Très bon article.
Le nombre d’aficionados de la limitation de vitesse telle qu’elle est appliquée actuellement en France décroît en proportion inverse du nombre de PV établis. Bientôt, il ne restera plus que les cyclistes et les piétons pour n’y voir que des avantages. Encore que les cyclistes, avec le 30 en ville !
Lorsque j’étais contraint de rouler à titre professionnel (60 000 km par an), j’avais compté que je me faisais surprendre par un radar au-delà des vitesses autorisées 1 fois sur 300 ou 400 contrôles environ, soit tous les 3 ans. J’avais le temps de récupérer mes points.
L’augmentation des contrôles et la plus faible tolérance suffit maintenant pour se faire priver de son permis de conduire, donc de son boulot !
La bonne vitesse, c’est quand on peut s’arrêter à temps pour éviter un obstacle ! Soixante pour cent des accidents sont provoqués par des personnes sûres de leur bon droit qui n’ont pas amorcé à temps la manœuvre d’évitement (silence dans la presse).
Les deux tiers des accidents mortels sont provoqués par des conducteurs roulant à une vitesse autorisée (toujours silence dans la presse).
Environ la moitié sont provoqués par des conducteurs sous l’emprise de l’alcool ou d’un stupéfiant. Les relations de l’accident tant médiatisé du retraité qui a percuté des pompiers en roulant à 150 sur l’A7 ne font guère état de son taux excessif d’alcoolémie. Les accidents à cette vitesse sur une autoroute ne représentent qu’environ un pour cent du total des accidents. Là, on en parle !
En communiquant ses chiffres (faussés : les décès dus aux accidents de décembre n’ont été que partiellement comptabilisés) le gouvernement a passé sous silence d’immenses efforts réalisés contre l’alcoolisme au volant, par une répression féroce (quoique nécessaire). Au fait, mon pompiste vend toujours du whisky mais toujours pas d’alcootest !
Moralité : l’accident type est provoqué par quelqu’un un peu beurré, fatigué ou inattentif, qui ne roule trop pas vite mais ne perçoit pas qu’il rentre dans une position accidentogène qu’il doit lui-même éviter. C’est sans doute ce qui explique que, dans notre pays cartésien, le retrait de permis typique, décrit ci-dessus, concerne une personne qui roule à 110 sur une double voie complètement dégagée mais se trouve limitée à 50 (par un panneau caché par des buissons) parce qu’elle vient de franchir la limite administrative d’une agglomération ! Haros sur l’assassin en puissance qui ne connaît pas son cadastre par cœur !