« La comparaison avec l’amiante montre la vacuité de votre argumentation.
L’amiante provoque des cancers, c’est prouvé, scientifiquement et incontestablement.
Les travailleurs exposés à l’amiante ont tous développé ces maladies.
Avez-vous une seule étude scientifique qui montre une relation entre une pathologie et l’exposition à de faibles doses ? »
Voici ce que répondis Annie Thébaud-Mony, directeur de recherche à l’INSERM à la question ;
En sous-traitant les risques d’irradiation, l’industrie nucléaire « jouerait la montre » pour sauver sa peau, selon vous ? (David Leloup, journaliste) :
"L’industrie nucléaire est jeune. Elle manque de recul sur les effets
sanitaires du travail sous rayonnements. En sous-traitant la
maintenance, elle organise de facto le non-suivi des travailleurs
extérieurs. Ceux-ci ont des parcours professionnels fort sinueux.
Beaucoup vont de centrale en centrale, sont intérimaires, changent
d’employeur après quelques années. Perdre la trace de ces travailleurs,
qui sont les plus exposés, c’est barrer la route à une enquête de cohorte,
c’est-à-dire un suivi médical sur plusieurs décennies d’une population
particulière. Or ces enquêtes sont cruciales. Ce sont elles qui ont
permis de démontrer la nocivité de l’amiante, par exemple. Ainsi, plus
longtemps sera maintenue l’incertitude sur les effets cancérigènes des
faibles doses de radiations, plus l’engagement mondial dans l’industrie
nucléaire deviendra irréversible."
Suite de l’entretien.
Oui oui, l’enfumage habituel...
PS : ayez la courtoisie de répondre à la suite, merci.