Bonjour Alinea. Je partage, hélas, votre pessimisme et votre horreur de la voie dans laquelle s’enfonce notre monde. Jusqu’à vers la fin du XX siècle le grand progrès technologique semblait être une promesse d’un avenir radiante proche. Un formidable élan d’espoir avait animé la planète occidentale. Partout, avec une ardeur sacrée, on attendait quelque chose.
L’avenir heureuse que le progrès allait créer : l’Etat-providence avec revenu de base pour tous, prolongement de la vie, transports rapides, heures de travail raccourcies et le développement de la culture pour tous, était une promesse de bonheur imminent. Mais, peu à peu, on s’est rendu compte que la promesse n’allait pas être tenue. La déception se manifestait sur deux plans. Le progrès, s’il a produit un bien-être supplémentaire, n’a pas apporté le bonheur promis, mais a crée d’autre désirs et d’autres insatisfactions, autrefois insoupçonnés. D’autre part, le progrès technique était censé apporter un progrès moral parallèle : l’esprit de solidarité, la bienveillance et l’attention aux autres. Il n’en est rien. La croyance dans un avenir heureuse relevait d’un délire matérialiste sans précédent : elle sous-entendait que les vertus seraient des excroissances du bien-être et que l’immoralité venait de la pauvreté.