le Pen, ou un autre, ou Sarko qu’on aura manipulé via sondages et rendu tout aussi brun que l’autre.
Et nos bien-pensants se sentiront tout blancs parce qu’ils ont grondé le vilain Talion qui a la franchise de présenter sa position en public, pour son « irresponsabilité ». Bravo c’était très constructif et responsable.
L’attitude responsable serait plutôt de tout péter le plus tôt possible, parce que plus ça pêtera tard, plus on aura laisser s’accumuler le mécontentement, plus ça explosera fort, et plus ça fera de morts.