Bonsoir Les Non-Alignés,
Dans la mesure où vous vous présentiez comme un mouvement « dont la
motivation est l’analyse de l’actualité selon une approche à la fois clinique,
philosophique, éthique et politique, et motivé par l’idée qu’internet constitue
une véritable université populaire », j’attendais avec impatience la suite
de vos deux premiers articles, car, je vous le concède, vous avez cherché à
attirer une certaine (passez-moi l’expression) « clientèle » sous vos
articles (si j’emploie ici le mot « clientèle », c’est en raison de
la stratégie que vous avez déployé pour ameuter votre lectorat).
J’attendais donc avec impatiente votre analyse de l’actualité selon l’approche
clinique que vous comptiez nous exposer, car il se trouve que, suivant les
travaux d’Étienne CHOUARD depuis son implication au NON du traité européen de
2005, le principal reproche que je puisse formuler à l’encontre de sa démarche
et la non-prise en compte du point de vue psychanalytique que vous abordez
succinctement ici (les autres aspects de cette problématique étant à mes yeux
secondaires dans le sens où ce seul détail, originaire, conditionne tout le
reste et que je ne peux malheureusement pas consacré suffisamment de temps sur
des sujets qui sont par ailleurs très bien traités chez de nombreux auteurs
dont Étienne CHOUARD nous fait l’analyse).
De ce fait, et selon l’explication que vous nous en donnez aujourd’hui, je suis
en accord avec votre approche clinique et les remèdes que vous avez
passablement évoqués qui me font pressentir la suite de votre texte.
Personnellement, cela fait longtemps que je prêche pour la mise en place d’une « pédagogie
de l’empathie ».
Juste quelques précisions tout de même en attendant la suite de vos écrits, si
le schéma que vous nous proposez concernant les théories freudiennes est
parfaitement clair, je ne sais d’où vous le sortez, mais il comporte une erreur
(que FREUD a peut-être commis lui-même dans l’ouvrage que vous citez) qui a été
corrigée depuis par ces successeurs et notamment ceux qui se sont
particulièrement penchés sur les psychoses et les troubles complexes de la
personnalité.
Ainsi, et dans votre dessin, vous devriez faire apparaître les troubles
complexes et les psychoses, non pas du côté du refoulement et des névroses,
mais à l’opposé, du côté du processus primaire et des défenses spécifiques qui
y font référence telle que l’idéalisation dont vous parlez sans la situer sur
cette représentation. Mais j’aurais peut-être l’occasion de revenir sur ce
point-là dans votre dernière partie bien que je me sois « étalé » en
long en large et en travers sur le sujet au cours de mes différents articles
dans ce média (je viens d’en soumettre un nouveau à la modération, intitulé Perversion narcissique et traumatisme
psychique – L’approche biologisante, qui devrait intéresser plus d’un
lecteur curieux de comprendre autrement que par la psychanalyse les phénomènes
complexes qui se produisent dans notre cerceau lorsque nous sommes soumis à un
stress chronique ou un évènement traumatique).
Par ailleurs, dans votre analyse de l’aspect politique que
vous évoquez, il y manque à mes yeux un facteur essentiel que vous négligez
ici, mais peut-être l’exposez-vous ailleurs (? ??) : ce sont les lois
de décentralisation qui ont été votées dans la période de temps où vous situez
le processus global de privatisation et qui leurs sont consubstantielles. Ce
faisant, vous vous privez d’une analyse un peu plus précise du processus que vous dénoncez
très justement.
En attendant la suite… bon courage pour vos entreprises.