Ce paradoxe peut se résoudre facilement si on prend garde que ce qu’il y a de moral dans le message de l’évangile ne relève pas de la foi mais de la raison : encore une fois, si je peux admettre qu’il est juste et cohérent de faire aux autres ce qu’on voudrait qu’ils nous fassent et de ne pas leur faire ce qu’on ne voudrait pas pour nous, sans avoir besoin de reconnaître que le peuple juif est le peuple élu de Dieu ou que Jésus était à titre personnel et privatif le fils premier né de Dieu, alors la règle d’or n’est pas plus chrétienne que judaïque ou islamique ou confucéenne : elle est laïque.
Encore une fois aussi, ce n’est pas parce que la Bible dit que le ciel est bleu que c’est devenir chrétien ou devoir se placer sous l’autorité du christianisme parce qu’on dit aussi que le ciel est bleu !