Passante et Jean,
Le texte fleuve, l’Apocalypse...mais au fond tout le grand livre.
Une année de théologie
chez les protestant fut suffisante pour me décourager définitivement de
cette littérature qui en définitive est tout simplement collective,
plurielle et confuse pour moi.
En cela, elle porte une attente universelle et constitue le pilier central de l’absurdité philosophique.
Le texte que Jean a extrait :
« À vrai dire, un texte de cette nature ne saurait être disséqué
avec les exigences d’une logique formelle : notre scalpel le tuerait. »
est
même léger, dans le sens ou se coltiner l’analyse d’un peuple oriental
ancien qui bascule dans le haut moyen âge en s’occidentalisant c’est se
perdre dans un océan pacifique qui ne l’est pas, à la recherche de la
première molécule d’eau. Mais c’est le pied pour l’exégète, moi ça me
gonfle.
Je préfère la perspective évangélique, car même si l’on
peut penser à une mer intérieure, la Méditerranée, on sent un compromis
hellénistique qui donne le sentiment de la mixité humaine.
Car enfin,
grâce aux grecs, la symbolique graphique s’est inversée, contrairement
aux sémites, juifs et musulmans, qui reviennent en permanence à l’ego,
de droite à gauche, la calligraphie grecque inverse le flux et tente une
ouverture vers l’alter ego. Mon insistance se veut aussi métaphorique,
mais pas uniquement. Méditer sur le fond et la forme, le véhicule, sa
projection dans l’espace et la recherche du sens.
En ce qui me
concerne, même si je sens la pluralité scripturaire de l’évangile, de ses inspirés doctes et innocents, j’entends une voix...parce que je le
veux bien peut être...ça c’est la foi, complètement irrationnel, mon
intuition galopante.
Une foi née de circonstances au fond terribles pour l’enfant sensible et sentimental que j’étais.
Depuis
ma plus tendre enfance, en qualité d’enfant de coeur, j’ai accompagné à
la dernière demeure une foule de gens et dans ma solitude et mon
profond désespoir naissant, j’ai sacralisé ceux que j’aimais par refus
de la mort...et n’ai point cessé, j’en ai acquis une âme d’artiste à
mêler le tendre et le beau ce qui me permet d’aimer.