J’avais fais quelques recherches sur Mithra pour un récit situé au Ve siècle.
- C’est un culte solaire, issu des
traditions des écoles des
mystères, dont les racines sont sans doute originaires de la Mésopotamie,
en Perse (Iran actuelle). Il se développe probablement durant le IIe
s. avant J.C. dans la partie orientale de la Méditerranée.
- Il se
propage durant les siècles suivants dans tout l’Empire romain et atteint son
apogée durant le IIIe s. ; il est particulièrement implanté chez les soldats romains.
Beaucoup d’esclaves et d’affranchis comptaient également
parmi ses fidèles. Le culte s’est principalement répandu en Italie, en Grande Bretagne,
sur le Rhin et le Danube.
- Le culte
est exclusivement réservé
à la gente masculine (interdit aux femmes) ; on le pense lié au
zodiaque, et en particulier au signe du Taureau (1er signe de Terre,
gouverné par Vénus). Les valeurs d’amitié, de fraternité et de loyauté étaient primordiales
entre les mystes.
- Il est déclaré illégal en 391 (fin
du IVe s.) par le christianisme, qui condamne
à mort les mystes mithriaques. Dès lors, le culte devient clandestin et d’autant
plus marqué par le sceau du secret.
Similarités avec le christianisme :
- c’est un culte solaire (le Christ, comme Mithra, est un dieu solaire)
- il est réservé aux hommes (dans l’Église, l’initiation et la prêtrise est réservée aux hommes)
- la fête principale est le 25 décembre, jour de naissance du Soleil Invaincu (Sol Invictus) ; cette fête est précédée des saturnales, qui ont lieu entre le 17 et le 24 décembre.
- Mithra nait dans une grotte et seuls des bergers assistent à sa naissance (le Christ nait dans une grotte ou dans une étable, et seuls des bergers assistent à sa naissance)
- Mithra se distingue des autres dieux par sa bonté (le Christ se distingue des autres dieux par sa bonté)
- Mithra est un médiateur entre l’humanité qu’il protège et défend
contre les forces des ténèbres et les dieux ; il prie le Dieu paternel Ahura-Mazda, ou la déesse maternelle Anahîta afin d’obtenir son appui dans cette lutte (le Christ est un médiateur entre les hommes et Dieu).
- le dimanche est le jour du Soleil, jour de Mithra en tant qu’incarnation du Soleil (le dimanche est le jour du Seigneur pour les chrétiens).
Mithra, en persan, signifie ami.
Mithra était vraiment l’ami et le bienfaiteur des hommes. Dans la collection
des livres sacrés de la Perse, le Zend-Avesta, dont la rédaction actuelle n’est
pas antérieure à l’ère chrétienne, mais dont les éléments liturgiques sont
beaucoup plus anciens, un hymne nous montre Mithra qui, les mains tendues,
s’adresse en pleurant au grand dieu Ahura-Mazda et lui dit : « Je suis le bon protecteur de toutes
les créatures ; je suis le bon conservateur de toutes les
créatures ! » Pour jouer ce rôle bienfaisant, analogue à celui
d’Apollon et des Dioscures parmi les Grecs, Mithra doit être toujours attentif,
prêt à porter secours à
ceux qu’opprime l’injustice, à combattre et à vaincre les ennemis de l’humanité.
Ce dieu ami est, en même temps, un dieu guerrier, invaincu et invincible (> Sol Invictus). Voici encore un hymne du
Zend-Avesta : « Mithra, au pied
toujours levé, est toujours en éveil, toujours observant les choses il est
fort, il entend l’appel des faibles ; il fait pousser les plantes et
gouverne la terre créature de sagesse, on ne trompe pas Mithra ; Mithra
est armé de mille forces. »
James Darmesteter, en
rapprochant la conception de Mithra de celle de l’Apollon hellénique, a fait
cette observation très juste que les Grecs ont surtout développé en Apollon le
côté esthétique, tandis que les Persans, plus sensibles aux choses de la
conscience, ont développé de Mithra le côté moral. La lumière qui voit tout est
devenue, pour ses adorateurs, l’emblème de la vérité ; Mithra est l’incarnation céleste
de la conscience. On petit dire qu’un dieu même secondaire, conçu avec
de tels attributs, était naturellement destiné à jouer un grand rôle dans
l’histoire des idées religieuses ; c’était un dieu qui avait de l’avenir.
Il semble donc bien que le christianisme, qui s’impose à travers le
pouvoir central de Rome à travers le proche orient et l’Europe, ait à la
fois repris à son compte bon nombre des rites et traditions
mithriaques, et décidé ensuite d’éliminer ce culte en le déclarant
illégal, car il aurait constitué un culte concurrent (du reste, l’Eglise
n’a eut de cesse de faire pareil avec tous les autres cultes à travers
tout le Moyen-âge, la Renaissance et même encore durant les Lumières).
Cordialement,
Morpheus