D’abord, merci beaucoup à Philippe Bilger pour cet article. Il est très plaisant de voir qu’il existe des hommes de lois qui ont la tête sur le épaules plus que le nez dans les codes.
Ensuite, deux choses au sujet de cette affaire.
Au sujet de l’intervention de M.Sarkozy. Certes, en terme constitutionnel, un ministre autre que le garde des sceaux n’a pas à interférer dans une procédure judiciaire. Mais alors, on peut se demander, qui a ce droit ? Qui peut faire entendre la voix du peuple et de la raison à des juges vissés sur leurs sièges, qui osent mettre en prison un homme qui n’a fait que se défendre, pour le « protéger » des représailles. Et pourquoi pas incarcérer sa femme aussi, elle risquait pas de réprésaille elle ? Ou alors est elle à l’épreuve des balles ? Du grand n’importe quoi. Il est heureux que quelqu’un ose remettre les fonctionnaires de la Justice à leur place. Que cela soit Sarkozy, c’est bien dommage pour les antis Sarkozy.
Deuxièmement, au sujet de la loi sur la légitime défense (122-7 du code pénal), le texte, décidé par le Parlement dont le pouvoir souverain provient des voix des électeurs, exige que la défense ne soit pas disproportionnée, ce qui n’a jamais voulu dire strictment proportionnelle.
Pourtant, les juges, dont le pouvoir provient du statut ôh combien protégé de haut fonctionnaire, se sont mis depuis un vingtaine d’année à considérer que « sauf s’il y a disproportion », voulait dire « exactement proportionnel », faute de quoi la victime devient l’agresseur (voir l’écart entre la jurisprudence Legras de 1978 et l’affaire Dahan pour constater l’évolution).
Ainsi, on obtient une aberrante équation juridique selon laquelle « un-coup-de-poing-égal-un-coup-de-poing-sinon-c’est-toi-le-méchant ».
Dans ce cadre, M.Dahan, après avoir pris l’arme de son agresseur, aurait du la mettre dans sa poche pour affronter ce dernier à mains nues, puisque celui-ci était dès lors désarmé.
Vous avez dit ubuesque ? Sans doute, mais je pense que les termes absurde, honteux, et surtout, inhumain seraient plus appropriés.