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Patrick Adam Patrick Adam 25 août 2006 22:34

@ hakim

Je n’ai pas fait allusion aux populations du Rif. Je connais un peu cette région mais bien moins que l’Atlas ou le Sous. Beaucoup de Rifains sont partis travailler en Algérie durant la colonisation, mais les populations du sud marocain n’ont pas connu cet exode.

Pour ce qui est du rapport arabe/berbère, il faut le situer dans la spécificité marocaine qui fait que plus de la moitié de la population est Berbère ce qui n’est pas le cas en Algéérie (moins de 20 %) et encore moins en Tunisie (moins de 5%).

La revendication culturelle berbère existe bel et bien dans de nombreuses régions du Maroc, alors qu’elle est circonscrite à quelques régions spécifiques en Algérie (essentiellement la Kabylie - la région de Tlemcen ayant reçu suffisamment davantages du pouvoir et n’espérant qu’une chose, voir sa frontière naturelle rouverte avec le Maroc). Quant aux Berbères touaregs du Hoggar ou du Tassili, ils sont régulièrement achetés par le gouvernement algérien.

Au Maroc la situation est bien différente. Il existe de vrais poches de ségrégation. En dehors de Casa, Rabat,et Kenitra (villes qui doivent leur essor à la colonisation), les populations restent marquées par leur appartenance à un système tribal. Ex. en pleine vallée de la Moulouya région de l’oriental proche de l’Algérie, peuplée essentiellement de Berbères, il existe une ville arabe, Outat-Oulad-El-Haj perdue comme un îlot gaulois. Ces enclaves sont dues la pluparrt du temps à la politique de déplacement des tribus menées par les différentes dynasties de sultans qui se sont succédées dans le pays. Marrakech est considérée comme capitale berbère. Fès comme capitale culturelle et religieuse arabe. Rabat comme capitale politique. Casa comme capitale économique.

Pour ce qui est des berbères soussi, leur réputation est celle de travailleurs acharnés près de leur argent comme vous le dites. A noter qu’un Rifain (pourtant Berbère) aura beaucoup de mal à s’y installer.

L’obstination à vouloir présenter le fait berbère comme une volonté du colonisateur à diviser pour mieux régner ne permet pas d’aborder cette réalité dans toute sa complexité. Si effectivement la France a eu parfois envie de jouer les uns contre les autres (notamment en 1930 lors du fameux Dahir Berbère qui ne dura que quelques mois), cette histoire est ressortie à toutes les sauces par les tenants de l’arabité généralisée, pour masquer des revendications pouvant ouvrir une boite de Pandore qui risquerait de revéler bien des surprises.

Par contre ce que j’ai dit concernant la répartition du travail entre Arabes et Berbères est reconnu par tous depuis longtemps. L’Arabe a le pouvoir politique (pouvoir des mots ou des armes). Le Berbère a le pouvoir économique, production et distribution (pouvoir de l’argent). Quant au Sahraoui (qui se veut arabe mais qui bien souvent à masqué ses origines berbères), sa culture lui interdit de travailler de ses mains (pouvoir des mythes et de la poésie).

Avec ça, on peut comprendre combien il est difficile de faire avancer ce pays.

Patrick Adam


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