Il paraît assez évident que la
planche à billets est le dernier recours pour empêcher l’éclatement
de la zone euro. Les allemands n’y sont pas favorables (la
planche à billets serait un chemin fatal selon porte-parole de
la Banque fédérale d’Allemagne) :
http://www.atlantico.fr/decryptage/mario-draghi-peut-rassurer-marches-reglera-pas-seul-problemes-structurels-zone-euro-isabelle-mouilleseaux-436582.html
Mais il n’y a plus d’autre choix que de
suivre ce chemin pour empêcher l’éclatement de la zone euro. Voir à
propos de ce chemin : « Zone euro : la monétisation des
dettes par la BCE nous achèvera » (une étude datant du 25 Mai
2011) :
http://la-chronique-agora.com/zone-euro-monetisation-dettes-par-bce-nous-achevera/
Citation : « Il n’y a
certes pas de limite technique, comme nous l’avons vu, à
l’accroissement de la taille du bilan d’une banque centrale. Mais
il y a une limite financière. En effet, la création monétaire
incontrôlée (au passif de la Banque centrale) et l’accumulation
d’actifs financiers de qualité médiocre (à l’actif du bilan de
la banque centrale) vont provoquer une forte dévalorisation de la
monnaie. Cela porte plusieurs noms : perte de pouvoir d’achat
de la monnaie, hyperinflation, rejet de la monnaie, stockage d’actifs
physiques au rang desquels l’or, la pierre et la terre. »
Si les injections de liquidité de la
BCE sont énormes (et pour répondre aux besoins de l’ensemble des
pays en difficulté de la zone elles ne peuvent être qu’énormes)
jusqu’à quel point l’euro baissera ? Qui dit baisse de l’euro
dit baisse aussi des marchés actions européens car les
investisseurs extérieurs encore présents doivent se retirer. Voir
une autre étude dont l’original en anglais date du 7 avril 2009
intitulée : « Zone euro : l’analyse qui donne froid dans
le dos » :
http://blog.turgot.org/index.php?post/Connolly
L’auteur considère qu’il n’ y a que
deux voies pour sauver la zone euro : Soit une dévaluation très
importante de l’euro, soit des transferts financiers très
importants, de nature permanente (pas de simples prêts), accordés
par les autres pays membres de la zone euro qui, eux, sont en
excédent. L’auteur indique : « il a été calculé
qu’aujourd’hui, si on voulait tout faire pour éviter aux pays à
balance déficitaire (France comprise) de sombrer dans la dépression,
c’est 7% du PIB allemand qu’il faudrait leur transférer ad vitam
aeternam. », ce qui est bien évidemment exclu.
A propos de l’autre Solution il dit :
« Une dépréciation substantielle de l’euro permettrait aux
pays à déficit de la balance courante d’accroître leurs
exportations nettes pour compenser la chute de leur demande
intérieure. Leur niveau de vie chuterait par rapport à ses niveaux
de l’époque Madoff, mais au moins on éviterait la dépression, le
chômage de masse, la déflation, les faillites et un éventuel
effondrement politique et social. Cependant, comme près de la
moitié du commerce extérieur de ces pays se fait avec la zone euro,
et que leur situation initiale est franchement mauvaise, il s’ensuit
que, pour obtenir le résultat recherché, il faudrait que la
dévaluation de l’euro soit très forte. Des calculs ont été
faits qui laissent entendre qu’il faudrait que l’euro tombe de 1,57
$ à 60 cents pour obtenir un impact suffisamment significatif sur
l’économie des pays à balance déficitaire. Mais cela entraînerait
en contrepartie une hausse galopante des prix en Allemagne. En se
fondant sur l’utilisation du modèle de la BCE, ces calculs font
apparaître qu’une telle dévaluation pourrait entraîner une hausse
des prix allemands de l’ordre de 70% en cinq ans.
L’auteur considère que l’Allemagne
s’opposera à ces deux solutions. Reste donc les solutions
allemandes qui sont, pour le moment, toujours en vigueur dans la zone
Euro. Ce qu’en dit l’économiste Christian Saint Etienne :
http://www.xerficanal.com/infos-presentation-l-analyse-de-christian-saint-etienne-319-196.html?PHPSESSID=649d83ced675473f3eb3bf1bc147c5e4
« L’avènement de l’euro
s’est soldé par la mise en place d’un modèle exportateur dans
les pays d’Europe du Nord et un modèle de déficit de la balance
courante de 3 à 4 points de PIB dans ceux du Sud. Et aujourd’hui,
le bloc du Nord tente de faire adopter son modèle industriel
exportateur par le bloc du Sud qui a fondé son modèle sur la
dépense publique à crédit. Nous sommes pourtant confrontés à
l’impossibilité technique de le faire dans un monde organisé en
trois grandes zones entre les Etats-Unis, déficitaires, le Japon et
la Chine, excédentaires, et la zone euro. Si cette dernière devient
exportatrice alors qui consommera ? Nous assisterons également à
une violente chute de l’euro. »