Je crois comprendre ce que vous voulez dire. Après tout, se sentir
acculée est aussi un sentiment subjectif, et la situation dans laquelle
se trouvent aujourd’hui certaines femmes n’est pas comparable à celle du
siècle dernier. Mais l’avortement n’est jamais un pis-aller, une
solution de facilité et il serait impardonnable qu’il soit conseillé en
tant que tel.
Mais lorsque vous dites qu’il faut tout faire pour qu’une femme puisse garder son enfant, le corollaire est qu’elle doit aussi avoir la liberté de ne pas vouloir le garder. J’élude la question parce que je n’ai jamais connu l’époque où il était conseillé à une jeune fille/adolescente de se faire avorter, mais au contraire celle où elle devait obligatoirement rencontrer 3 psychologues/médecins etc. tous déterminés à lui faire changer d’avis ou du moins à l’aider à envisager les conséquences, et une d’entre elle était que ces jeunes femmes étaient incapables de surmonter le sentiment de culpabilité qu’on leur avait inculqué.