Je ne voterais pas et n’adhérerais pas au F.N pour plusieurs
raisons, mais avant de les donner, voici l’analyse que je fais de ce
parti au moment présent (et non son passé).
Le F.N est bien un parti Républicain. Il participe aux élections
normalement, respecte la sanction électorale, n’appelle personne au
meurtre et reste même plutôt courtois face aux attaques incessante de
ses adversaires.
En ce sens, je ne rentrerais jamais dans la diabolisation imbécile de
ce parti. Il n’y a rien de fasciste ou de « dangereux » au F.N. En tout
cas, comparativement à l’UMP et au P.S, le F.N est clairement plus
soucieux du bien être des Français.
L’électorat du F.N de ce que j’en observe dans les réseaux sociaux se divise en trois grandes catégories :
1) L’immense majorité sont des Français peu instruits mais
lassés des problèmes de banlieues autant que d’une politique économique
et sociale qui va en se dégradant. Les vues bisounours de la gauche
libérale ou réellement sociale sur l’immigration ou les violences
urbaines les excèdent, tout simplement par ce qu’ils vivent au quotidien
une oppression réelle dans les quartiers où ils ne sentent plus en
France. Non du fait d’un problème ethnique, mais plutôt du fait d’une
difficulté d’intégration de populations immigrées ou de la violence
anti-blanche de certains de leurs rejetons.
2) Une minuscule frange identitaire et raciste qui cherche un exutoire politique à sa haine
3) Une frange plus modérée et instruite qui ne considère pas les
problèmes de banlieues et d’immigration comme étant de la responsabilité
des migrants francisés ou non, mais bien des gouvernements successifs
qui souhaitent diluer nos fondamentaux culturels, autant par
l’immigration, le pourrissement social et les traités européens.
C’est avec cette dernière frange que je discute le plus.
Cependant, mon coeur porte à gauche effectivement pour des raisons sociologiques :
1) Si je ne suis pas favorable à l’adoption pour de nombreuses raisons, je suis favorable au mariage gay.
2) Je suis favorable à la légalisation du cannabis pour assécher
l’économie souterraine des banlieues et faire cesser une hypocrisie au
pays du vin et du tabac en vente libre.
3) Je suis résolument et farouchement opposé à la peine de mort pour
des raisons philosophiques (Un Etat qui tue ses citoyens, quand bien
même criminels, ne peut plus prétendre que tuer est un crime)
4) Si je refuse les dérives communautaristes, je n’ai rien contre
l’idée que des mosquées soient construites ou que des églises vides
puissent servir de lieu de culte à des musulmans cherchant un endroit
digne pour prier et se réunir.
5) La morale à papa pour me dire comment je dois me conduire me
gonfle. La morale ne devrait jamais concerner ceux qui prétendent
gouverner. Elle est subjective et les valeurs cathos traditionnelles, je
m’en tamponne le coquillage.
Hors, sur les questions des valeurs, le F.N reste un parti de droite.
En outre, sur les questions de planification écologique, le seul parti
qui soit réellement performant dans son programme est le Front de
Gauche. EELV sont des larbins du Système qui préfèrent expliquer aux
Français comment être écolos dans un pays qui se libéralise et perd son
âme dans une tour de Babel Soviético-Européïste. C’est juste une farce.
Le Front National de son côté développe un programme de Keynésianisme à
papa qui élude le fait que nous n’avons que très peu d’années pour nous
sortir d’une intoxication au pétrole.
En outre, le F.N qui aurait sa carte à jouer en reprenant à son
compte la rhétorique d’Asselineau sur nombre de sujets (sortie pure et
simple de l’U.E et l’OTAN, non clivage des Français sur des sujets de
société) préfère pomper et détourner le propos. Comme d’habitude, les
dirigeants des partis médiatisés craignent une hémorragie électorale
s’ils osent se rapprocher des petits partis plus intellectuels et
censurés, alors qu’ils ont besoin de leur expertise pour valider leurs
arguments économiques, mais aussi leur ouverture d’esprit.
Je préfère donc faire de la pédagogie à des gens avec qui j’ai des
affinités sociales, sociologiques et économiques réelles, en considérant
que la source du blocage électoral est de leur côté, non des partis de
droite (DLR et FN) qui ont capté le problème de l’U.E et l’Euro et ne
tortillent pas trop du cul sur la question. Si un jour il devait y’avoir
une envie des Français de former un C.N.R, ça n’est pas à droite que le
problème se posera pour s’ouvrir, c’est à gauche. Car le paradoxe de
mes petits copains libertaires, c’est qu’ils perdent eux aussi leur âme
de libertaire et d’intellectuels en sombrant dans un fascisme partisan
qu’ils ne perçoivent même pas. Ils refusent la Démocratie et le respect
des Français qui ont des convictions et des valeurs différentes des
leurs, alors que ces derniers sont ouvert au débat, au rassemblement, et
sont globalement plus respectueux de leur opposition.