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Patrick Adam Patrick Adam 7 août 2006 00:09

@ Toufik

Il m’est difficile de répondre à toutes vos interrogations d’autant qu’elles abordent des domaines bien différents. Au fil de ces interventions, nous en sommes venus à aborder trop de sujets : En premier lieu, celui des méthodes utilisées par Israël pour se défendre des attaques du Hamas et du Hezbollah (thème de l’article), puis de la légitimité de son offensive militaire au Liban, puis de la représentativité du Hezbollah dans ce pays, puis de l’Algérie, de Bouteflika, des Berbères et même des Vikings, du Maroc, des Sahraouis, de l’évêché d’Alger, des ruines qu’on peut visiter ou pas en Algérie, de Bourguiba, des moines massacrés à Tiberine, du port d’Oran, et j’en passe...

En quelques mots, quelle est ma position : je suis effectivement contre toute doctrine totalitaire (communisme, libéralisme sauvage, scientisme forcené) ou coercitive (sionisme, islamisme, christianisme intransigeant) et de plus, je suis aussi contre certains systèmes philosophiques ou religieux qui ne valorisent pas l’idée que je me fais de l’homme (ou de la femme) et qui, pour que l’humanité se porte mieux, méritent d’être revus et corrigés de près si, malgré toute raison, une partie de l’humanité continue d’avoir besoin de cette béquille pour vivre.

Le religieux ne nous délivre pas de la chose marchande. N’oubliez pas le verset du coran qui Dieu que la récompense du croyant réside dans « la richesse et les enfants ». Les enfants passant en seconde position. La seule différence entre l’Orient et l’Occident en ce qui concerne l’argent, c’est que l’Occident l’a rendu obscène. L’Orient, comme tant d’autres choses, préfère le voiler. Mais le mal est le même.

Je suis pour une lecture précise et scientifique des textes fondateurs des religions dites du Livre. Ce travail a été accompli par les exégètes juifs et par les chrétiens. Les Arabes ne l’ont pas entamée. Et on peut le comprendre tant le texte auquel ils se réfèrent est plein de contradictions difficilement conciliables. C’est pour moi le nœud du problème. Explicitement. Implicitement. Tout le monde ment. Et y en a marre !

Quand donc les musulmans commenceront-ils ce boulot ? S’ils étaient malins ils réaliseraient qu’il y va de leur survie. On ne pourra pas maintenir pendant des siècles les peuples dans l’ignorance. Les musulmans avaient les yeux ouverts jusqu’au XIème siècle, pourquoi ont-ils décidé de les clore en refermant beb Itjihad (la porte de la connaissance).

Pour ce qui est de la situation au Proche Orient, il convient bien sûr d’en faire un problème de droit international, mais le droit international n’existe pas et il ne sert donc à rien de faire comme s’il fonctionnait.

Je me souviens de la première guerre d’Irak et d’une intervention de François Mitterrand à la télé. Il disait son horreur de la guerre, mais que les armes devaient quand même « parler » pour, précisément, régler un problème de droit. Il disait qu’il fallait profiter de cette guerre imposée par l’intransigeance de Saddam Hussein, pour commencer à bâtir le socle de cet ordre international. Argumentant, à juste titre, que si la communauté internationale (nombre de pays arabo-musulmans faisaient alors partie de la coalition qui a chassé Saddam Hussein du Koweit) réglait ce problème de droit international (à savoir la disparition pure et simple d’un pays siégeant aux Nations Unies), il ne serait plus possible à cette communauté de retarder sans cesse le règlement du conflit au Proche Orient.

Et il avait raison, comme avec les Pershing, comme avec la Yougoslavie et comme avec la Ligne Oder-Neisse. Oui, il fallait profiter de la première Guerre du Golfe pour, dans la foulée, régler définitivement le conflit israélo-palestinien. Mais qu’en a-t-il été en réalité ? Les Américains n’ont pensé qu’à se faire rembourser les frais de leur intervention par l’Arabie et les monarchies du Golfe. Les grands pays Européens en ont fait autant. Puis tout le monde s’est battu pour retrouver ses billes et ses zones d’influence dans la région. Et on n’a plus parlé du « nouvel ordre international ».

De cette situation, tout le monde est responsable. Les Américains, les Européens (mais pas la France qui avait sauvé Arafat et qui proclamait, depuis des décennies, que seule une conférence internationale pouvait régler ce conflit), mais aussi les régimes arabes qui se sont fait une rente de politique intérieure avec les larmes des Palestiniens. Contents de voir la puissance de l’Irak affaiblie, ils ont poussé leurs pions sur le tapis vert sans s’occuper du sort des Palestiniens. Et la situation aurait pu s’ensiler pendant vingt ans encore, si le 11 septembre n’avait pas tout embrouillé d’un coup, en amenant les Américains au bord d’une colossale banqueroute politique dans toute la région, alors qu’ils s’imaginaient tout rafler, au nez et à la barbe des Européens, des Russes et des Chinois.

Ains,i la France défend aujourd’hui encore l’idée d’un règlement global. Que va dire la conférence islamique qui se réunit lundi ? Encore une fois tout et son contraire. On y est habitué. Elle va réclamer un cessez-le-feu et un retrait des troupes israéliennes immédiats, en sachant que c’est impossible en l’état, et chacun rentrera dans son beau palais, fier du devoir accompli. Pauvres Palestiniens. Mais bon, ils ont appris depuis longtemps qu’il ne leur faut pas compter sur leurs « frères » arabes. Sauf quand ils ont besoin de bonnes images d’oppression pour ne pas parler de leur oppression à eux.

Pour ce qui est du florilège que vous avez compilé. Rien à dire. C’est votre appréciation personnelle et je ne tiens pas à m’en mêler. J’aurais préféré que vous vous intéressiez à mes idées et non aux manifestations de ressentiment et parfois de colère que m’ont inspirés certains interlocuteurs inconvenants. Vous avez choisi ces phrases en les sortant de leur contexte et en omettant de préciser à qui elles étaient destinées ainsi que les échanges qui les avaient précédées. Le procédé n’est pas très élégant.

Dernier point, juste pour le plaisir. Vous parlez des valeurs nomades et je crois les connaître. Ma perception va vous paraître iconoclaste mais je sais de quoi je parle. Le nomade, quand tout va bien, vous reçoit comme un prince, même s’il n’a pas grand-chose et quand vous quittez sa tente, il vous offre un cadeau. Par contre, quand il n’a plus rien, il n’hésite pas de vous attaquer et de reprendre ce qu’il vous a donné la veille. Et c’est normal, vu les conditions extrêmes dans lesquelles il vit. Si vous voyez votre campement dépérir chaque jour un peu plus, vos femmes et vos enfants mourir de faim, vos troupeaux décimés par la sécheresse, il est de votre responsabilité de tout faire pour sauver ceux qui sont sous votre autorité, et comme il est difficile de trouver une épicerie dans le désert, vous attaquez le premier campement que vous trouverez pour lui voler son bétail, sauf si ce campement appartient à une fraction de votre tribu (et encore, il y a eu des exceptions notables).

Patrick Adam


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