On peut aussi écouter la voix de certains Juifs contemporains, israëliens ou non, sur un sionisme qui a perdu ses repères. Par ex :
Shlomo Sand, historien de Tel Aviv, dans Le Monde du 4 janvier 2002 : « Je fais partie des Israéliens qui ont cessé de revendiquer pour eux-mêmes des droits historiques imaginaires : si l’on invoque, en effet, des frontières ou des ’droits’ remontant à deux mille ans pour organiser le monde, nous allons le transformer en un immense asile psychiatrique. De même, si nous continuons à éduquer les enfants israéliens sur la base d’une mémoire nationale à ce point contrefaite, nous ne parviendrons jamais à un compromis historique durable. [...] Jusqu’en 1948, les colons juifs peuvent être considérés comme des réfugiés apatrides. A partir de 1967, les colons qui vont s’installer dans les territoires occupés proviennent d’un Etat qui leur assure une souveraineté. Ce n’est pas la première fois ni, semble-t-il, la dernière que des persécutés deviennent persécuteurs. »
Ou les membres du Bureau national de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix) : « Nous affirmons avec force qu’il existe d’autres voix juives, que Juif, sioniste et Israélien, ce n’est pas pareil, que la politique menée en Israël n’est pas seulement une catastrophe pour le peuple palestinien, elle l’est aussi pour les Israéliens. L’UJFP se bat pour détacher les Juifs du soutien automatique et aveugle à Israël qu’on tente de leur imposer. Les dirigeants israéliens ou ceux qui prétendent parler au nom des Juifs français (le CRIF par exemple) cherchent à instrumentaliser l’antisémitisme. Ils ont toujours voulu interdire la moindre critique de la politique israélienne ou du sionisme au nom du souvenir douloureux du génocide. L’UJFP a toujours dénoncé comme indécente cette tentative de récupération. La Palestine n’était pas une ’terre sans peuple pour un peuple sans terre’, les Palestiniens n’ont aucune responsabilité dans le génocide de la dernière guerre mondiale et l’Etat d’Israël n’a aucun droit à s’approprier exclusivement la mémoire de ce crime. »