@Résistance
Les bases de données des organismes statistiques
américains ne suffisent apparemment pas pour apprécier l’impact de la présence
chinoise en Afrique. Clamer haut et fort que « La Chine ne pille pas l’Afrique », c’est faire
fi des intérêts économiques qui sont à la base des relations d’une grande
puissance capitaliste comme la
Chine avec les zones coloniales comme le continent africain.
C’est faire croire que la Chine
est présente en Afrique simplement et uniquement pour les beaux yeux des
africains. Cela n’a pas de sens.
Sans avoir besoin des données statistiques des
relations économiques Chine-Afrique qui ne sont pas monnaie courante, il n’y a
qu’à constater empiriquement la floraison des établissements chinois sur les
marchés africains en Afrique même et en Europe. Partout, les Chinois font
pousser des magasins bien achalandés spécialisés uniquement sur les produits
africains en tous genres. En Europe par exemple, si on veut consommer africain,
il faut s’adresser aux magasins chinois qui se confondent ainsi avec les
magasins africains dans tous les domaines de la vie quotidienne : habillement,
alimentation, cosmétique, et même la commercialisation de la musique qui est
pourtant le domaine d’excellence des
africains. Allez dans les banlieues de Paris, vous constaterez que c’est
un patron ou une patronne chinoise qui vous renseigne sur les toutes dernières
nouveautés et évolutions de la musique africaine pour tous les styles même les
plus traditionnels. Même si la personne au comptoir est africain, vous ne
tarderez pas à voir surgir le patron chinois ou la patronne chinoise. Le
monopole des chinois (asiatiques) sur les marchés africains est visible. On ne
peut pas dire que les profits de ce monopole servent à alimenter les économies
africaines. Sur place en Afrique même, sur le plan agricole, les « investisseurs chinois » s’installent et
exploitent souvent les terres expropriées aux paysans par les gouvernements
africains liés par les accords avec la Chine.
Ces paysans sont ensuite employés sur leurs terres par les nouveaux propriétaires
chinois sans avoir accès aux produits exploités qui sont commercés par les
patrons chinois sur les marchés internationaux. Bien entendu, la Chine tire des bénéfices
substantiels de sa présence en Afrique. Bien sûr, les chinois ne sont pas les
seuls à bénéficier de ces cessions de terres.
Sur un plan historique, la Chine a fait son entrée
économique en Afrique au lendemain des indépendances dans les années 1960.
C’était la concrétisation des accords politiques et économiques passées entre la Chine Populaire sous Mao Tsé
Toung et les grandes puissances européennes ainsi que les USA. Rappelons que de
1949 (instauration de la
République populaire de Chine par la révolution) à 1971, la Chine populaire n’était pas
membre de l’ONU. Son admission se heurtait au refus des Etats-Unis et des
puissances d’Europe car la
Chine Populaire soutenait les mouvements de libération dans
le monde, surtout en Afrique en concurrence avec l’impérialisme russe. Le
marché fut donc conclut entre la Chine Populaire sous Mao et les
puissances occidentales. Aux termes de ce marché la Chine Populaire s’engagea à
livrer les mouvements de libération qu’elle soutenait en Afrique et, en
contrepartie, les puissances occidentales s’engagèrent à admettre la Chine à l’ONU en tant que
membre permanent du Conseil de Sécurité avec droit de véto. De 1956 à 1970 environ, la Chine Populaire sous Mao
remplit sa part de contrat. Tous les mouvements indépendantistes africains
soutenus jusque-là par la Chine Populaire
furent livrés aux occidentaux et liquidés. Ainsi, ayant exécuté sa part du
contrat, la Chine
populaire fut admise à l’ONU comme membre permanent du Conseil de Sécurité avec
droit de Véto le 25 octobre 1971.
La présence de la Chine en Afrique n’est donc motivée que par le
partage du juteux gâteau africain à la même table que les puissances coloniales occidentales.