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JPhilippe : « travailler, c’est exercer sa mémoire ». Eh bien, je ne suis pas du tout convaincu de cela. Je crois que forcer la mémoire à apprendre, c’est la certitude de l’amener à l’oublier les jours qui suivent. La mémoire ne retient que si les faits sont entretenus. C’est pour cela que, si l’on a une passion, on est intarissable dessus.
Encore une fois, j’en reviens à l’animal, un exemple brut et indiscutable : jamais il ne force sa mémoire. Il apprend en jouant et, tout en jouant, passe à l’exercice réel sous l’oeil de ses parents. Jusqu’au jour où il n’a plus besoin de personne.
On sait que les liaisons inter-neuronales se font et se défont. L’oubli est nécessaire à notre équilibre. Nous ne sommes pas des machines. Mais nous avons des machines pour mémoriser.