@ Hervé Hum,
Merci de vos commentaires.
Inutile d’ajouter quoi que ce soit à ce que vous avez écrit, notamment en réponse à Encabane. Nous sommes quelques uns, comme vous, à être sur la même ligne.
Pour répondre à votre question que je rappelle ici :
»(…) si l’espéranto peut s’inscrire dans la
lutte contre ces oligarchies kleptocrates qui s’unissent ou tentent de
s’unir en forçant les politiques des États. »
Oui, bien sûr. La question, c’est que les esprits
ne sont pas assez informés, ou préparés, ce qui revient au même, pour aborder
la question de l’espéranto avec sérieux. Et puis, il y a les résistances,
humaines et irrationnelles, cette fois.
Je m’explique :
Songez à celui qui a dépensé sang et eau, des
années durant, pour avoir désormais un niveau acceptable en anglais — déjà, ce
n’est pas donné à tout le monde, et ce pour deux raisons : financières et par le fait qu’apprendre
une langue c’est très difficile, un aspect nié, mais pourtant bien réel —, quand
vous lui parlerez de l’espéranto, immédiatement il résistera, affirmant plus ou
moins des arguties du style de celles qu’on lit en commentaire des deux
opposants sur cette discussion (Mmarvinbear et Encabane. C’est d’ailleurs toujours les mêmes arguments. Toujours.
Pourquoi résiste-t-il ?
Tout simplement, parce qu’il mesure plus ou moins
consciemment qu’il a perdu énormément de temps à apprendre une langue,
l’anglo-américain, alors qu’il y avait mieux à faire avec l’espéranto. Il
ferme la discussion, il se ferme, il se bloque, et c’est fini. Vous aurez beau
lui tenir des raisonnements qui se tiennent, vous tomberez à chaque fois à côté
de la plaque.
Pourquoi, je vous dis cela ?
Tout simplement parce que parmi les associations
qui luttent contre les kleptocrates, il y a Attac. Je l’ai bien fréquentée à un
moment. Allez donc faire comprendre que l’espéranto vaut mieux que l’anglais
(cohérence oblige, puisque c’est la langue de l’empire) tant au niveau local qu’à la tête de cette association pour
discuter des grands problèmes planétaires.
C’est fichu. Attac ne veut pas en entendre parler,
point barre.
Essayer vous-même, si vous avez des contacts près
de chez vous.
De plus sachez que 70% de notre jeunesse jusqu’à 35
ans est incapable de répondre à la question élémentaire : « qu’est-ce
que l’espéranto ? »
Vous avez là deux difficultés fondamentales : les jeunes ne connaissent pas, et les plus vieux ont des a priori basés sur l’ignorance ou la résistance.
C’est entre autres pour cela que nous avons fondé
un parti politique en 2003, Europe Démocratie Espéranto, afin de présenter aussi aux électeurs cette question
de la communication équitable au sein de l’Union Européenne. Depuis, nous sommes présents aux
élections européennes (2004, 2009 et 2014)
Enfin, sachez que rien n’est encore perdu :
d’une part parce qu’avec tout le désordre que les États-Unis sont en train de
mettre en place dans le monde, tout ça finira bien par réveiller quelques
consciences sur la nécessité d’une langue neutre, que d’autre part une pétition
internationale a été lancée sur Avaaz par un jeune de seize ans. Cette pétition,
qui demande à ce que l’UE adopte l’espéranto comme langue commune est toujours
active, fait maintenant partie d’un projet beaucoup plus vaste nommé
« TUJ ».
Enfin le site de campagne de EDE est ici.
Vous voyez qu’il y a du travail à faire. Mais
pendant ce temps-là, la langue qui est déjà prête et utilisée chaque jour,
depuis 127 ans, évolue, s’enrichit. Elle attend que Homo sapiens fasse encore
quelque progrès pour comprendre combien il aura à gagner avec l’espéranto comme langue commune s’il veut vivre en harmonie sur et avec cette planète.
Cordialement.
Thierry Saladin