Vous êtes profs vous ?
Oui il l’est, c’est écrit sur son profil.
Vous êtes à mille lieux de comprendre ce que doit gérer un prof, alors un ministre...
Le problème des professeurs dans l’ensemble n’est pas qu’ils manquent de bonne volonté. Des professeurs soucieux de leur mission, il y en a des tas. Le problème, c’est que l’éducation nationale leur met des bâtons dans les roues en leur demandant d’abandonner leurs méthodes qui marchent pour en adopter de nouvelles, qui ne marchent pas. L’éducation nationale est une institution sclérosée par une idéologie néfaste au développement intellectuel, et donc personnel, des élèves. Par rejet de l’élitisme, qui serait discriminant et traumatisant pour les moins bons, les idéologues modernes de la « pédagogie » veulent que l’élève construise son propre savoir, au lieu d’apprendre ce que le professeur lui transmet. Or c’est un projet totalement incompatible avec l’enseignement de masse, d’autant plus quand un professeur se retrouve dans une salle face à quarante élèves. C’est ainsi qu’en prônant le bonheur de l’élève au détriment de l’acquisition des savoirs, on saborde l’un et l’autre, car un individu aura d’autant plus de facilité à être heureux qu’il est structuré intellectuellement et qu’il a les capacités de comprendre un minimum le monde qui l’entoure. L’éducation nationale forme des illettrés (la JAPD de 2011 a recensé 30% d’illettrés parmi les jeunes de 17 ans) promis à des emplois médiocres, voire à pas d’emploi du tout. Seuls les élèves bénéficiant des protections adéquates (environnement familial équilibré et donnant accès à la culture, possibilité d’avoir des activités extrascolaires) parviennent à tirer leur épingle du jeu et à décrocher de bons diplômes, et ce sont eux qui font dire à certains : « regardez ce que l’éducation nationale a produit », là où il est évident que cette réussite s’est faite malgré elle.