« Réac », c’est la condamnation sans procès de ceux qui n’acceptent pas les changements sociétaux considérés comme avances. C’est la disqualification de ceux qui critique les jugements acceptés par la pensée unique. La pensée qui n’est pas conforme à la norme, aux convictions dominantes, fait l’objet, non pas d’une opposition intellectuelle d’un débat, mais d’une condamnation morale, formulé dans le seul mot « réac ». C’est le superlatif de « conservateur », le contraire de « progressiste », et donc moisi, rétrograde, misanthrope et finalement « nauséabond ». Comme vous, Alinea, je suis né réac. Déjà enfant difficile, je suis passé par une phase anarchiste avec Prudhomme comme modèle avant de trouver mon chemin dans le scepticisme de Rousseau et Voltaire. Comme vous-même, je ne suis pas en phase avec notre époque, et donc éperdument réac.